La Ville adopte un plan d’investissement de 1,1 M$ supplémentaires pour venir en aide aux entreprises sherbrookoises.
La Ville adopte un plan d’investissement de 1,1 M$ supplémentaires pour venir en aide aux entreprises sherbrookoises.

Sherbrooke adopte un plan de 1,1 M$ pour la relance économique

SHERBROOKE — La Ville de Sherbrooke prévoit des investissements de 1,1 M$ pour encourager la relance économique sur son territoire, un montant qui devrait encourager très directement les entrepreneurs. Les élus ont aussi insisté sur le fait qu’ils ne comptent pas laisser tomber les artistes, qui ont d’ailleurs lancé un cri du cœur la semaine dernière. Le plan devrait être évolutif. 

Il s’agit d’une première phase d’investissement qui prévoit 605 000 $ pour la gestion des fonds, pour que les entreprises reçoivent une aide directe. On budgète aussi 115 000 $ pour l’achat local, 100 000 $ pour l’innovation, notamment le virage numérique, et 83 000 $ pour la transition écologique. 

« Notre but est d’ajuster l’offre de la Ville aux besoins à court terme des entreprises, de soutenir les organisations et les entrepreneurs, de déployer des mesures concrètes et d’exercer le leadership municipal », résume le directeur du Bureau du développement économique, Philippe Cadieux.

Le plan de relance a été élaboré en collaboration avec les directeurs des organismes que sont Destination Sherbrooke, Sherbrooke Innopole, Commerce Sherbrooke, Pro Gestion Estrie et la CDEC. 

Il est divisé en trois phases, la première, pour les trois premiers mois, visait entre autres des mesures comme le report du paiement de la taxe foncière et la mise en place du Fonds d’urgence géré par Pro Gestion Estrie. Ce fonds de 1,8 M$ constitue un prêt du gouvernement du Québec.

La deuxième phase consiste à organiser des webinaires, la mise en place d’un service de livraison urbaine, des mesures d’allégement réglementaires et la promotion des attraits touristiques de Sherbrooke. 

La troisième phase, qui serait déployée à partir de 2021, verrait la création d’un répertoire des locaux disponibles par Commerce Sherbrooke, le déploiement de la zone d’innovation et la mise en place du Quartier général de l’entrepreneuriat. 

Un deuxième plan de relance pourrait être déposé cet automne. La Ville analysera également les impacts des mesures prises.

Les entreprises sondées

Ces mesures sont justifiées à la suite d’un sondage mené auprès des entreprises sherbrookoises. Les données sont particulièrement alarmantes, alors que 54 % des répondants indiquaient qu’ils ne seraient plus en affaires dans un an si la situation perdure. 

Selon M. Cadieux, sur 5500 établissements à Sherbrooke, les sondages menés ont permis de compiler les réponses de 1000 répondants. 

« Des entreprises se sont endettées. Nous verrons sûrement des fermetures, même si nous ne le souhaitons pas », confirme M. Cadieux.

En avril, 59 % des entreprises qui fonctionnaient toujours avaient dû mettre à pied du personnel. En juin, 21 % des employés n’avaient pas repris le travail et une entreprise sur dix n’avait pas repris ses activités en raison de la crise pour des enjeux de liquidité. 34 % des entreprises ont repris ou poursuivent leurs activités de manière réduite.

Philippe Cadieux précise que les commerces et le milieu touristique ont été particulièrement touchés, alors que le milieu industriel a été davantage épargné. 

« Dans plusieurs cas, les répercussions se feront sentir longtemps. Il faut prendre en considération les besoins à court terme. Il est aussi primordial d’arrimer les actions municipales avec les autres gestes des autres paliers de gouvernement. »

Annie Godbout a voulu s’assurer que les entreprises touristiques et culturelles étaient couvertes par le plan de relance. Le directeur de Commerce Sherbrooke, Charles-Olivier Mercier, a confirmé que c’était le cas. 

Évelyne Beaudin a pour sa part relevé le cri du cœur de l’artiste Ariane DesLions la semaine dernière. « J’ai l’impression que les artistes ne se voient pas encore assez comme des entrepreneurs. Les artistes, si votre art est votre façon de gagner votre vie, vous êtes un travailleur autonome. Vous pouvez vous référer à nos organismes de développement économique. Allez cogner à la porte de Pro Gestion Estrie, qui pourra tenter de vous guider. »

Elle souhaite que des propositions ambitieuses viennent cet automne pour soutenir les entreprises culturelles. « La bonne nouvelle c’est qu’il reste de l’argent sur la table. Le comité de développement économique s’est gardé une marge de manœuvre de 800 000 $. »

Nicole Bergeron commentait dans le même sens. « Il y a encore des personnes qui ne savent pas à qui s’adresser pour obtenir de l’aide. Au pire, vous appelez au mauvais endroit et ils vont vous référer au bon endroit. Nos organismes ont tous pour but de vous aider à passer à travers cette crise et à vous appuyer dans cette relance. »

Elle précise que la Ville travaille avec le conseil de la culture pour obtenir une enveloppe du ministère de la Culture et que la Ville lancera sous peu un appel de projets à l’intention des artistes pour animer le centre-ville. Une enveloppe de 180 000 $ est prévue pour les artistes locaux. « On ne fait pas juste être préoccupés. On va s’en occuper. »

Déjà 2,8 M$ étaient injectés à Sherbrooke, notamment grâce au report de certains paiements et à la contribution du gouvernement du Québec.