L’entreprise SherWeb se dit prête pour le traitement des données informatiques du gouvernement provincial.

SherWeb veut héberger les données du gouvernement

L’entreprise sherbrookoise SherWeb espère être sur les rangs pour le traitement des données informatiques du gouvernement provincial qui sera bientôt confié, pour l’essentiel, au secteur privé.

Le nom de SherWeb circule depuis l’annonce de ce changement qui fera que, d’ici trois ans, environ 80 pour cent des informations numériques stockées dans tout l’appareil gouvernemental seront transférées dans des serveurs gérés par des sous-traitants du secteur privé.

Contactée par La Tribune, l’entreprise spécialisée l’infonuagique ne cache pas vouloir rivaliser avec les géants comme Amazon, Google, Microsoft ou encore IBM. « En tant qu’entreprise établie au Québec, nous avons la capacité, les ressources et les compétences pour accompagner le gouvernement du Québec vers le nuage informatique », livre la personne qui a pris l’appel logé par La Tribune jeudi à ce sujet.

« Nous suivons la situation de près et espérons avoir la chance d’offrir nos services au gouvernement du Québec », se contente-t-on de dire.

Lundi le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, et le ministre responsable de la Transformation numérique, Éric Caire, ont justifié la décision par la recherche d’efficience et de sécurité accrue pour la gestion des données informatiques du gouvernement. Le coût de la transformation est évalué à 150 millions $. Le gouvernement Legault vise à faire d’importantes économies à plus long terme.

457 centres

Le stockage informatique est actuellement assuré par 457 centres à travers le Québec. Moins de 20 pour cent du total des informations sera bientôt stocké dans seulement deux centres de traitement des données.

L’entreprise fondée par les frères Peter et Matthew Cassar revendique des clients à travers le monde en hébergeant leurs environnements de messagerie et de collaboration dans le nuage. Sur le site web de SherWeb, on mentionne que « plus de 40 000 entreprises clientes dans une centaine de pays qui travaillent de façon plus productive grâce à la valeur que nous ajoutons à nos solutions infonuagiques telles que Exchange, Dynamics 365, SharePoint et Lync, de même que la sauvegarde en ligne et les serveurs cloud ».

L’État québécois dépense annuellement quelque 4,5 milliards $ pour ses ressources informatiques, avaient signalé MM. Dubé et Caire. Ce dernier a mentionné que la réorientation sera effectuée pour des raisons de sécurité des données, mais aussi pour privilégier une gestion différente des ressources humaines.

Toutefois, le transfert au privé du traitement des données informatiques gouvernementales suscite des craintes chez les deux grands syndicats qui représentent les employés de l’informatique dans le secteur public, particulièrement quant à la confidentialité des informations.

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec a dit souhaiter que les serveurs soient situés au Québec et qu’il n’y ait pas de lien avec les États-Unis.