La candidate à la mairie Hélène Pigot reproche au maire sortant Bernard Sévigny de recycler une promesse de 2009 en annonçant vouloir créer un Bureau de consultations publiques.

Sherbrooke Citoyen accuse Sévigny de recycler ses promesses

Tir groupé des candidats de Sherbrooke Citoyen, sur Facebook, et de la candidate à la mairie Hélène Pigot dans un communiqué, qui reprochent au maire Bernard Sévigny de recycler une promesse de 2009. Un article de La Tribune à l'appui, ils rapportent que le premier engagement du Renouveau sherbrookois, celui de créer un Bureau de consultations publiques, date du premier mandat du maire sortant.
Le 6 octobre 2009, La Tribune publiait un article indiquant que « sous une administration du RS, une partie des employés du service des communications de la Ville seraient mutés à un bureau de consultation publique. Ce bureau serait responsable de mettre en oeuvre les diverses consultations publiques ».
Dans le même souffle, le parti politique proposait plusieurs moyens pour encourager la participation citoyenne, entre autres la levée d'une partie du huis clos dans les ateliers de travail du conseil municipal et la diffusion du conseil municipal.
Mme Pigot qualifie d'absurde l'idée de prendre deux fois le même engagement à huit ans d'intervalle. « C'est une insulte à l'intelligence des électeurs! Si un mécanisme intelligent de participation citoyenne et de consultations publiques était effectivement créé à Sherbrooke, ce serait un gain pour les citoyens. Mais ça ne sera sûrement pas fait par le maire actuel. »
La chef de Sherbrooke Citoyen estime que Bernard Sévigny ne peut pas prétendre militer pour la participation citoyenne. « Il a affaibli les arrondissements et a tenu plusieurs consultations publiques de façade. Par-dessus tout, dans son deuxième emploi comme président de l'UMQ, il a pris position pour éliminer les référendums dans les municipalités. [...] Bernard Sévigny ne consulte pas, il impose! »
Sur Facebook, les candidats de Sherbrooke Citoyen en rajoutent.
« Une vieille promesse jamais réalisée. Maintenant, il faudrait le " croire " », résume André Poulin, du district de l'Hôtel-Dieu.
Julie Dionne, du district de l'Université, rapporte qu'« il faut une structure conviviale, oui, mais il faut surtout des élues et des élus qui respectent les personnes s'adressant à eux et qui tentent de trouver des solutions. Le bilan de l'administration Sévigny dans les dossiers du coin Dunant-Thibault et du boisé des Deux-Ruisseaux est assez préoccupant à cet égard. Quand on n'entend pas les citoyens et citoyennes se présentant au conseil de ville, il me semble somme toute assez illusoire de penser que des structures changeront la donne ».
Question de contexte
Appelé à s'expliquer, Bernard Sévigny mentionne que tout est une question de contexte. « Nous avions proposé une série de sept mesures pour la participation citoyenne en 2009, et deux ont été abandonnées parce que nous n'avions fait élire que trois conseillers sur 19. En mars 2009, nous avions adopté une politique de consultation publique dans un comité présidé par Jean Perreault et composé des six présidents d'arrondissement. J'avais poussé sur les consultations d'initiatives populaires et le Bureau de consultations publiques, mais personne ne voulait aller là autour de la table. Ça ne passait pas. »
Comme les initiatives avaient été battues en mars et que ce sont principalement les mêmes élus qui sont revenus autour de la table après les élections, M. Sévigny savait qu'il n'avait aucune chance de pousser ses projets. « Serge Paquin avait d'ailleurs déclaré que je devrais me montrer persuasif pour réaliser mes engagements. Quand on ramasse 15 % des sièges, il n'y a pas de garantie que le programme se réalisera. C'est vrai aussi pour ce qu'on promet en ce moment. Sans majorité, nous ne pourrons peut-être pas tout réaliser. »
Le maire sortant estime que le contexte est propice à revenir avec la promesse d'un Bureau de consultations publiques, entre autres en raison des changements apportés par la loi 13 sur les modes de consultation citoyenne. « Il faut raffiner les approches des consultations publiques. »