Dans le contrat conclu en 2015, le producteur doit contribuer pour une somme de 900 000 $ à la construction du toit de la place Nikitotek, à raison de 90 000 $ par année.

Robert Doré doit 95 000 $ à la Ville de Sherbrooke

Le producteur de Québec Issime n’a pas effectué son paiement annuel pour le toit du théâtre de la scène Nikitotek en 2018. Son compte en souffrance s’élevait à 95 651,50 $ jeudi.

Selon les informations obtenues de la Ville de Sherbrooke, Robert Doré devait rembourser 90 000 $ avant le 31 décembre 2018, comme il le fait chaque année pour le toit du théâtre. À cette somme s’ajoutent les intérêts pour défaut de paiement. La Ville doit d’ailleurs lancer des procédures judiciaires pour recouvrer les sommes dues. Les élus auraient été informés de la situation lors de la dernière séance de travail à huis clos.

Dans le contrat conclu en 2015 liant la Ville de Sherbrooke et Québec Issime, le producteur doit contribuer pour une somme de 900 000 $ à la construction du toit en versant 90 000 $ par année pendant dix ans. La Ville s’engage pour sa part à défrayer les coûts relatifs à une campagne promotionnelle régionale et nationale d’une valeur minimale de 150 000 $. S’ajoutent les coûts de mise en activités du théâtre qui servent aussi aux autres spectacles présentés sur cette scène chaque été.

Entre-temps, la Ville avait puisé les 900 000 $ à même son fonds de roulement. 

Robert Doré a refusé de commenter la situation. 

La présidente de Destination Sherbrooke, Annie Godbout, n’a pas voulu commenter non plus, comme le directeur général de l’organisation, Denis Bernier. Ce dernier soutient néanmoins que M. Doré a déjà versé au moins 270 000 $ pour payer le toit depuis le début de l’entente. 

« Pas de pilote dans l’avion »

Julien Lachance, lui, souhaiterait éviter de mélanger l’avenir du théâtre et les liens financiers avec le producteur. « Pour la scène, je prendrais la décision la meilleure pour la ville. D’après moi, elle doit rester au centre-ville, à moins qu’on me propose un autre produit d’appel équivalent. »

Évelyne Beaudin ne veut pas mélanger les dossiers non plus, mais estime que le défaut de paiement est une information pertinente pour les élus. « J’ai l’impression qu’il y a un tri de l’information qu’on nous transmet. Si j’étais dans la position de M. Doré, je trouverais que la Ville a mis beaucoup de temps à s’attarder à son dossier. On sait depuis longtemps qu’on doit déplacer la scène. Tout ce qu’on voit relève du fait qu’il n’y a pas de pilote dans l’avion pour le développement du secteur Grandes-Fourches. On ne sait pas où est la vision. »

Pierre Tremblay, lui, estime que le dossier ne doit pas se régler sur la place publique et se dit surpris des commentaires de Robert Doré sur les différents scénarios évoqués pour le déplacement du théâtre. « M. Doré dit que la Ville devra lui parler, mais lui aussi devra nous parler, parce qu’il nous doit de l’argent. Il est grand temps que les parties concernées se parlent. Personnellement, je pense que la carte de crédit des Sherbrookois est pleine et qu’ils ne disposent pas de 3 M$ pour déménager la place Nikitotek. Nous avons d’autres priorités avec Well Sud, les Grandes-Fourches et pour rendre nos rues carrossables. La place Nikitotek est un projet qui n’a jamais fait l’unanimité et la prochaine décision ne fera pas l’unanimité non plus. »

Choqué par la sortie de Robert Doré jeudi, Pierre Tremblay n’a pas assisté à la première de Starmania en soirée. 

Le maire Steve Lussier, en vacances, n’était pas disponible pour commenter.

Destination Sherbrooke a réparé le toit de Nikitotek

Destination Sherbrooke a procédé vendredi à des réparations sur le toit du théâtre de la place Nikitotek. L’entrepreneur ayant construit l’infrastructure a entre autres été mis à profit pour procéder à l’installation d’une membrane qui assurera l’étanchéité des joints de la toiture.

Lors de la première de Starmania, jeudi soir, le spectacle a été retardé après l’entracte en raison d’une fuite importante du toit. Certains spectateurs ont dû changer de siège même si la production leur avait distribué des imperméables. Le toit avait connu des problèmes semblables l’année dernière et Destination Sherbrooke croyait qu’ils avaient été réglés.

« En fin de saison, nous avions connu des problèmes d’étanchéité. Nous étions montés sur la structure pour faire des interventions et nous avions lancé un appel d’offres au printemps pour trouver une solution permanente. Visiblement, le problème n’est pas solutionné à 100 % », commente Denis Bernier, directeur général de Destination Sherbrooke.

« La situation vécue jeudi est très désagréable. Il est vrai que la pluie était abondante et qu’il y avait des vents violents, mais peu importe, le but d’un toit est de protéger les spectateurs. Nous nous excusons auprès des spectateurs et de la production. Notre priorité est de trouver une solution. Le toit en est à sa cinquième année. Nous sommes en communication avec l’entrepreneur qui l’a construit et avec celui qui a fait les réparations au printemps. Nous sommes sur le dossier intensément. Ce qui est important, c’est qu’on règle le problème. C’est anormal de vivre une situation comme celle de jeudi. »

Denis Bernier considère que la Ville et les entrepreneurs sont imputables. « On ne se défilera pas. »

Selon lui, il ne s’agirait pas d’un problème de conception. « C’est une infrastructure qui est montable et démontable. Le toit a été fabriqué avec ce mandat. Ça amène des défis additionnels. Peut-être que des joints d’étanchéité se sont affaiblis. »

Les réparations sont aux frais de la Ville. « L’entente avec le producteur, c’était qu’il paye pour la construction du toit. Pour le reste, nous assumons cette responsabilité. 

Nous savons que la situation n’est pas optimale, autant pour la Ville, les promoteurs que le producteur. »

Le producteur de Québec Issime, Robert Doré, n’a pas souhaité commenter.