Si certains élus de Sherbrooke ont évoqué la possibilité de fermer le site de Valoris, son directeur Denis Gélinas rétorque que quoi qu’il arrive, le site ne pourra pas être abandonné.

Sherbrooke traitera-t-elle à nouveau le lixiviat de Valoris?

Valoris pourrait à nouveau acheminer de l’eau de lixiviation par camion jusqu’à l’usine d’épuration de Sherbrooke en 2020. Le centre de valorisation demande un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement qui couvrira à la fois les années 2019 et 2020. La conseillère Évelyne Beaudin s’inquiète que Sherbrooke traite les eaux provenant d’un site d’enfouissement, alors que c’est ce que la Ville reproche à la ville de Coventry, au Vermont.

« Nous ne voulons pas nous retrouver avec des digues qui vont flancher comme à Sainte-Marthe. Au besoin, nous transporterons le lixiviat en petites quantités et nous le ferons de façon exceptionnelle le temps qu’on puisse avoir l’aide du gouvernement pour construire une usine d’épuration à Bury », résume le maire Steve Lussier, qui est également président de Valoris. 

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Le lixiviat produit par le site d’enfouissement est traité à l’aide de bactéries dans d’immenses bassins. Les bactéries ne pouvant être utilisées à moins de huit degrés, l’eau contaminée s’accumule dans ces bassins pendant l’hiver. « Les conditions climatiques de cet hiver et du printemps ont fait que nous étions à risque de débordement. Plutôt que de discuter à la pièce, nous demandons un certificat d’autorisation qui nous permettra d’agir sans délai si la situation se reproduisait », explique Denis Gélinas, directeur de Valoris.

En avril, M. Gélinas expliquait que Valoris pouvait transporter jusqu’à six camions de lixiviat par jour à l’usine d’épuration de Sherbrooke. L’entente était valide jusqu’au 15 mai.

Selon Steve Lussier, ce transport par camion a coûté 200 000 $ jusqu’à maintenant. « Ce sont des coûts astronomiques. Il faut montrer l’exemple et avoir une usine directement sur place, probablement en 2022. »

Évelyne Beaudin s’expliquait mal cette façon de faire. « Nous avons fait plusieurs représentations au Vermont. Ce qu’on reprochait le plus à Coventry, c’était qu’une usine municipale traitait les eaux de lixiviation. Qu’est-ce qu’il y a de différent ici? »

Caroline Gravel, directrice du service des infrastructures urbaines à la Ville de Sherbrooke, explique que la différence vient du pourcentage d’eau de lixiviation qui est faible et qui permet une dilution. Il s’agit de 360 mètres cubes par jour pour une capacité de traitement de 80 000 mètres cubes à la station d’épuration.

« C’est quelque chose de temporaire. Si on m’avait dit que c’était permanent, je n’aurais pas le même regard. La différence, c’est qu’à Coventry, c’est une mesure permanente », ajoute la conseillère Chantal L’Espérance. 

Aide gouvernementale

Le maire Steve Lussier a indiqué que Valoris n’est pas admissible à une subvention pour la construction d’une usine d’épuration à Bury, mais qu’il souhaite tout de même une aide gouvernementale.

Le directeur de Valoris mentionne que le modèle pour le traitement des eaux de lixiviation 12 mois par année n’a pas encore été choisi et qu’il dépend du projet d’agrandissement du site d’enfouissement. « Probablement que nous nous inspirerions de ce qui se fait à East Angus. Mais avant d’investir 5 M$, nous devrons avoir le décret qui nous permet d’agrandir le site. »

En attendant, il n’est pas impossible que l’entente pour transporter de l’eau usée à Sherbrooke doive être renouvelée. 

Concernant la situation financière de Valoris, M. Gélinas rappelle qu’une analyse sera déposée sous peu au conseil municipal de Sherbrooke. Si certains élus ont évoqué la possibilité de fermer le site, Denis Gélinas rétorque que quoi qu’il arrive, le site ne pourra pas être abandonné. « Il faudra s’en occuper encore pendant 30 ans. »

Il ajoute que Sherbrooke n’est qu’un des partenaires du projet et que la décision ne pourra pas être unilatérale. 

Le conseil d’administration a signalé mardi avoir des entretiens réguliers avec le député François Jacques dans l’espoir d’obtenir des redevances du gouvernement Legault. M. Jacques n’a pas souhaité commenter la situation mercredi. À son bureau de circonscription, on soutenait néanmoins que le ministre responsable de l’Estrie, François Bonnardel, rencontrera dans les prochains jours Steve Lussier et Robert Roy, vice-président de Valoris, pour discuter du dossier.