Stéphane Loré, propriétaire du restaurant Lo Ré, déplorent que la rue Wellington est mise plus en valeur que les autres zones du centre-ville.
Stéphane Loré, propriétaire du restaurant Lo Ré, déplorent que la rue Wellington est mise plus en valeur que les autres zones du centre-ville.

Rue Wellington : la chouchoute du centre-ville? 

Sherbrooke — Certains commerçants du centre-ville trouvent que la rue Wellington est davantage mise en valeur que les autres zones du centre-ville, notamment avec l’implantation de l’oasis urbaine et les multiples activités et festivals qui s’y déroulent. 

C’est le cas de Stéphane Lo Ré, propriétaire du restaurant Lo Ré situé au 17 de la rue Peel. Celui-ci a partagé son insatisfaction samedi sur les réseaux sociaux. 

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« Sans que je ne jalouse les commerces de la Well, l’oasis urbaine est la petite goutte qui m’interpelle, car j’aimerais qu’une personne m’explique la différence entre le Centro et la Well. Effectivement, depuis plusieurs années, toutes les activités ont atterri sur la Well. […] Or nous payons les mêmes cotisations à plusieurs organismes pour des animations du Centro et nous sommes plusieurs à ne pas recevoir les mêmes services ou attentions et à se poser des questions », peut-on lire dans son statut Facebook. 

Notons que le centre-ville de Sherbrooke forme un quadrilatère avec les rues Belvédère Sud, Galt Ouest, Grandes Fourches Sud et De Montréal. 

Farnaz Abbassi, propriétaire du restaurant iranien Persepolis situé sur King Ouest, abonde dans le même sens. « On se trouve isolé, et on n’a pas l’impression d’être pris en considération », soutient-elle.

Mme Abbassi aimerait que les commerçants près du lac des Nations et de la rue Belvédère puissent bénéficier d’un projet similaire à l’oasis urbaine. « Sans que ça coûte aussi cher, des installations temporaires nous aideraient beaucoup », croit la propriétaire.

Stéphane Loré a fait deux suggestions à la Ville, qui n’ont toutefois pas été acceptées. Il aimerait que d’autres rues que la Wellington soient piétonnes, et tenir un vide-grenier hebdomadaire au centre-ville.  

Plusieurs commerçants aimeraient que d'autres portions du centre-ville profitent elles aussi d'un investissement de la Ville.

La Ville à l’écoute

 « Je comprends son message. Ce sont de bonnes idées et on les garde toutes en note. On voudrait pouvoir tout faire, mais on ne peut pas faire des investissements partout en même temps », indique Annie Godbout, conseillère municipale du district de Rock Forest.

« Cette année, on s’est dit qu’on faisait un projet-pilote sur la rue Wellington, mais ça ne veut pas dire qu’on ne fera pas d’autres projets une autre année », poursuit-elle. 

Le projet vide-grenier de M. Loré n’est pas l’idéal en temps de pandémie, avoue Chantal L’Espérance, conseillère municipale du district du Lac-des-Nations, même que la tournée des ventes-débarras est d’ailleurs annulée cette année à cause de la COVID-19.

« On est en mode aide et ouverture, car on sait que les commerçants du centre-ville vivent des moments difficiles, et on n’a pas fermé la communication avec lui », indique Mme L’Espérance, invitant M. Loré à proposer d’autres avenues recevables en temps de pandémie.

Steve Lussier affirme que la Ville a mis beaucoup d’efforts jusqu’à maintenant pour revitaliser le centre-ville, et ça continue. « On va continuer d’être à l’écoute des commerçants, qui de mieux qu’eux pour nous aider à faire évoluer les dossiers », déclare le maire de Sherbrooke, précisant que l’idée de Stéphane Loré sera rediscutée en août lors du prochain comité exécutif. 

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La Ville veut animer les espaces publics

Notons que pour aider les commerçants de Sherbrooke, le conseil municipal a autorisé l’assouplissement de certaines règles concernant l’aménagement extérieur, comme l’agrandissement des terrasses et l’instauration d’un service à l’auto, et instauré notamment les programmes Ici Centro et La brise culturelle pour dynamiser la ville de Sherbrooke et soutenir ses commerçants.