Route 112 à Ascot Corner: «Toutes les options étudiées», dit le MTQ

Ni l’installation de feux de circulation ni l’aménagement d’une voie de virage à gauche n’est justifié à l’intersection du chemin Paul et de la route 112 à Ascot Corner.

Au lieu de se pencher spécifiquement sur cette intersection, une vaste étude sur la portion s’étendant du village d’Ascot Corner jusqu’à l’intersection de la route 214 à East Angus sera réalisée par le MTQ. Les conclusions devraient être connues en 2020.

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« Toutes les options seront étudiées. C’est la direction de l’expertise en conception routière du ministère qui mènera cette étude », signale la porte-parole du MTQ en Estrie, Dominique Gosselin.

Une rencontre avait été planifiée avec les élus d’Ascot Corner le 11 septembre, bien avant l’accident mortel qui a coûté la vie à deux jeunes hommes dans la vingtaine en début de semaine.

À la demande du conseiller d’Ascot Corner Éric Mageau, responsable du comité voirie et transport, les attachés politiques du ministre des Transports, François Bonnardel, et du député de Mégantic, François Jacques, devraient être présents.

Entre 2013 et 2018, trois accidents mortels sont survenus sur la route 112 entre l’autoroute 610 à Sherbrooke et la route 214 à East Angus.

En tout, 51 accidents, dont 20 avec des dommages matériels majeurs ont été compilés.

« Mais on dirait que ce n’est pas toujours pas assez pour le MTQ, s’indigne le conseiller Éric Mageau. Ça va en prendre combien de morts avant qu’il accepte de s’occuper de ce tronçon? J’aimerais savoir comment ils vont expliquer aux sept victimes du dernier accident et à leur famille, qui vont vivre avec des séquelles et des traumatismes pour le reste de leur vie, que ce n’est toujours pas ‘‘assez’’ selon leur chiffre pour qu’il fasse quelque chose. »

ÉTUDE DE 2014

Dans une étude de sécurité réalisée en 2014, à la demande de la municipalité, le ministère des Transports du Québec concluait que l’intersection de la route 112 et du chemin Paul ne présentait pas un risque élevé d’accident.

Le MTQ avait cependant procédé en 2016 à l’installation de feux clignotants à l’intersection du chemin Paul pour la rendre plus visible.

En 2018, la Sûreté du Québec annonçait d’ailleurs qu’elle intensifierait ses opérations sur cette route puisqu’il s’agissait « d’un axe routier où un important volume d’usagers circule quotidiennement et où le nombre de collisions évitables recensées est plus significatif qu’ailleurs dans la MRC du Haut-Saint-François. »

À la suite du dépôt d’une pétition à l’Assemblée nationale par le député François Jacques, en février 2019, le MTQ a effectué une analyse complémentaire l’été dernier.

L’option d’aménagement d’une voie de virage à gauche ou d’évitement avait été rejetée parce qu’elle « risquerait d’être utilisée comme voie de dépassement, ce qui augmenterait le risque de collisions pour les usagers ».

Selon l’étude, le risque était augmenté particulièrement pour ceux en provenance du chemin Paul tentant de s’insérer sur la route 112.

L’option du feu de circulation a aussi été rejetée parce que le débit de circulation ne le justifie pas. Le débit de circulation quotidien provenant du chemin Paul est de 440 véhicules par jour, alors qu’il est de 14 500 véhicules par jour sur la route 112.

L’augmentation du risque de collisions arrière et la détérioration de la fluidité de la circulation avaient été soulevées.

L’ajout d’une ligne d’arrêt sur le chemin Paul a récemment été recommandé à la municipalité.

La partie granulaire de l’accotement de droite en direction de Sherbrooke avait été pavée pour faciliter l’évitement ou le contournement d’une voiture effectuant une manœuvre de virage à gauche sur le chemin Paul.

« Ça en prend combien de véhicules pour que le MTQ juge le débit de circulation assez élevé pour intervenir? C’est quoi le chiffre magique pour eux? J’aimerais ça le savoir. La 112 c’est une route avec énormément de véhicules, des résidences des deux côtés, des autobus scolaires qui font des arrêts, des écoliers sur le bord de la route, du camionnage et ça roule 100-110 km/h et même plus vite. En plus les chiffres qu’il utilise datent de 2017. Il y a aujourd’hui 18 000 véhicules par jour sur cette route, mais semble-t-il que ce n’est pas suffisant pour justifier de prendre en main la sécurité de tous ceux qui empruntent cette route », s’insurge M. Mageau. 

« Je ne suis pas venu en politique pour me faire des amis et j’ai bien l’intention de m’occuper de la sécurité sur la 112 même si je dois défoncer quelques portes pour me faire entendre », promet le conseiller qui, en 2010, à titre de citoyen, a obtenu du MTQ l’ajout d’une voie pour le virage à gauche sur une portion de la 112. Avec Chloé Cotnoir