Sophie Abdela, professeure au Département d’histoire de l’Université de Sherbrooke, et Frédéric Moisan, enseignant au Département d’histoire du Cégep de Sherbrooke, sont les responsables du projet Sherbrooke derrière les barreaux.
Sophie Abdela, professeure au Département d’histoire de l’Université de Sherbrooke, et Frédéric Moisan, enseignant au Département d’histoire du Cégep de Sherbrooke, sont les responsables du projet Sherbrooke derrière les barreaux.

Sherbrooke derrière les barreaux : nouvelle initiative pour les étudiants en histoire

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
Du 10 au 14 août se tiendra la première édition de l’École d’été en histoire sur le thème de la criminalité à Sherbrooke. L’activité académique Sherbrooke derrière les barreaux est le fruit d’une collaboration entre le Cégep de Sherbrooke et l’Université de Sherbrooke (UdeS).

« Au département, on s’est rendu compte qu’on ne collaborait pas avec nos collègues du cégep, et on voulait trouver une façon de commencer à travailler ensemble », avance Sophie Abdela, professeure au Département d’histoire de l’UdeS. En discutant, les deux institutions ont décidé de monter un cours conjoint, et c’est ce qui a donné naissance au projet il y a presque deux ans.

À lire aussi : La prison Winter sous la loupe

Toute la semaine prochaine, dix étudiants en histoire et civilisation au Cégep de Sherbrooke et dix étudiants du baccalauréat en histoire de l’UdeS seront réunis dans les locaux du Séminaire de Sherbrooke pour explorer des thématiques variées en lien avec la prison Winter et l’univers carcéral, comme les femmes en milieu de détention, la correction des jeunes délinquants, les grands procès médiatisés, l’exécution des criminels et bien plus.

Le projet viendra combler certaines lacunes dans le programme du cégep, qui est davantage axé sur l’aspect théorique, soutient Frédéric Moisan, enseignant au Département d’histoire du cégep. « On voulait donner la chance à nos étudiants de toucher à la pratique historienne », indique-t-il, ajoutant que le projet leur permettra également d’en apprendre davantage sur l’histoire québécoise.

En plus, les universitaires pourront faire profiter leurs connaissances aux cégépiens tout au long de la semaine. « Non seulement il y aura un certain mentorat pendant la semaine, mais le but est qu’il se poursuive! Que les étudiants du cégep aient déjà des amis, qu’ils connaissent déjà des gens dans le BAC en histoire, car c’est beaucoup moins stressant de faire le pas vers l’université quand tu as déjà un réseau social », exprime Mme Abdela.

Engouement inattendu                                        

Chaque institution a fait son propre processus de sélection en se basant sur les résultats scolaires, certes, mais surtout sur la motivation des candidats.

« J’ai été très surprise par l’engouement que ç’a créé. On s’attendait à recevoir cinq ou six candidatures à l’université, finalement on en a reçu 35! » indique Sophie Abdela.

Les comités de sélection ont également porté attention à la parité des candidatures, puisque l’histoire est un domaine majoritairement masculin, note-t-elle. « On est très contents, car tant du côté collégial que du nôtre, il y a autant de femmes que d’hommes. »

L’initiative s’inscrit aussi dans une optique de passerelle entre les deux institutions, c’est-à-dire que si les étudiants au DEC en histoire et civilisation poursuivent leur parcours scolaire au baccalauréat en histoire à Sherbrooke, ils se voient créditer six crédits, soit deux cours, explique Mme Abdela.

Ceux qui participent en plus à l’école estivale se feront automatiquement créditer trois crédits supplémentaires, un avantage non négligeable, poursuit-elle.

« On espère pérenniser le projet », avoue M. Moisan. Ce n’est pas officiel, mais l’objectif serait de répéter l’expérience tous les deux ans, affirment les responsables du projet.

Ils ajoutent que l’initiative n’aurait pas été possible sans l’implication de plusieurs partenaires régionaux, notamment le Pôle régional en enseignement supérieur de l’Estrie (PRESE), le Séminaire de Sherbrooke et la Société de sauvegarde de la vieille prison de Sherbrooke.