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Sévigny explique son mutisme de presque deux ans
Sévigny explique son mutisme de presque deux ans
Isabelle Lacroix
Isabelle Lacroix

Un ouvrage «d’intérêt»

Le livre de Bernard Sévigny est un ouvrage important, dans la mesure où il facilitera l’étude de la politique municipale, un sujet très peu documenté. C’est du moins l’opinion d’Isabelle Lacroix, professeure et directrice de l’école de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke.

Dans son livre, l’ancien maire de Sherbrooke décrit en détail plusieurs rouages de l’appareil municipal.

« On n’est pas dans l’optique d’une œuvre grand public, mais je n’ai pas l’impression que c’était l’objectif de M. Sévigny. Clairement, on n’est pas dans un petit pamphlet qui se lit à la plage. C’est évidemment une perception de la vie politique de Sherbrooke pendant ces années-là. Ce qui serait le fun c’est si les autres acteurs politiques faisaient la même chose pour qu’on puisse comparer. »

Mme Lacroix, qui n’était pas en mesure de nommer un autre maire ayant attendu aussi longtemps avant de briser le silence après une défaite électorale, ne juge pas que M. Sévigny utilise cet ouvrage pour régler ses comptes.

« Je ne sais pas si je parlerais d’amertume, mais on sent la déception à plusieurs niveaux. On sent la déception de voir qu’il s’agit d’un jeu dont tout le monde ne participe pas de la même façon et selon les mêmes règles. »

Des acteurs politiques

Bernard Sévigny consacre un chapitre complet à la relation entre les élus et les journalistes. Il estime que les médias sont des acteurs dans l’arène politique.

« Cette phrase-là m’interpelle beaucoup et me fait me questionner, indique Mme Lacroix. Les médias doivent-ils être des acteurs politiques? C’est une phrase qu’on entend à répétition. On sent qu’il y a une volonté de participer au débat et ne pas seulement le couvrir. Pour moi il y a quelque chose à creuser. Bien qu’on reconnaît que les médias ont un rôle important à jouer dans la démocratie, mais ma compréhension de la démocratie ne devrait pas faire d’eux des acteurs politiques. »

« Les journalistes contestent, critiquent et font parfois des attaques virulentes contre des politiques et les politiciens ne peuvent pas en faire autant, résume-t-elle. Ça fait en sorte de créer une situation inégale. On le voit aux États-Unis avec un président qui attaque les médias, ça nous semble inconcevable dans une relation démocratique. »