Le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN) tire la sonnette d’alarme sur la situation des ressources destinées au soutien des étudiants en situation de handicap (EESH). 

Services compromis pour les étudiants handicapés au Cégep

Le Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS-CSN) tire la sonnette d’alarme sur la situation des ressources destinées au soutien des étudiants en situation de handicap (EESH), en raison de ressources qui n’ont toujours pas été confirmées. L’inquiétude grandit alors qu’entre 2010 et 2019, le nombre d’EESH au Cégep de Sherbrooke est passé de 173 à 863, soit un bond de près de 400 %, selon l’instance syndicale. 

« Si ces ressources ne sont pas au rendez-vous, c’est tout le dispositif de soutien professoral des étudiantes et des étudiants vivant avec un handicap ou des besoins particuliers qui tombera l’automne prochain, ce qui laisse présager le pire pour leur réussite scolaire », a mentionné par voie de communiqué la présidente du SPECS-CSN, Julie Dionne. 

Selon elle, l’institution n’a aucune marge de manœuvre pour dégager les cinq enseignants à temps complet (ETC) nécessaires pour maintenir les services en raison du plan de remboursement de la surembauche.

Julie Dionne avait fait part de ses inquiétudes récemment à La Tribune; le sujet avait été abordé en assemblée générale. 

Depuis cinq ans, une lettre d’entente garantissait une ressource particulière au personnel enseignant des cégeps afin d’assurer des services en complémentarité avec d’autres membres du personnel de soutien. 

« Nous sommes en négociation pour le renouvellement de notre convention collective et le ministre semble vouloir conserver cette carte dans son jeu le plus longtemps possible, ce qui revient à prendre en otage les étudiants et les étudiantes les plus vulnérables », fait valoir Mathieu Poulin-Lamarre, vice-président à l’information et à la mobilisation du SPECS. L’instance syndicale représente environ 518 membres. La convention collective vient à échéance à la fin mars. 

Julie Dionne

Projets menacés

Directrice des ressources humaines au Cégep de Sherbrooke, Danielle Ferland précise que cette enveloppe, qui avait été ajoutée à la dernière convention collective et qui permet de dégager des ressources enseignantes, est l’un des enjeux de la négociation provinciale. 

« Ce qui est le plus difficile, c’est l’entre-deux. Le temps de régler la négociation, d’avoir les nouvelles modalités de la convention, le fait qu’on n’ait pas la réponse et qu’on doit déposer le projet de tâche en mars, de ne pas savoir, c’est difficile. Dans le contexte de la récupération de la surembauche, on va avoir de la difficulté à ne pas laisser tomber des projets. Si on n’a pas de réponse, on aura de la difficulté à réaliser certains projets », commente-t-elle. Le projet déposé en mars doit permettre de planifier la prochaine rentrée scolaire. 

« Si on n’a pas de confirmation du Ministère ou du comité de négociation, on ne prendra pas le risque, on ne peut pas. On ne mettra pas des ressources qu’on n’est pas certains d’avoir. »  

Selon le plan prévu avec le ministère de l’Éducation, le Cégep de Sherbrooke doit rembourser 767 000 $ sur deux ans pour la surembauche, une situation qui s’explique notamment par le fait que le gouvernement finance les institutions collégiales selon le nombre d’étudiants inscrits. Or, l’effectif étudiant diminue parfois au fil des mois, alors que les professeurs sont embauchés à la rentrée en fonction des prévisions.

Mme Ferland et le directeur des études, Éric Gagné, notent qu’il existe d’autres modalités pour soutenir les étudiants, dont des conseillers en service adaptés. « Les EESH ne tomberont pas sans soutien du jour au lendemain », assure M. Gagné. 

Les enseignants libérés pour soutenir les EESH les accompagnent par exemple pour l’examen uniforme de français, de l’encadrement, etc. 

Les services réalisés avec l’aide des enseignants sont complémentaires, mais il s’agit de « choses importantes », note Mme Ferland. « On est embêté avec le contexte des négociations. »

Des membres du SPECS ont interpellé la semaine dernière la députée de Saint-François, Geneviève Hébert. La Tribune a demandé des précisions au bureau de Mme Hébert, mais celui-ci nous a référés au ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MÉES).