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Le parc Jacques-Cartier sera l’hôte d’une animation hivernale signée Moment Factory.
Le parc Jacques-Cartier sera l’hôte d’une animation hivernale signée Moment Factory.

Sherbrooke dit finalement oui à Moment Factory

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
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Après une valse-hésitation, le conseil municipal de Sherbrooke a entériné le projet d’animation hivernale en partenariat avec Moment Factory prévu au parc Jacques-Cartier. Trois élus, Marc Denault, Paul Gingues et Évelyne Beaudin, ont voté contre les investissements de 615 000 $. 

Denis Bernier, directeur général de Destination Sherbrooke, explique qu’il s’agira d’une installation lumineuse interactive, probablement du 10 décembre au 10 janvier. L’accès au site sera gratuit. « Nous visons clairement à renforcer le pouvoir attractif de Sherbrooke et des Cantons-de-l’Est en période hivernale. C’est une niche qui est moins occupée sur le plan touristique. »

Trois zones sont prévues au parc Jacques-Cartier, soit une allée lumineuse, une zone de jeux interactifs, et une section de détente, où un maillage avec les commerçants locaux est possible. « Il y a peu de propositions de ce genre qui s’offrent sur le territoire du Québec dans la période des fêtes, à l’exception peut-être d’Illumi, à Laval », ajoute M. Bernier.

« Nous souhaitons une animation qui durerait quatre semaines pendant la période hivernale. Elle pourrait revenir année après année. Nous sommes en discussions avec plusieurs organismes du milieu pour assurer des maillages très fort, pour que ce ne soit pas qu’un projet au parc Jacques-Cartier et pour que les retombées soient pérennes. Ça s’inscrit dans un des plus beaux parcs urbains du Québec et ça ne se veut pas un produit d’appel. On vise d’abord les Sherbrookois et les Estriens. C’est une mèche qu’on veut allumer », résume Philippe Cadieux, directeur du Bureau de coordination du développement économique à la Ville de Sherbrooke. 

Un plan préliminaire a été dévoilé au conseil municipal, lundi, pour donner un aperçu des installations projetées.

Charles-Olivier Mercier, directeur général de Commerce Sherbrooke, souligne pour sa part le potentiel du projet pour étendre des tentacules dans toute la ville. « On pourrait associer l’événement à d’autres initiatives, comme la chasse aux lutins, et on pourrait intégrer les places publiques avec un appel de projets pour les artistes locaux. C’est essentiellement ce que Moment Factory a fait à Coaticook en déployant un parcours narratif sur le thème de Foresta Lumina pour inciter les visiteurs à découvrir la ville. »

Ce sont 365 000 $ qui sont octroyés à Moment Factory directement, soit 175 000 $ pour la conception du spectacle et 190 000 $ pour la gestion, l’implantation et les frais de séjour. Du financement pourrait être obtenu du ministère du Tourisme, de Développement économique Canada et des Fonds Desjardins. 

Selon Denis Bernier, l’achalandage estimé pour quatre semaines se situe entre 75 000 et 100 000 personnes. Le stationnement ne serait pas un enjeu majeur selon lui.

Denis Bernier

L’opposition du projet est venue entre autres de Paul Gingues, président du comité de la culture, qui ne voit toujours pas comment le milieu culturel d’ici sera mis à profit dans le projet. « Je comprends qu’on a des discussions avec le Théâtre des Petites Lanternes pour ajouter de l’animation à condition que des sommes additionnelles soient ajoutées. J’ai toujours eu un doute sur la période des Fêtes. Ce n’est peut-être pas une bonne idée de faire un projet à cette période. Je souhaite qu’on cherche des partenaires pour réduire la facture de 50 %. »

Marc Denault aurait souhaité une attraction pour laquelle des laissez-passer gratuits auraient pu être distribués à condition de consommer dans les commerces locaux. « On est en train de créer des attentes. Pourquoi les gens payent pour aller à la Fête du lac des Nations, mais pas pour Moment Factory? »

Évelyne Beaudin aurait souhaité que les sommes investies servent à aider les artistes locaux. « On va dépenser beaucoup d’argent pour flasher pendant quatre semaines. Mais pendant qu’on se fait du fun, y’a des Sherbrookois dont les entreprises sont en train de fermer. »

Pour le maire Steve Lussier, il s’agira plutôt d’un moment magique, un projet mobilisateur. « On n’a jamais eu un projet du même type. Ce sera la bougie d’allumage pour concrétiser d’autres projets. »

Rémi Demers donne son aval parce que le projet est modeste et parce que « les Sherbrookois ont besoin de lumière ». 

Vincent Boutin, lui, y voit une occasion d’émerveiller les enfants, peu importe le revenu familial, à une heure raisonnable de la journée. 

Chantal L’Espérance a assuré qu’un programme était en route pour donner un peu d’air aux artistes. « Il ne faut pas mettre les artistes en opposition au projet. De faire ça, c’est de créer la zizanie. Il faut être intégrateurs, fédérateurs, au lieu d’être diviseurs. »

Enfin, Annie Godbout a invité les acteurs locaux à proposer des projets pour bonifier l’offre.