Une cinquantaine de citoyens ont pris part mercredi soir à une séance d’information visant à leur expliquer pourquoi les panneaux d’arrêt doivent être retirés à l’intersection des rues Bertrand-Fabi et Charny, dans le secteur Rock Forest.

Rock Forest: sursis pour deux panneaux d’arrêt

Les citoyens du quartier de la rue Charny dans le secteur Rock Forest ont obtenu un sursis pour les deux panneaux d’arrêt sur Bertrand-Fabi qui leur permettent de s’insérer plus facilement dans la circulation de plus en plus dense de cette artère, mais qui sont non justifiés selon les critères du ministère des Transports du Québec.

Convoqués en séance d’information par la Ville de Sherbrooke mercredi soir, pour prendre connaissance d’une étude de circulation qui recommande le retrait des arrêts, ils ont obtenu l’engagement que des interventions pour assurer la sécurité seront réalisées avant que les panneaux soient enlevés.

Si cela ne fonctionne pas, toutefois, la Ville pourrait interdire l’accès à Bertrand-Fabi à partir de Charny, a-t-on annoncé.

« On a convenu qu’on allait regarder pour ajouter des éléments de transport actif avant d’enlever le stop. Initialement c’était l’été prochain, mais avec les discussions qu’on a eues (ce soir) on va prendre un an de plus peut-être, ou deux, dépendamment de nos infrastructures à cet endroit-là et de quand on va faire nos aménagements sur ce tronçon-là », a résumé la directrice du service des infrastructures urbaines à la Ville, Caroline Gravel.

« On a compris qu’il va être enlevé le stop, c’est sûr, mais pas avant l’été prochain. S’ils nous disent qu’on va pouvoir sortir (s’engager sur Bertrand-Fabi) et que ça va être sécuritaire, c’est tout ce que je veux », a réagi le citoyen Alain Breton à l’issue de la rencontre.

Résident de la rue Charny, M. Breton a fait plusieurs démarches pour que les panneaux d’arrêt soient maintenus. Il s’est même rendu devant le conseil municipal pour se faire entendre, souligne-t-il.

En septembre, la Ville a tenté de retirer les arrêts, mais les a remis en place au bout d’une journée devant le mécontentement.

La rencontre de mercredi a réuni pas moins d’une cinquantaine de citoyens. Pendant deux heures, ils ont questionné l’étude de circulation du service d’ingénierie de la Ville, faisant valoir que leur réalité aux heures de pointe est bien différente que ce que les mesures techniques laissent voir.

Les interventions de la Ville dans ce secteur sont rendues nécessaires par le développement domiciliaire. On prévoit que le nombre d’unités d’habitations va doubler à moyen terme.

Trottoir et déneigement

Pour assurer la fluidité de la circulation aux heures de pointe, la Ville a identifié plusieurs interventions dont le réaménagement de l’intersection Bertrand-Fabi-Bourque-King Ouest-Léger et la mise en place d’un feu de circulation à l’intersection Bertrand-Fabi-boulevard des Vétérans ont été réalisés cet été.

Dans la même perspective, le plan prévoit le retrait des arrêts de l’intersection Bertrand-Fabi-Charny, qui sont non justifiés selon les critères du MTQ. Vu le problème de visibilité à cet endroit, la Ville précise qu’elle a déplacé les arrêts, abaissé un talus et coupé une haie de cèdres problématique.

Elle s’engage maintenant à aménager une traverse pour piéton et à faire déplacer l’arrêt d’autobus de la Société de transport de Sherbrooke sur Bertrand-Fabi entre les rues Charny et Mills, ainsi qu’à créer un lien piétonnier avec trottoir pour relier les deux quartiers.

En réalisant cet aménagement à même l’emprise de la rue, ce qui diminue la largeur des voies de circulation, la directrice des infrastructures a expliqué que cela aura aussi pour effet de faire ralentir les automobilistes.

La Ville s’est par ailleurs engagée à faire un suivi serré des conditions de déneigement cet hiver puisque cela peut également avoir un impact sur la sécurité des automobilistes et des piétons.

Si tout cela ne donne pas les résultats escomptés, la directrice des infrastructures a expliqué aux citoyens qu’on allait interdire l’accès à Bertrand-Fabi à partir de la rue Charny, forçant les automobilistes à un détour de 500 mètres vers la rue Charlemagne.

« Si on n’est pas fins, on va nous punir! » s’est insurgée une citoyenne qui ne s’est pas identifiée.

« On ne veut pas se rendre à cette situation drastique, a réagi la conseillère du district, Annie Godbout, alors si on peut étirer le plus possible cette action potentielle, il faut regarder ça comme il faut. C’est pour ça que j’ai demandé un moratoire (sur le retrait des panneaux d’arrêt) pour prendre le temps de bien faire les choses. »