Line Marcoux, de la table d'action contre l'appauvrissement de l'Estrie, et Manon Brunelle, d'Illusion-emploi.

Salaire minimum: des réveille-matins envoyés aux députés

Les députés de l’Estrie, le ministre du Travail et le premier ministre recevront vendredi un réveille-matin réglé à minuit moins une, gracieuseté de la Coalition régionale de la campagne 5-10-15.

« Dormez-vous sur la “switch”? Réveillez-vous! », adressent Manon Brunelle d’Illusion-Emploi de l’Estrie, Line Marcoux de la Table d’action contre l’appauvrissement de l’Estrie et Denis Beaudin de la CSN, aux élus.

Rappelons que la campagne 5-10-15 vise à « connaître son horaire 5 jours à l’avance, bénéficier de 10 jours de congé payé pour cause de maladie ou de responsabilités familiales et de [fixer] un salaire minimum de 15 $ l’heure. »

En date du 24 janvier, le gouvernement n’a pas encore annoncé quelle sera la hausse du salaire minimum, qui entre habituellement en vigueur le premier mai. « Habituellement, le ministre de l’Emploi annonce au mois de décembre la hausse du salaire minimum. Au mois de décembre, on a envoyé une lettre d’opinion au ministre Boulay à savoir quelle serait la hausse et nous n’avons pas reçu de réponse. On s’est dit que le temps avance et qu’il faudrait les réveiller. On a laissé le temps à la CAQ d’arriver et aux députés de s’approprier les dossiers. On veut leur lancer un message humoristique », déplore Mme Brunelle.

« Les personnes qui ont un salaire en bas de 15 $ de l’heure ne peuvent pas sortir de la pauvreté, poursuit Line Marcoux. Il faudrait qu’ils se réveillent, qu’ils commencent à s’engager à lutter contre la pauvreté en donnant des salaires raisonnables, donc 15 $ de l’heure. »

À Sherbrooke, Christine Labrie de Québec solidaire défend régulièrement cette lutte. « Québec Solidaire a toujours été pour l’augmentation du salaire à 15 $ de l’heure, donc Christine Labrie va probablement être d’accord. Si on regarde du côté de la lutte à la pauvreté, on attend. On n’entend parler de rien de la part du gouvernement. C’est pour ça qu’on veut un peu les réveiller », affirme Mme Marcoux.

Changement drastique peu probable

Si les intervenants de la lutte à la pauvreté souhaitent ardemment la hausse du salaire minimum dans les délais les plus brefs, ils sont tout de même conscients que la hausse de 3 $ de l’heure est peu probable. « Derrière cette volonté de relancer le milieu politique, personne ne croit à un gain systématique de 3 $ en une seule augmentation. Mais comme d’autres provinces l’ont fait, on peut se donner un objectif et dire qu’on va atteindre le salaire minimum dans un tel nombre d’années. On parle beaucoup du salaire moyen comme base et si l’on se fit à ça pour augmenter le salaire horaire, on va y arriver en 2030. Rendu là, ce n’est plus 15 $ de l’heure que ça va prendre. On traine de la patte. On parle d’une pénurie de main-d’œuvre. L’un des incitatifs pour faire en sorte que des gens occupent des emplois, il faut que les salaires soient plus élevés », martèle la coordonnatrice d’Illusion-Emploi de l’Estrie.

Est-ce que les petits commerces pourraient survivre en payant leurs employés au minimum 15 $ de l’heure? « Si on est capable de donner des cadeaux à des entreprises sur des tarifs sur l’électricité ou si on est capable de subventionner Bombardier à la hauteur de 1,4 milliard de dollars pour sauvegarder des emplois, on doit être capables d’aider les petits commerçants avec une aide aux entreprises ou un crédit d’impôt. Le transit est possible si le gouvernement est de bonne foi », résume Mme Marcoux.

D’autres actions « aussi loufoques, mais peut-être plus ludiques » reviendront dans les prochaines semaines.