Commerce Sherbrooke accueille favorablement l’intention de la Ville de Sherbrooke d’interdire les sacs de plastique à usage unique, mais tentera de savoir auprès de ses membres comment cette politique pourra s’appliquer concrètement.

Sacs de plastique: Commerce Sherbrooke sondera les gens d'affaires

Commerce Sherbrooke voit d’un bon œil l’intention d’interdire les sacs de plastique à usage unique sur le territoire de la Ville de Sherbrooke. Reste à voir comment cette politique pourra s’appliquer concrètement.

« Il n’y a aucun obstacle au niveau du principe, estime le directeur général de l’organisme, Charles-Olivier Mercier. Je pense que ça fait consensus même chez les commerçants. L’idée n’est pas de dire qu’est-ce qu’on fait, mais comment on le fait.

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« Ce qui a été évoqué, continue-t-il, c’est de rencontrer un assez grand nombre de commerçants qui devront composer avec cet enjeu, pour les écouter, pour comprendre leurs contraintes, et aussi pour discuter des différentes alternatives aux sacs de plastique. Il y a plusieurs aspects dans ce dossier-là qu’il faut prendre en compte avant d’adopter tout bêtement une règlementation et comme dans toute règlementation, il y aura une forme de consultation et de concertation pour tenir compte de la réalité. »

Rappelons qu’à la séance du conseil municipal mardi, la Ville de Sherbrooke a fait part de son intention d’interdire les sacs de plastique à usage unique dans les commerces de détail. Elle vise une entrée en vigueur en 2020.

La Ville s’inspire de la MRC du Val-Saint-François, qui doit annoncer le 27 mai les détails de sa règlementation qui entrera en vigueur le 1er janvier 2020, et de la Ville de Brossard entre autres.

Pour Charles-Olivier Mercier, il ne fait aucun doute que la société est rendue là.

L’organisme qu’il dirige tiendra donc une série de rencontres avec les commerçants au cours des prochaines semaines dans le but d’influencer, s’il y a lieu, la règlementation à venir.

Se gardant bien de parler au nom des commerçants, M. Mercier entrevoit néanmoins des particularités à prendre en compte.

Mesures de transition

Pour les achats plus spontanés, par exemple, dans les commerces où les clients n’ont pas l’habitude d’apporter leurs sacs réutilisables, que peut-on prévoir comme mesure de transition pour ne pas nuire aux commerçants?

Est-ce qu’on pourrait aussi envisager un certain étapisme dans l’application de la mesure? Par exemple en haussant déjà le prix des sacs en plastique à un niveau assez dissuasif pour que le consommateur trouve un intérêt à trimballer ses propres sacs?

« Je ne suis pas en mesure de soulever moi-même les questionnements qui émergeront des rencontres avec les commerçants. C’est en les questionnant qu’on en saura plus. On pourra peut-être alors aiguiller la Ville et peut-être pas non plus. »

Les rencontres de Commerce Sherbrooke doivent également servir à réfléchir à la seconde étape qui attend les Sherbrookois.

« Car le projet à terme c’est d’aller plus loin. C’est d’éviter l’emploi de toute matière à usage unique comme les pailles, les ustensiles, les assiettes et la liste est longue. On n’a pas idée à quel point, à travers les années, on a incorporé dans nos pratiques commerciales des petits objets qui se retrouvent ensuite au dépotoir ou plus tristement dans la nature. » 

Selon le projet déposé mardi soir, les sacs interdits à Sherbrooke seraient les sacs d’emplettes en plastique de 0,1 mm et moins d’épaisseur, les sacs oxodégradables, les sacs biodégradables et les sacs compostables. Ce règlement en particulier n’encadrerait pas les sacs contenant du matériel publicitaire, ceux utilisés pour un médicament liquide délivré au comptoir d’une pharmacie ou ceux utilisés exclusivement pour transporter des aliments jusqu’à la caisse d’un commerce. Des dispositions futures pourraient toutefois être applicables.

Les boîtes de sacs en vente libre pour les activités résidentielles ou institutionnelles ne sont pas visées par le règlement.