Les résidents de l’ancienne maison Manojlo Govedarica doivent quitter dans les prochains jours l’unité de Val-du-lac où ils vivent actuellement

Sept résidents déficients à relocaliser

EXCLUSIF: Les sept résidents de l’ancienne maison Manojlo Govedarica doivent déménager de nouveau, moins de six mois après la fermeture rapide de la ressource dans laquelle ils vivaient.

Ce nouveau déménagement forcé a fait réagir les travailleurs de la direction des programmes de déficience intellectuelle, trouble du spectre de l’autisme et déficience physique du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, qui s’inquiètent pour ces usagers qui sont à la fois « des cas très lourds » et une clientèle très vulnérable.

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Mort nébuleuse rue Ontario : enquêtes en cours

Rappelons que la maison Manojlo Govedarica a fermé ses portes à la fin février puisque le CIUSSS de l’Estrie-CHUS avait mis fin à son entente avec cette ressource non institutionnelle (RNI) en déficience intellectuelle de la rue Ontario. Le Service de police de Sherbrooke (SPS) et le bureau du coroner du Québec avaient amorcé des enquêtes à la suite de la mort suspecte d’un jeune résident de 19 ans le 25 décembre dernier.


« Nos équipes ont procédé à une réévaluation du profil des usagers. Nous allons trouver le meilleur milieu de vie pour eux.  »
Geneviève Lemay du CIUSS de l'Estrie-CHUS

En outre, La Tribune a appris que des accusations criminelles pourraient être déposées dans ce dossier, probablement contre des employés de l’ancienne RNI. Le dossier d’enquête repose actuellement sur le bureau d’un procureur aux poursuites criminelles et pénales. Certains rapports, notamment celui des expertises médico-légales, ne sont toujours pas achevés. C’est ce qui expliquerait pourquoi des accusations n’ont pas encore été déposées.

Le CIUSSS de l’Estrie avait reçu un signalement concernant « une faille de sécurité » le 5 janvier 2018 provenant du Service de protection contre les incendies de la Ville de Sherbrooke sur la RNI Manojlo Govedarica. Le CIUSSS avait aussitôt déclenché une enquête administrative et avait dépêché du personnel qualifié au sein de la ressource afin de veiller sur les résidents.

À Val-du-lac en attendant

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS confirme que les résidents habitent encore ensemble à Val-du-lac, le lieu d’hébergement du centre de protection de la jeunesse qui possède une unité inutilisée, mais qu’ils déménageront bientôt.

« Nos équipes ont procédé à une réévaluation du profil des usagers. Nous allons trouver le meilleur milieu de vie pour eux », soutient Geneviève Lemay du service des communications au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Impossible de savoir où exactement seront localisés les résidents. Des rumeurs laissent croire que certains d’entre eux iraient temporairement dans un monastère appartenant à une communauté religieuse.

« Il faut faire attention, selon nous, à ne pas déplacer les usagers à n’importe quel prix, car il est entendu que les changements de milieux désorganisent ces usagers. De plus, il faut trouver des milieux qui répondent bien à leurs besoins et ne pas les envoyer n’importe où, car ils doivent être entourés de personnel formé pour bien fonctionner », soutient Laure Letarte-Lavoie, vice-présidente de l’exécutif de l’APTS-Estrie (Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux), le syndicat qui représente notamment les éducateurs spécialisés.

Comme il n’y a pas de places disponibles dans d’autres RNI pour recevoir les résidents de l’ancienne maison de la rue Ontario, le CIUSSS évalue encore différentes possibilités. Impossible d’avoir plus de détails cependant. « Il y a des milieux de vie beaucoup plus appropriés que celui de Val-du-lac. Il y a plusieurs hypothèses sur la table », soutient Mme Lemay.