Cette remorque de l’entreprise Graphic Packaging d’East Angus a été garée sur la route 112 à l’entrée de la ville pendant plusieurs semaines. En ce moment, elle est près de l’usine.

S’afficher sur une... semi-remorque

Alors que la pénurie de main-d’œuvre frappe dans plusieurs secteurs d’activités, les entreprises doivent rivaliser d’imagination pour recruter des travailleurs. Coup d’œil sur quelques initiatives locales.

Quoi de mieux qu’une enseigne géante pour se faire remarquer? C’est la stratégie qu’a adoptée l’entreprise Graphic Packaging d’East Angus pour combattre la pénurie de main-d’œuvre.

L’entreprise, qui fabrique du carton plat à partir de fibres recyclées pour les différents marchés de l’alimentation, des boissons et des produits de consommation, a apposé une banderole géante « Nous embauchons » sur une semi-remorque. Cette dernière se déplace à des endroits stratégiques à East Angus.

« Il faut trouver des moyens novateurs pour essayer d’avoir de la main-d’œuvre et pour que les gens soient au courant qu’on recherche des employés, explique Katherine Lemire, directrice des ressources humaines. On pense réussir à toucher plus de gens qu’en ayant une affiche sur notre bâtisse parce qu’il y a des gens qui ne passent jamais près de l’usine. »

Jusque là plutôt épargné par le manque de main-d’œuvre, Graphic Packaging a frappé un mur au début de l’été.

« Dans le marché des pâtes et papier, ce sont des industries avec de bonnes conditions, mais cette année, il y a eu des employés qui ont quitté et on n’avait pas de CV, admet Mme Lemire. C’était une première. On s’est dit qu’il fallait trouver d’autres moyens. Si on ne fait rien, ça va juste empirer. »

« Il y a des gens à Sherbrooke qui ne savent pas qu’East Angus existe ou pensent que c’est super loin alors que c’est à 15 minutes, ajoute-t-elle. Souvent les gens pensent qu’on est fermé ou que c’est Cascades. C’est probablement pour ça qu’on a commencé à manquer de CV. »

La remorque a été garée sur la route 112 à l’entrée de la ville pendant plusieurs semaines. En ce moment, elle est près de l’usine.

« On la déplace environ aux trois semaines ou chaque mois. On la promène dans le coin d’East Angus, mais un moment donné on va avoir saturé l’endroit. On va avoir besoin de l’amener ailleurs, peut-être à Sherbrooke. »

Et force est de constater que la stratégie semble payer.

« On a reçu plusieurs CV à la suite de ça. Je ne sais pas si c’est que ça, car on a fait plusieurs actions en même temps. Mais il y a des gens qui me l’écrivaient qu’ils avaient vu la remorque ».

L’usine de East Angus de Graphic Packaging International emploie près de 115 personnes.

Elle cherche à combler plusieurs types de postes dont mécanicien, électricien, opérateur de la centrale thermique, opérateur de production ainsi que des postes de bureau.

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La pénurie de main-d’œuvre frappe tout le monde et les commerces de restauration rapide n’y échappent pas, au contraire.

La recette de McDonald’s

Des affiches dans les fenêtres de restaurants McDonald’s de la région ont fait sourciller bien des Sherbrookois dans les dernières semaines. On peut y lire « Ici, nous embauchons selon vos disponibilités ».

La pénurie de main-d’œuvre frappe tout le monde et les commerces de restauration rapide n’y échappent pas, au contraire. Les employés ont souvent le gros bout du bâton lorsque vient le temps de négocier les conditions de travail.

Or dans les restaurants Mcdonald’s, cette façon de faire existe depuis longtemps.

« C’est un principe de Mcdonald’s qui existe depuis toujours, indique Katia Cyr, directrice des communications pour les restaurants de Lennoxville, Rock Forest, Saint-Élie, King Ouest et celui du Wal-Mart. Quand on embauche une personne, c’est vraiment selon sa disponibilité. On va regarder les quarts de travail où nous avons des besoins et selon les heures que le jeune peut nous offrir. »

Est-ce que les jeunes qui ne veulent pas travailler la fin de semaine ni de soir, peuvent se faire embaucher?

« Les gens qui veulent être engagés en restauration savent très bien que ce sont des horaires atypiques et les gens qui se présentent en sont conscients habituellement, mais on a des gens parfois qui peuvent faire seulement 5 h dans la semaine. », précise Katia Cyr. 

Mme Cyr explique aussi qu’un jeune qui n’est pas disponible de nuit par exemple peut être transféré dans un Mcdonald’s qui n’est pas ouvert 24 h.

Les cinq restaurants que représente Katia Cyr emploient 350 employés.

« Très chanceux »

Mme Cyr estime aussi que les restaurants Mcdonald’s de Sherbrooke s’en sortent plutôt bien face à la pénurie de main-d’œuvre.

« Je nous considère très chanceux, il ne faut pas oublier qu’on est une ville avec deux universités et trois cégeps, souligne-t-elle. On a beaucoup de jeunes qui viennent étudier à Sherbrooke. »

Plusieurs restaurants dont Saint-Élie, King Ouest et Lennoxville sont ouverts 24 h, une réalité qui ne risque pas de changer selon Mme Cyr.

« Notre défi est plus de trouver des temps pleins de jour, admet-elle. C’est normal. Il y a beaucoup de gens qui embauchent dans la région et ils viennent chercher nos employés, c’est tout à leur honneur. Pour nos restaurants on n’a aucune difficulté à trouver des employés à temps partiel. On ne se le cachera pas c’est souvent un premier emploi. Notre main-d’œuvre est composée au deux tiers d’étudiants et de temps partiels. »

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Un Tim Hortons contraint de fermer à... 14 h

Si les restaurants de Sherbrooke peuvent au moins compter sur un roulement important d’étudiants avec les universités et les cégeps sur le territoire, la situation se complique lors du retour à l’école. Le Tim Hortons de Saint-Denis-de-Brompton situé sur la route 222, par exemple, a dû réduire ses heures d’ouverture et ferme même aussi tôt que 14 h du lundi au mercredi. La fin de semaine, le commerce ferme à 22 h. Ces heures concernent également le service à l’auto. Les portes ouvrent à 5 h le matin. « Avec la rentrée des classes de plusieurs de nos employés, nous éprouvons temporairement une pénurie de main-d’œuvre que nous nous efforçons de solutionner le plus rapidement possible », peut-on lire sur un message affiché au commerce. « Soyez assurés que d’ici là, nous ferons tout pour vous donner le meilleur service possible », conclut-on.