Après huit mois de discussions et de consultations, le comité du verre de Sherbrooke en vient à la conclusion que la meilleure avenue pour bien recycler le verre à Sherbrooke serait d’installer des points de dépôt volontaire à proximité des SAQ et des supermarchés. Il en fera une proposition formelle au conseil municipal lundi soir.

Sherbrooke invitée à opter pour le dépôt volontaire du verre

Après huit mois de discussions et de consultations, le comité du verre de Sherbrooke demande à la Ville d’aller de l’avant avec des points de dépôt volontaire du verre sur tout son territoire.

Le comité citoyen estime qu’avec 20 à 25 conteneurs installés principalement près des SAQ et des supermarchés, les Sherbrookois pourraient enfin recycler « adéquatement » leurs bouteilles de vin et tous les autres contenants de verre qu’ils utilisent.

« Notre projet comprend tout le verre de la ville de Sherbrooke. Ce n’est pas de placer un ou deux conteneurs, c’est vraiment à la grandeur de la ville, pour arrêter de mettre le verre dans le bac vert, pêle-mêle avec les autres matières recyclables », explique Réal Vigneau, qui prône lui-même depuis plus de 40 ans le tri à la source.

Avec sept autres citoyens préoccupés par la problématique du verre qui n’est pas valorisé à son plein potentiel, déplore-t-on, M. Vigneau a mis sur pied l’automne dernier le comité du verre de Sherbrooke.

Pour monter son projet, le comité s’est notamment inspiré de ce qui se passe à Saint-Denis-de-Brompton, dans la MRC du Val-Saint-François, où un projet pilote de tri à la source a fait ses preuves depuis 2015. Alors que le Val-Saint-François poursuivra sur cette lancée, en juin, en aménageant une demi-douzaine de points de dépôt volontaire dans la cour de six hôtels de ville pour couvrir le territoire des 18 municipalités, le comité du verre propose un déploiement différent à Sherbrooke.

« L’emplacement des conteneurs ne va pas avec la densité de la population, mais avec les endroits qu’elle fréquente, et ça c’est complètement différent. Par exemple, une grosse partie de la population va au Carrefour de l’Estrie, alors il faut absolument qu’il y ait un conteneur là », fait valoir M. Vigneau.

Le comité du verre de Sherbrooke n’a pas chiffré les coûts de sa proposition. Il s’en remet à la Ville pour déterminer les derniers détails, dont la formule d’achat des conteneurs, les ententes avec les commerces où ils seraient installés et l’aménagement d’un centre de transbordement pour gérer la matière avant qu’elle soit acheminée chez les conditionneurs.

Les députés fédéral et provincial de Sherbrooke, Pierre-Luc Dusseault et Christine Labrie, auraient donné leur appui, précise également M. Vigneau, qui évoque la possibilité que le projet soit subventionné.

Le comité du verre présentera sa proposition aux élus à la séance du conseil lundi. « On leur demande deux choses : êtes-vous prêts à étudier sérieusement ce projet et êtes-vous prêts à rencontrer le comité du verre pour en discuter? »

Réal Vigneau espère que le conseil municipal se positionnera rapidement puisqu’il y a, croit-il, une réelle demande pour recycler le verre autrement au sein de la population.

« C’est assez positif, selon les gens que j’ai sondés, avance-t-il, mais à quelle vitesse le conseil va-t-il vouloir aller de l’avant, c’est ce qu’on ne sait pas. »

Des pressions pour bouger

Rappelons qu’en avril dernier, c’est le conseil municipal jeunesse qui recommandait à la Ville de mettre en place un projet pilote pour instaurer des points de dépôt du verre sur son territoire.

En mai, répondant à un appel à la mobilisation du porte-parole de l’Opération Verre-Vert de Racine, Jean-Claude Thibault, c’était au tour de la conseillère Annie Godbout d’inviter ses collègues du conseil municipal à exprimer leur point de vue sur le recyclage du verre et à déposer un mémoire lors d’une commission parlementaire qui doit se tenir en août.

Enfin, une soirée d’information et de discussions sur le recyclage du verre à Sherbrooke est organisée cette semaine par les conseillères Évelyne Beaudin et son parti Sherbrooke Citoyen ainsi que par Karine Godbout, qui est présidente du comité de l’environnement. Elles seront accompagnées pour l’occasion par Karel Ménard, directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, et par Bastien Roure, chercheur au Laboratoire interdisciplinaire de Recherche en ingénierie durable et écoconception (LIRIDE). Ça se passe à 19 h mercredi, au Caffucino de la rue King Est.

À l’heure actuelle, le verre récolté dans la collecte porte-à-porte de Récup Estrie est broyé et utilisé comme matériel de recouvrement aux sites d’enfouissement de Bury et de Coaticook. Il constituait un peu plus de 17 % de la collecte en 2017. En plus d’être sous valorisé dans cet usage de matériel de recouvrement, on lui reproche de contaminer les autres matières recyclables.