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Philippe Cadieux, directeur du bureau de coordination du développement économique à la Ville de Sherbrooke
Philippe Cadieux, directeur du bureau de coordination du développement économique à la Ville de Sherbrooke

Sherbrooke s’intéresse à la santé physique et mentale des entrepreneurs

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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En mettant à jour son plan de relance économique, la Ville de Sherbrooke délaisse tranquillement les mesures d’urgence pour les entreprises pour travailler la résilience. Dans un sondage mené en février, 29 % des entreprises ont indiqué avoir perdu plus de la moitié de leur chiffre d’affaires lors de la dernière année. Plus préoccupant encore, 21 % des chefs d’entreprise ont affirmé éprouver des problèmes physiques ou mentaux à cause de la pandémie.

Le directeur du Bureau de coordination du développement économique à la Ville de Sherbrooke, Philippe Cadieux, mentionne que la Ville n’avait pas sondé les entrepreneurs à ce sujet l’an dernier, au moment de déterminer leurs besoins les plus urgents. « Nous étions dans les mesures d’urgence. Mais des villes comme Trois-Rivières ont développé des initiatives pour la santé des entrepreneurs et nous comptons nous en inspirer. »

Il est par exemple question de cercles d’écoute et de soutien professionnel pour des chefs d’entreprises. « Ça peut être d’avoir accès à un psychologue ou encore de développer des outils moins traditionnels. On en parle avec nos partenaires économiques pour évaluer la meilleure stratégie. »

M. Cadieux avoue avoir été ébranlé par la statistique portant sur la santé des entrepreneurs. « Ce sont des gens qu’on imagine comme des hommes forts ou des femmes fortes, mais dans les faits, ce sont des êtres humains qui vivent eux aussi un stress important. »

Parmi les autres données, 94 % des entreprises sherbrookoises sont toujours ouvertes et 24 % des entreprises ont dû procéder à des mises à pied. « 52 % des répondants disent accuser une perte de revenu et 29 % disent avoir perdu plus de 50 % de leurs revenus à cause de la pandémie. »

3770 entreprises ont été visées par le sondage, mais 632 l’ont rempli en entier. Une grande majorité d’entre elles se sont dites satisfaites des mesures mises en place par la Ville pour les aider. 

« Nous estimons que les impacts de la troisième vague seront importants et nous espérons que la situation estivale ressemblera à celle de l’année passée », commente M. Cadieux, pensant notamment aux entreprises du milieu de la culture, de la restauration et du tourisme. 

Dans les prochains mois, Commerce Sherbrooke poursuivra son programme d’achat local. « On développera un nouveau maillage avec le milieu des arts et de la culture. Il n’y a pas plus d’entreprises qui ont fermé en 2020. On est loin de l’hécatombe, mais ça ne veut pas dire que tout va bien », résume Charles-Olivier Mercier, directeur général de Commerce Sherbrooke. 

Josée Fortin, directrice générale de Sherbrooke Innopole, rapporte pour sa part que les entreprises des filières-clés ont rapidement constaté un bris dans leur chaîne d’approvisionnement au début de la pandémie et que la débrouillardise a été nécessaire. « On a réalisé que les entreprises avaient des problèmes de recrutement avant la pandémie. Ce n’est pas passé. On a encore ce problème. On doit travailler l’attraction et la rétention des talents. »

« La bonne nouvelle, c’est que beaucoup d’entreprises ont sur la table des projets d’investissement. »

Les élus ont approuvé mardi le versement de 1,8 M$ aux organismes de développement économique de la Ville pour mettre en application le plan de relance 2021.