Plus d’une soixante de citoyens se sont rassemblés devant l’hôtel de ville de Sherbrooke, vendredi, pour demander la libération de Raif Badawi et de son avocat, Waleed Abu al-Khair. Cette 266e vigile marquait la toute première Journée internationale d’action pour Raif Badawi et Waleed Abu al-Khair, qui ont été récemment transférés à l’hôpital au terme d’une grève de la faim.

Rien pour rassurer Ensaf Haidar

L’inquiétude est à son comble pour Ensaf Haidar, l’épouse du blogueur emprisonné en Arabie saoudite depuis sept ans et demi, Raif Badawi.

Vendredi midi, devant l’hôtel de ville de Sherbrooke, plus d’une soixantaine de citoyens sont venus lui témoigner leur soutien dans la cause de la libération de son mari, alors qu’Amnistie internationale apprenait en début de semaine que Raif Badawi et son avocat, Waleed Abu al-Khair, avaient été transférés à l’hôpital au terme d’une grève de la faim qui durait depuis décembre. Des militants se rassemblaient en Autriche, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, en Suisse, ainsi qu’à Québec et à Montréal dans le même but, à l’occasion de la première Journée internationale d’action pour Raif Badawi et Waleed Abu al-Khair, lancée par Amnistie internationale. 

« C’est un moment très triste pour moi, et pour Raif, a confié Mme Haidar à La Tribune. Ça fait un mois que je n’ai pas de nouvelles de lui. Même quand il appelle, je m’inquiète pour lui. Mais aujourd’hui, c’est une manifestation internationale, ça va donner de l’espoir. »

« Chaque fois, j’ai espoir que le Canada fera quelque chose, a-t-elle également indiqué. Maintenant, c’est encore plus important qu’il fasse quelque chose pour Raif, parce que sept ans et demi en prison, ce n’est pas facile. » 

Extrêmement préoccupée

Celle-ci se dit extrêmement préoccupée par la santé de son mari, tant physique que psychologique. Déjà, elle décelait chez lui un moral très bas depuis quelques années. Mme Haidar n’a pas réussi à savoir dans quel hôpital son mari avait été transféré et n’a pas pu recevoir de détails sur son état de santé. 

La députée fédérale de Compton-Stanstead, la ministre Marie-Claude Bibeau, était présente à l’événement de vendredi, qui représentait également la 266e vigile pour la libération de Raif à Sherbrooke. 

« Je sais que mes collègues, à commencer par le premier ministre, la ministre Freeland et maintenant le ministre Champagne aussi prennent toutes les occasions possibles pour plaider pour la clémence, a-t-elle prononcé. On essaie d’être le plus stratégiques possible. On sait que ce n’est pas toujours en étant publiquement très vocaux que ça a la meilleure chance de réussir. Je sais que des organisations comme Amnistie internationale et la diplomatie un peu plus de coulisses, ensemble, on a un meilleur levier. [...] C’est difficile, vous le savez. Raif n’a pas la citoyenneté canadienne, et même s’il avait la double citoyenneté, les Saoudiens ne le reconnaîtraient pas ainsi. Mais on n’abandonne pas on continue on est avec lui, et c’est pour ça que je voulais joindre ma voix à la vôtre aujourd’hui. »