Tout comme Pierre Tardif, Annie Godbout et Hélène Dauphinais, Jean-François Rouleau a voté contre le budget.

Rouleau: «On a choisi le moindre effort»

Un gel de taxes aurait-il été possible en 2017? Les quatre élus ayant voté contre le budget le pensent. Le président du comité exécutif, Serge Paquin, estime qu'une telle mesure aurait entraîné une réduction des services
Jean-François Rouleau suggérait le gel. « Rien ne justifie une hausse de taxes. On a choisi le moindre effort en imposant une hausse de taxes pour une huitième année consécutive, ce qui représente trois fois l'inflation. Qu'en est-il de l'engagement du Renouveau de maintenir l'augmentation sous l'inflation? En 2016, nous avons imposé une augmentation de 2 % pour l'asphalte. Nous savons maintenant que cette somme a été détournée vers un projet secret du maire, Well inc., qui s'annonce déjà comme un désastre financier. »
Pierre Tardif plaidait dans le même sens. « Je suis contre le budget. Ce n'est pas tant à cause des chiffres et des colonnes, mais pour le fait que tout le monde a les mains dans le plat de bonbons, sauf les contribuables, et on leur demande de payer les bonbons. Comment peut-on parler d'optimisation quand le budget des organismes paramunicipaux augmente sans cesse, quand on paye un directeur à l'aéroport 80 000 $ et qu'on renouvelle le contrat d'un consultant alors qu'on sait que le projet vivote? »
Annie Godbout
Annie Godbout fournissait des arguments semblables. « Je suis profondément convaincue que nous aurions pu offrir un répit aux contribuables avec un gel de taxes. Le lac-à-l'épaule pour préparer le budget ne permet que des changements mineurs. C'est un exercice purement cosmétique. La hausse de taxes est injustifiée et est liée à un manque flagrant de volonté politique. »
Hélène Dauphinais, comme économiste, ne recommanderait pas souvent un gel de taxes, mais l'aurait défendu cette année. « À quand un parti pris pour le citoyen? Nous avons imposé une taxe sur l'asphalte l'an dernier, mais en fin d'année, quand Well inc. a surgi, on a trouvé 4 M$. On aurait donc pu trouver 3 M$ pour faire de l'asphalte. C'est un bon exemple qui montre que le citoyen passe souvent en dernier. Notre devise, c'est : Rien de trop. Peut-être devrions-nous demander aux graffiteurs de l'écrire sur le mur pour que nous nous en rappelions. »
Le président du comité exécutif, Serge Paquin, avait une réponse pour ces élus. « Oui, un gel de taxes aurait été possible, mais je suis convaincu que le service aux citoyens aurait été affecté. En ce qui concerne la taxe sur l'asphalte, si nous l'avions pris dans les surplus accumulés, cette somme ne serait pas récurrente cette année. » 
Pour Chantal L'Espérance, un gel de taxes n'aurait été rien de plus que de l'opportunisme politique. « Avec les investissements dans les caisses de retraite, l'augmentation des salaires, les pertes de revenus d'Hydro-Sherbrooke, comment peut-on prétendre pouvoir donner un gel de taxes? Si nous limitons l'augmentation à 1,44 %, c'est parce que nous avons vu venir le coup depuis plusieurs années. »
D'autres élus ont vanté en partie les choix budgétaires du conseil. « C'est un budget responsable », a dit Robert Pouliot.
« Je trouve ce budget audacieux, responsable et visionnaire. On s'est donné une vision non pas pour la prochaine élection, mais pour la prochaine génération », a rapporté Louisda Brochu.
« Ce qui importe, c'est que le citoyen en ait pour son argent. Il n'y a pas dans ce budget de dépenses somptuaires », avançait Diane Délisle. 
« C'est une lourde responsabilité que nous portons de décider de l'augmentation des taxes. J'ai moi-même reçu une pétition de citoyens qui souhaitaient qu'on leur donne de l'air. L'augmentation que nous prévoyons est plus que raisonnable et respecte la capacité de payer des contribuables », indiquait Rémi Demers.
Danielle Berthold a voté pour le budget avec une réserve. « En ce qui concerne le circuit des murales, j'ai enregistré ma dissidence pour la réalisation d'une nouvelle murale. J'aurais souhaité qu'on ajoute la somme aux 500 000 $ consacrés à l'animation des murales. » Une opinion partagée par Diane Délisle.
Vincent Boutin a salué les premiers jalons d'une piste cyclable sur la 12e Avenue. 
Julien Lachance a prévenu contre un éparpillement dans les investissements liés au développement économique.
Enfin, Nicole Bergeron s'est dit préoccupée que la Ville n'arrive pas à contrôler davantage sa masse salariale.