Jean-Guillaume Marquis était accompagné de Dominique Vigneux-Parent pour demander au conseil municipal d'intervenir dans le dossier de la station-service projetée au coin des rues Thibault et Dunant.

Secteur Thibault-Dunant: pas question d'exproprier la station-service

Les citoyens du secteur Thibault-Dunant ne décolèrent pas devant la possibilité de voir une station-service s'installer devant le mont Bellevue. Pour une quatrième fois mardi au conseil municipal, ils ont déploré l'inaction des élus. Le maire Bernard Sévigny a rappelé qu'une expropriation du propriétaire pour changer la vocation du site coûterait trop cher aux contribuables.
Le citoyen Jean-Guillaume Marquis a rappelé les pressions citoyennes répétées depuis le début de l'aménagement du terrain au coin des rues Thibault et Dunant. « Rien ne se passe. C'est l'immobilité totale. On fait deux chaînes humaines. On dépose une pétition écrite, une pétition en ligne. Les citoyens vous parlent. Que faites-vous? Vous faites la sourde oreille en espérant que ça passe. Vous vous bouchez le nez parce que ça ne sent pas bon depuis le début », a-t-il dit.
Les citoyens sont entre autres mécontents que ce terrain, dont l'usage est passé de commercial à résidentiel, ait été échangé à un promoteur qui a obtenu un permis de construction avant que le changement de zonage soit entériné.
« Nous comprenons que le développement s'en vient dans l'ouest et c'est bien normal. En 2017 à Sherbrooke, on n'est pas au Far West. Du développement, ça se fait dans un cadre réfléchi. [...] Le même projet de station-service avec lave-auto et fast-food serait bon 950 mètres plus loin, près de l'autoroute. Pas au coeur d'une zone résidentielle qu'on avait prévue pour du résidentiel. »
M. Marquis espère que la Ville prendra « un pas de côté pour mieux avancer ». « Ce n'est pas à nous à faire les frais pour une décision précipitée. À travers les récentes altercations avec le promoteur, on a très bien compris qu'il n'est pas là pour mettre de l'eau dans son vin. Il est là pour préparer un terrain, le revendre et faire du profit. C'est ça sa job. C'est à vous de faire un compromis. Vous pourriez racheter le terrain, l'échanger, financer un projet résidentiel sur ce terrain. »
Le maire Bernard Sévigny indique que la seule véritable option serait l'expropriation. « Nous avons à prendre des décisions qui sont parfois difficiles. Le propriétaire a des droits et s'est prévalu de ses droits. [...] Quand on fait des acquisitions de terrains, il y a une règle qui s'appelle la valeur au propriétaire. On a le droit d'exproprier. Mais le prix à payer pour acquérir une propriété par expropriation est démesuré par rapport à la valeur du marché. Ça fait partie des règles que nous devons considérer. Est-ce que c'est raisonnable l'acquisition à tout prix compte tenu de la facture qu'il faut refiler aux contribuables? Ce n'est pas l'option que nous avons retenue. »
La conseillère Annie Godbout a voulu savoir si le maire s'était assis personnellement avec le promoteur du projet pour chercher des solutions. 
« Personnellement, je ne me suis assis devant M. Élias mais nos services sont en contact avec le promoteur et il y a eu des discussions entre autres au comité exécutif. La réponse que j'ai donnée à M. Marquis tenait compte des discussions que nous avons eues. »