Bernard Sévigny est le seul candidat à la mairie à continuer de défendre le projet de vols commerciaux à l’aéroport de Sherbrooke.

Sévigny, l’unique défenseur de l’aéroport

Bernard Sévigny est le seul candidat à la mairie à continuer de défendre le projet de vols commerciaux à l’aéroport de Sherbrooke. En débat avec ses adversaires, il a continué à soutenir que la communauté d’affaires avait besoin de ces liaisons. D’autres, comme Hélène Pigot et Steve Lussier, préfèrent l’option du train de passagers vers Montréal que suggère l’homme d’affaires François Rebello.

« Les vols commerciaux sont indispensables. Je le répète depuis plusieurs années. C’est un outil de développement économique. J’en ai fait la démonstration en présentant aux membres du conseil l’état de la littérature sur l’impact des vols commerciaux sur une ville comme Sherbrooke. Pour les marchés qu’on veut lancer, c’est fondamental », soutient Bernard Sévigny.<

« Quand on dit que la communauté d’affaires a besoin d’avoir accès rapidement aux grands centres économiques de l’Amérique et de l’Europe, ça finit par la création d’emplois parce que nos entreprises y ont accès plus rapidement. Là où il y en a pour tout le monde, c’est que les entreprises sont plus performantes et que ça crée des emplois », ajoute-t-il.

Steve Lussier rapporte avoir consulté des gens d’affaires chez qui l’enthousiasme s’est amenuisé. « L’aéroport, nous n’en avons pas besoin pour l’instant. J’ai fait le tour de plusieurs entreprises qui avaient signé le registre de la chambre de commerce pour me faire dire : à l’époque, nous étions enthousiastes, mais je n’ai pas perdu d’argent pour le moment. Pour avoir parlé à plusieurs personnes, ils me l’ont dit clair et net : on n’avait pas besoin de ça pour l’instant. »

« Je ne vous crois pas », a rétorqué Bernard Sévigny.

M. Lussier mentionne que les compagnies aériennes ne veulent pas venir à Sherbrooke parce qu’il n’y a pas de marché.

Hélène Pigot croit pour sa part qu’il n’y aurait aucun gain de temps à instaurer des vols commerciaux. « Il faut une solution pour désenclaver Sherbrooke du point de vue économique. Je ne favoriserais pas l’aéroport. Il va falloir qu’on me prouve que ça sert la population. Tout ce que j’ai vu comme étude, c’est que ce sont quelques gens d’affaires qui vont prendre l’avion de temps en temps. Je ne suis même pas sûre qu’ils y gagnent ces gens-là. C’est une vieille solution. C’est de rajouter des gaz à effet de serre énormes. Et on ne gagne pas de temps parce qu’il faudra se rendre de Sherbrooke à l’aéroport, passer la sécurité. À Montréal, on aura la même chose. »

Bernard Sévigny a répliqué. « Mme Pigot, vous devez reconnaître que la littérature est riche sur les impacts des vols commerciaux. Je vais vous l’envoyer d’ailleurs. »

Denis Pellerin rapporte quant à lui qu’Air Sherbrooke a été un échec. « On a laissé une facture de 50 000 $ à la Ville parce qu’on voulait atteindre sept passagers par jour. Ça c’est une minivan. Et on est resté à cinq passagers par jour. »

Patrick Tétreault ne pouvait pas dire « si je trouve que c’est une bonne idée » tout en n’ayant pas l’intention de faire avorter des projets en marche.

Quant au train de passagers, Bernard Sévigny rapporte que la Ville a commandé une contre-étude pour valider le nombre de déplacements que générerait le projet.

Si Denis Pellerin juge ce projet irréaliste, Hélène Pigot et Steve Lussier montrent une ouverture.

« Je suis intéressé au train, parce qu’on le part en plein milieu de la ville. Il y a un hôtel à côté et probablement un développement sur le bord du lac des Nations. Pour le budget, il faut regarder avec Montréal », dit Steve Lussier.

Hélène Pigot ne le contredit pas. « Nous avons les autobus, mais je suis d’accord pour dire qu’ils ne suffisent pas. Il faut aller vers le train si ce que propose M. Rebello est faisable. »