Le maire Steve Lussier a confirmé lundi qu’il avait déjà reçu 6,5 M$ inattendus du fédéral pour la réfection des chaussées et qu’il s’attendait à obtenir 6,5 M$ supplémentaires.

Sherbrooke attend 13 M$ pour réparer les rues

La Ville de Sherbrooke pourrait disposer de 13 M$ pour la réfection des rues. Le maire Steve Lussier a confirmé lundi qu’il avait déjà reçu 6,5 M$ inattendus du fédéral pour la réfection des chaussées et qu’il s’attendait à obtenir 6,5 M$ supplémentaires. Il répondait ainsi au conseiller Paul Gingues, qui s’inquiétait de voir l’appareil municipal prendre de l’expansion et qui proposait de mettre en place un plan de rationalisation. Pour arriver à des actions concrètes pour réparer les voies de circulation, il suggérait de puiser les sommes nécessaires à même l’appareil municipal.

Le premier versement de 6,5 M$ provient du Fonds de la taxe sur l’essence fédéral, alors que le gouvernement a proposé un transfert ponctuel pour répondre aux priorités à court terme des municipalités qui sont aux prises avec un grave déficit en matière d’infrastructures. Il est trop tôt pour connaître l’utilisation que la Ville fera de cet argent.

M. Gingues avait profité d’une résolution pour la réorganisation du Service de la planification urbaine et du développement durable pour faire connaître son mécontentement.

Le conseiller du district de l’Université déplore que le sujet ait été présenté à huis clos quelques heures seulement avant que le conseil ait à se prononcer sur la question. « On fait grossir l’appareil municipal. Ce sont toujours des plus, jamais des moins. Nous sommes pourtant en situation d’urgence alors que le budget pour la réparation des nids-de-poule n’est que de 700 000 $ et que 207 rues sont considérées dans un état lamentable. Pour moi, il est clair que c’est dans l’appareil municipal qu’il faut trouver les sommes nécessaires. »

« Réorganisation »

« Depuis notre arrivée au conseil en novembre 2017, il est assez facile de constater que le mot à la mode dans l’administration municipale est réorganisation. Ce sont de nombreux projets de réorganisation effectués à la pièce, sans vision d’ensemble, ayant systématiquement comme résultat l’ajout de personnel », dit-il.

La réorganisation de lundi se traduit par l’ajout de deux ressources.

Parmi les réorganisations citées par Paul Gingues, notons celles de la direction générale, du Service des finances, du Service des ressources humaines, du Service des affaires juridiques et du Service de l’approvisionnement.

La présidente du conseil, Nicole Bergeron, a indiqué qu’on n’en avait pas terminé avec les réorganisations. « La vérificatrice générale nous parle de préparer la relève. Nous sommes condamnés à réfléchir, à voir comment réorganiser nos services pour préparer la relève. Il faut tenir compte des enjeux, du fait qu’on est une ville en croissance. Ce n’est que la pointe de l’iceberg. »

Pierre Avard abondait dans le même sens que M. Gingues. « Les structures, on les multiplie. À un moment donné, le citoyen veut des services. Depuis que je suis ici, il y a des personnes qui ont changé de titre trois fois. »

Chantal L’Espérance a voulu remettre les choses en perspective. « Je veux vous rappeler qu’à la fin de 2017, nous avions presque atteint notre objectif de récupérer 11 M$ et de couper près d’une centaine de postes. Il est donc faux de dire que l’appareil municipal ne fait que grossir. Peut-être que nous sommes allés un peu trop loin et il faut rectifier des choses pour offrir des services à la population. »

Une absence de vision à corriger en urbanisme

 En réorganisant son Service de la planification urbaine et du développement durable, la Ville de Sherbrooke veut devenir un exemple en matière de planification de son territoire. Les nouvelles façons de faire du directeur Yves Tremblay donnent, selon plusieurs élus, un nouveau souffle à un service qui avait perdu de son lustre.

« La mission qu’on s’est donnée, c’est de devenir un modèle en urbanisme et en planification du territoire », lance le président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin. 

Le service changera donc de nom et deviendra le Service de la planification et de la gestion du territoire. Il s’occupera entre autres de développer la géomatique, de la gestion foncière, de l’arpentage, des permis, de l’inspection et des programmes de rénovation. Le développement durable fera quant à lui l’objet d’un repositionnement dans l’appareil municipal. Pour le moment, il n’y aura aucun ajustement à cette division. 

« Un des constats observés est le manque et l’absence d’une vision connue, acceptée et partagée par l’ensemble du service. Il est donc important de repositionner la mission et la vision du service afin de donner un nouveau souffle et sens à l’équipe tout en répondant au nouvel urbanisme à mettre en place », lit-on dans les documents rendus publics lundi.

« Il est primordial de reprendre le plaisir des dossiers réfléchis et confectionnés à l’interne [...] et d’encourager les initiatives stimulantes et émergentes afin de devenir une référence dans le domaine de l’urbanisme et de la gestion du territoire. »

« Rebâtir notre expertise »

Ce sont 79 employés qui travailleront pour ce nouveau service, soit deux de plus qu’actuellement, pour une augmentation de la masse salariale d’environ 100 000 $. « Il n’a pas été simple d’arriver à une solution réaliste. Ce service compte sur un budget annuel de 11 M$, dont 6 M$ en masse salariale. Nous arrivions avec des besoins de 300 000 $ de plus, mais nous nous sommes requestionnés. Nous voulons rebâtir notre expertise », précise Vincent Boutin.

Annie Godbout s’est montrée emballée par les nouvelles façons de faire. « Ça m’a plu de voir à quel point Sherbrooke va se moderniser. Maintenant, il faut que les bottines suivent les babines. Ça fait longtemps qu’on souhaite être plus proactifs dans la planification plutôt que d’être à la merci des promoteurs. »

Marc Denault a soulevé une crainte. « Nous avons beaucoup de règlements en place. Il est déjà difficile de les faire respecter. Si on diminue le nombre d’inspecteurs, il faudra être attentif. »

Tant Nicole Bergeron que Chantal L’Espérance, qui ont été présidentes du comité consultatif d’urbanisme, ont souligné que les élus avaient déterminé depuis longtemps que ce service avait besoin de changements.

Rémi Demers a pour sa part mentionné que les investissements supplémentaires valaient le coup. « S’il y a un domaine où il y a des attentes de la population, c’est bien celui-là. »

Paul Gingues et Pierre Avard ont inscrit leur dissidence.