Me Marc Vaillancourt, qui a accueilli le Groupe Tera à Sherbrooke et qui lui a présenté les atouts de la région, serre la main de Pascal Kaluzny, PDG du Groupe Tera.

Sherbrooke dans la mire de la Française Groupe Tera

Sherbrooke est dans la mire du Groupe Tera, une entreprise française œuvrant dans le domaine de l’analyse de la qualité de l’air. La compagnie, qui est inscrite en bourse européenne depuis l’été, veut percer le marché nord-américain. Si rien n’est confirmé, le PDG Pascal Kaluzny a tout de même conclu son troisième voyage dans la ville reine des Cantons-de-l’Est, la semaine dernière.

« Je dirais que Sherbrooke est une très belle option, analyse M. Kaluzny. J’espère qu’on arrivera à concrétiser dans les mois qui viennent. Il y a des pistes très sérieuses avec l’Espace LABz de Sherbrooke Innopole qu’on a visité, qui paraît être une excellente opportunité », exprime-t-il, rappelant que les gens de Sherbrooke Innopole et le maire Steve Lussier sont allés visiter le siège social du Groupe Tera à Crolles, en France, en juin dernier.

M. Kaluzny précise qu’il évalue toutes ses options. « On regarde toujours un peu ce qu’il se passe du côté de Montréal, mais je dirais pour l’instant que Sherbrooke est un petit peu devant. » 

« L’histoire de Sherbrooke a commencé il y a quelque temps, raconte Pascal Kaluzny. J’ai rencontré en août 2018 Me Marc Vaillancourt à Paris. J’ai exposé mon projet de pouvoir me développer à l’international sur le marché nord-américain. Quelques mois après, on s’est retrouvés à Montréal et à Sherbrooke pour regarder toutes les options. À Sherbrooke, j’ai eu un accueil faramineux du maire Steve Lussier. J’ai également eu Sherbrooke Innopole qui m’a présenté avec un grand enthousiasme beaucoup de possibilités de développements sur la ville. J’ai rencontré l’Université. Avec toutes les technologies et les nouveaux développements, on pourrait être à même de réaliser [notre projet] ici. »

Si le Groupe Tera fait de Sherbrooke sa terre d’accueil, des emplois seraient créés. « L’objectif à terme, c’est de pouvoir produire localement. Sur la problématique de la qualité de l’air, il y a des besoins généraux. On s’est rendu compte qu’il y avait des problématiques plus importantes à certains endroits. On souhaite pouvoir développer localement la bonne solution. Des produits correspondront plus à l’Amérique du Nord, à l’Europe ou à la Chine », mentionne l’entrepreneur, ajoutant que la pénurie de main-d’œuvre ne lui fait pas trop peur.

L’Université de Sherbrooke penche dans la balance. « Ça fait partie des raisons pour lesquelles on regarde avec la plus grande attention notre implantation ici. C’est d’avoir en local tous les leviers qui nous permettront de développer correctement tous nos produits », indique celui qui a rencontré Investissement Québec à plusieurs reprises. 

L’aspect de proximité avec les frontières américaines est un autre bel argument. « On a rencontré une délégation du Vermont pour leur montrer ce qu’on était capables de faire en terme d’analyse de la qualité de l’air », dit M. Kaluzny, faisant référence à la visite des gens d’affaires du Vermont, lundi dernier.

Le produit

Qu’est-ce que le Groupe Tera ? « On travaille exclusivement sur la problématique de la qualité de l’air. Il y a trois volets : une analyse en laboratoire où on va traquer les traces et les ultratraces des polluants qu’on peut trouver dans l’atmosphère. » 

« Il y a le volet développement de capteurs pour faire de la mesure en temps réel de la qualité de l’air, poursuit-il. C’est ce qu’on souhaite développer le plus sur le territoire nord-américain. Le troisième volet concerne toute l’exploitation des données de la qualité de l’air. » 

« À partir du moment où on met des capteurs, ça met beaucoup de données, enchaîne M. Kaluzny. On les sauvegarde sur un cloud. Sur ce cloud, on développe des interfaces logicielles qui vont en direction de nos clients. »

Un projet démonstrateur qui a actuellement lieu en France pourrait arriver en Amérique du Nord. « On est en train de déployer 2000 capteurs citoyens. On va retrouver l’élément sensible qui fait la mesure de la qualité de l’air, des batteries et un système qui renvoie des informations par Bluetooth vers le téléphone, ce qui permet d’avoir en temps direct la qualité de l’air. On a une très belle carte de ce qui se passe en temps réel », résume-t-il.

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« On commence à récolter les fruits » 

Sherbrooke Innopole commence à récolter des fruits. Quelques années après avoir commencé son maraudage en Europe, de plus en plus d’entreprises considèrent Sherbrooke comme une ville intéressante pour s’y installer. 

« Ça fait plusieurs années qu’on a mis ça en place, indique la directrice générale de Sherbrooke Innopole, Josée Fortin. Depuis deux ou trois ans, c’est plus intense. »

Sherbrooke Innopole serait en discussions avec quelques entreprises. « J’étais en Europe récemment et j’ai rencontré six entreprises potentielles. Ce sont des démarches qui prennent beaucoup de temps avant de dire qu’ils atterrissent officiellement chez nous et qu’ils prennent de l’expansion en Amérique du Nord. Il y en a qui sont plus près que d’autres. Il y en a en démarrage, ça prend plus de temps, d’autres sont plus matures, donc ça va un peu plus rapidement. C’est difficile de faire un mode d’emploi, on fait du démarchage », assure Mme Fortin.

Mme Fortin considère que Sherbrooke est un pivot très intéressant pour les entreprises européennes. « On est choyés, car on a des ancêtres européens. Si on parle de la France, on parle français, donc la langue est un atout avant de faire un saut vers les États-Unis. Ça leur permet de vivre une expérience à l’international dans leur langue. Ce n’est pas parce qu’on parle français que les façons de faire sont les mêmes », commente-t-elle, rappelant que les ententes tarifaires entre les États-Unis et le Canada en plus de celles entre l’Europe et le Canada sont intéressantes pour les entreprises. 

« On dit qu’on est à quatre heures de Boston en voiture, ce qu’ils considèrent comme très intéressant. Ils voient le potentiel », poursuit-elle. 

Le maire Lussier enthousiaste

« Je suis très enthousiaste, partage le maire de Sherbrooke, Steve Lussier. J’ai été enthousiasmé de rencontrer les gens et les équipes là-bas. Ç’a été vraiment intéressant. Il faut s’intéresser à ces entreprises de plus en plus, qui peuvent venir s’installer chez nous. Il faut faire valoir notre valeur pour qu’on puisse les accueillir », résume-t-il.