Sherbrooke dégage un surplus de 11 M$ en 2019

SHERBROOKE — La Ville de Sherbrooke a dégagé un surplus de 11 M$ en 2019 en incluant la contribution des différents organismes paramunicipaux et régies du périmètre comptable. Cette somme est supérieure à celle de l’an dernier (10,2 M$), ce qui s’explique entre autres par des revenus imprévus largement plus importants qu’en 2018. La dette nette a néanmoins fait un bond de 25 M$. 

Selon les données dévoilées lundi dans le rapport financier de la Ville de Sherbrooke, le surplus est de 9,4 M$ pour la Ville de Sherbrooke et de 1,6 M$ pour ses organismes paramunicipaux. 

Puisque la Ville a utilisé 8,5 M$ pour équilibrer son budget 2020, les surplus dans les coffres municipaux connaissent une hausse de 1 M$ pour atteindre 14,2 M$.

Les revenus non anticipés ont atteint 20,9 M$ (contre 11,5 M$ en 2018) et ont donné un bon coup de pouce à l’administration municipale. Ils proviennent entre autres de la taxation (1,1 M$), d’Hydro-Sherbrooke (4,9 M$) et surtout des droits de mutation (11,8 M$). Ces derniers sont importants entre autres en raison de la vente du Carrefour de l’Estrie et de quelques résidences pour aînés. 

Les surplus d’Hydro-Sherbrooke s’élèvent à 24,9 M$. Selon Francine Bergeron, de Raymond, Chabot, Grant, Thornton, explique que l’année a été particulière à Hydro-Sherbrooke, notamment en raison de remboursements accordés aux clients en vertu de la loi 34. L’impact négatif sur le budget a été de 2,9 M$. La Ville a toutefois enregistré des revenus de plus de 4 M$ liés à la cryptomonnaie et de 2 M$ de plus que prévu en raison des températures froides.

En contrepartie, on note des dépenses de déneigement supérieures de 3 M$ par rapport aux prévisions. Le Service de la voirie a aussi dépensé 3,5 M$ de plus que prévu alors que Valoris a englouti 5 M$ qui n’étaient pas budgétés. 

À noter que la Corporation de développement de l’aéroport de Sherbrooke a enregistré un déficit de 13 055 $.

Les principales sources de revenus demeurent la taxation et la vente d’électricité.

En matière d’endettement, la dette totale nette à long terme bondit de 489,2 M$ à 514,4 M$. De cette somme, 126,6 M$ relèvent d’Hydro-Sherbrooke. Le ratio d’endettement qui représente l’endettement à long terme sur les revenus est de 96,4 %, soit deux points de plus que l’année précédente. Le ratio du service de la dette s’établit pour sa part à 14,7 %, soit une augmentation de 2 % par rapport à l’année dernière.

Le conseiller Marc Denault a noté que la dette avait grimpé de 25 M$, mais que les actifs de la Ville représentaient 50 M$ de plus. « Ce n’est jamais réjouissant de voir que nous nous endettons, mais il est sécurisant de voir que la Ville compte plus d’actifs. »

Paul Gingues, lui, s’est montré inquiet. « Je constate que nous avons été chanceux en 2019. L’argent est en quelque sorte tombé du ciel, entre autres avec la vente du Carrefour de l’Estrie et les surplus d’Hydro-Sherbrooke. Sans ces revenus uniques et ponctuels, nous serions dans une situation très précaire. Dans les dernières années, nous avons affecté en moyenne 8,8 M$ de nos surplus annuellement pour financer des dépenses des années suivantes. La Ville accumule un surplus trop faible pour ses besoins. À l’orée d’une crise économique, nous sommes mal équipés pour y faire face. Il est clair que nous n’allons pas dans la bonne direction. »

Julien Lachance partageait ses préoccupations. « Cette année on est chanceux. Ça fait plusieurs années qu’on dit qu’on est un peu sur le fer et que les marges sont réduites. Si on n’avait pas les taxes de mutation qui sont exceptionnelles, on serait déficitaires. Pour une ville, être déficitaire, c’est grave. » 

Évelyne Beaudin a voulu savoir s’il existe une référence pour savoir si le coussin de la Ville est suffisant.

Francine Bergeron rapporte qu’il faut calculer environ 10 % du budget d’exploitation, ce qui, pour Sherbrooke, serait environ 40 M$. Ce coussin inclut l’excédent de fonctionnement (14,2 M$), le montant injecté dans l’équilibre budgétaire (8,5 M$) et le montant de l’achat de terrains (51 000 $).

« Trouvez-vous normal que nous nous accaparions une partie de nos surplus pour équilibrer notre budget ou est-ce quelque chose dont nous devrons essayer de nous libérer? » a demandé Mme Beaudin. 

« C’est quelque chose qu’on voit couramment dans les municipalités, entre autres pour limiter le fardeau fiscal des citoyens », répond Francine Bergeron.

« Nous pouvons être satisfaits des états financiers 2019, mais la prudence s’impose pour les années qui viennent. La situation provoquée par la COVID-19 nous guide vers la plus grande vigilance. Nous devrons faire preuve de discipline et de rigueur dans l’élaboration de nos budgets », a dit le maire Steve Lussier.