Le promoteur Robert Côté est prêt à lancer la phase 2 de son projet résidentiel de prestige sur la rue du Pacifique, entre les rues Claire-Jolicoeur et de Dieppe.

Robert Côté revient à la charge avec un immeuble de 17 étages

Dix ans après que son projet a été rejeté unanimement par les élus sherbrookois, le promoteur Robert Côté revient à la charge pour construire un immeuble résidentiel de 17 étages sur la rue du Pacifique, non loin du lac des Nations.

La nouvelle mouture du projet de 196 unités de logement a été présentée au maire Steve Lussier en juin dernier, explique M. Côté, et aurait obtenu de bons commentaires, selon lui. 

Le promoteur s’impatiente maintenant de voir que rien n’a bougé depuis un an et qu’il n’a toujours pas les autorisations pour construire.

« Ça va faire un an que j’attends. J’ai une trentaine d’unités déjà réservées. Et pendant que j’attends, fait-il valoir, la Ville perd 1000 $ de taxes municipales par jour. »

Les efforts de M. Côté pour développer ses quelque 20 000 m2 de terrain bordé par les rues Claire-Jolicoeur, du Pacifique et de Dieppe, dans l’Ouest de la ville, en contrebas du Château Bellevue, ont fait couler beaucoup d’encre depuis des années puisque le zonage dans ce secteur n’autorisait que les bâtiments d’un maximum de six étages.

De guerre lasse en 2015, le promoteur a érigé un premier immeuble de 80 unités sur six étages en acceptant que la phase 2 de son projet se déploie sur neuf étages, suivant une décision du conseil municipal de l’époque.

Aujourd’hui, il assure qu’il n’a jamais été question de s’en tenir à neuf étages. « Je n’ai jamais changé d’idée [NDLR pour 17 étages], mais si je n’avais pas accepté les neuf étages, je n’aurais jamais pu construire la phase 1 », s’insurge-t-il.

La phase 2 de son projet, baptisé Le Bonaparte pour faire un clin d’œil aux Appartements Le Napoléon qu’il a construit dans le Nord de la ville, se veut un immeuble de prestige avec quatre ascenseurs vitrés, une piscine sur le toit, 200 espaces de stationnement sous-terrain et une verrière. Le promoteur vise une clientèle semi-retraitée et retraitée, dont le quart, selon lui, viendrait de l’extérieur de Sherbrooke.

Cette phase 2 inclut un édifice commercial entre les deux immeubles résidentiels pour accueillir des services de proximité comme une pharmacie, un dépanneur, un restaurant et des soins esthétiques, détaille M. Côté.

« Il n’y a pas d’immeuble prestigieux dans l’Ouest pour que les gens qui sont capables de s’en offrir puissent rester dans leur quartier », lance-t-il, en se targuant d’avoir « le plus beau site pour ça ».

Il estime le coût de ce nouveau projet entre 40 et 50 millions $ et veut lancer le chantier en septembre au plus tard. 

L’homme d’affaires maintient qu’à neuf étages, avec toutes les normes de construction, il n’arrivera pas à un concept intéressant économiquement parlant. « Pour faire quelque chose de prestigieux, lance-t-il, ça prend du volume. »

Trop massif

Pour aller de l’avant, il doit toutefois obtenir un amendement au zonage, une procédure qui passerait d’abord par le comité consultatif d’urbanisme, ensuite par le conseil municipal et ultimement par le processus référendaire. 

Or selon le président du comité consultatif d’urbanisme, le conseiller Vincent Boutin, à 17 étages le projet ne passera pas la rampe.

« Il y a des discussions entre la Ville et le promoteur depuis plusieurs mois, confirme M. Boutin. On a regardé avec lui différents scénarios. Selon les plans qu’il nous a montrés et les simulations, l’effet serait trop massif pour le secteur. »  

Robert Côté argumente pour sa part que ses 17 étages ne seront pas plus hauts que les immeubles de 12 étages qui ont été construits ces dernières années de l’autre côté du pont Jacques-Cartier.

« Mon terrain est plus bas, mais ce n’est pas une raison pour être encore plus bas. C’est pour ça qu’il faut que je me remonte un peu, répète-t-il. On ne sera pas plus haut, mais on va essayer d’être plus prestigieux. »

« La configuration du secteur n’est pas la même, réplique M. Boutin. On ne peut pas copier-coller le zonage qui se fait de l’autre côté de la rivière. Il faut voir l’intégration du bâtiment dans son secteur. Et la vue sur le mont Bellevue qui est un symbole très important pour les Sherbrookois. C’est ce qui avait été dit à l’époque. »

Robert Côté espère quant à lui que les mentalités ont évolué et que la population sera d’accord. 

Il réclame que la Ville enclenche la procédure d’amendement de zonage et arrête « d’avoir peur d’avoir peur », d’autant plus que son projet a aussi le mérite d’éviter l’étalement urbain.

« Ce que je suggérerais au promoteur, dit pour sa part M. Boutin, c’est d’organiser lui-même une soirée d’information sur son projet. Il y a beaucoup de promoteurs qui le font. Nous la Ville on est là à titre de consultant pour les questions plus pointues sur notre réglementation. Ça lui permettrait de prendre le pouls, de voir les drapeaux rouges qui se lèvent, et comme on est en amont du processus, ça lui permettrait de modifier son projet pour aller chercher l’acceptabilité sociale. »

« Compte tenu de l’historique de ce dossier, ce ne serait pas responsable de dire au promoteur ‘‘vas-y’’ et qu’il se casse les dents en consultation publique. C’est notre rôle de lever ces alarmes-là quand on les voit. »