Carol Brown, enseignant en chimie au Séminaire de Sherbrooke, s'était installé dans son bureau pour donner son cours en ligne, lundi.

Séminaire: l'expérience de cours en ligne s'avère riche en enseignements

Lundi après-midi au Séminaire de Sherbrooke. Lorsque la cloche sonne vers 13 h 35, les corridors de l'établissement sont déserts. On se croirait en pleine journée pédagogique. Pourtant, environ 800 élèves assistent à leurs cours... de la maison.
Pour cette toute première journée de cours en ligne, l'enseignant de chimie Carol Brown a décidé de s'installer dans son bureau, question de s'assurer que tout se déroule bien au plan technique.
Seulement cinq professeurs, sur une quarantaine au total, se sont installés à l'école pour présenter leur matière. De ce nombre, au moins deux enseignants pouvaient dépanner leurs collègues au plan informatique, au besoin.
Seulement une poignée d'élèves, moins d'une dizaine, se sont rendus en classe, comme l'avait permis l'école privée.
Carol Brown et sa collègue Louise Letendre ont créé une vidéo afin de présenter leur matière ; celle-ci décrivait ce que les élèves avaient à faire.
À la suite de cette présentation, les élèves devaient remettre un travail.
Dès le début du cours, pour s'assurer que les élèves étaient bel et bien devant leur iPad, une question était envoyée aux élèves. M. Brown a ensuite envoyé des courriels pour ceux qui semblaient manquer à l'appel ou qui n'avaient pas répondu présent.
Pendant le cours, l'enseignant a pu jeter un oeil aux travaux de ses élèves en temps réel. Certains lui ont envoyé des questions par courriel.
Celui qui terminera sa carrière l'an prochain n'en revient pas du chemin parcouru depuis qu'il est passé sur les bancs d'école.
«J'ai commencé avec la règle à calculer, et je suis capable de donner un cours et d'enseigner à mes élèves qui sont à la maison... Je ne suis pas sûr qu'ils savent c'est quoi, une règle à calculer», lance-t-il.
Élève de première secondaire, Xavier Vachon a assisté à ses cours de français, d'histoire et de sciences dans le confort de sa chambre.
Sa grand-mère et sa petite soeur étaient aussi à la maison.
«C'est sûr qu'une fois de temps en temps, c'est l'fun de faire des journées comme ça. Pas toujours, parce que j'aime l'ambiance en classe. Tout s'est bien passé», commente-t-il. Il ajoute que le travail avait été planifié en fonction de cette réalité et que les travaux, selon lui, n'étaient pas «super compliqués.»
Cette façon de faire comporte son lot de défis, notamment en matière d'autonomie.
«C'est sûr que c'est un défi constant. On le fait dans un but d'éducation, on veut préparer les jeunes à ce qui s'en vient, note Félix Arguin, enseignant en français et en arts dramatiques, et répondant aux TIC (technologies de l'information et des communications).
"J'ai rempli des billets ce matin pour des gens qui ont passé 25 minutes dans le travail sans rien faire. Il y en a qui vont peut-être voir la preuve que ça ne fonctionne pas, mais ce que je leur dis, c'est que ces élèves n'auraient rien fait dans ma classe de toute façon. Je ne suis pas surpris, mais en même temps, c'est formateur pour eux."
Un constat qu'il a pu faire en examinant l'historique de modifications des documents en ligne.
En revanche, des élèves qui auraient pu hésiter à poser des questions en classe l'ont fait en ligne.
Le collège Sainte-Anne de Lachine a déjà vécu une telle expérience. Le directeur des services pédagogiques du Séminaire de Sherbrooke, Jean-Marc Poulin, a d'ailleurs contacté la direction en prévision de cette journée au Séminaire.