« J’étais parti en voyage de golf et je devais revenir à la fin avril, mais on a décidé de rentrer. On a pris la route à 10 h ce matin [mercredi] », explique Jean Perrault, lors d’un arrêt dans halte routière.

Retour massif des snowbirds

Avec l’annonce de la fermeture de la frontière canado-américaine pour les voyageurs, plusieurs snowbirds de la région écourtent leur séjour en Floride pour rentrer au pays. C’est le cas de la nouvelle retraitée Céline Proulx, qui devait quitter West Palm Beach le 5 avril et qui prendra la route vendredi.

« C’est pas qu’on se sent moins en sécurité ici qu’au Québec. La situation est la même, mais on est ici pour la plage et les plages ferment de façon graduelle. Ce matin [mercredi], on a tenté de s’y rendre et l’accès était interdit », raconte Mme Proulx, précisant que la famille de son fils, qui comprend un bébé de deux mois, devait la rejoindre mercredi, mais qu’elle a annulé son voyage.

« Aussi les magasins commencent à se vider. À l’épicerie, il n’y avait plus de lait ni d’œufs et, comme au Québec, il manquait de papier de toilette », note Mme Proulx ajoutant qu’elle a déjà réservé les hôtels pour être certaine d’avoir un lit lors du trajet de retour qui se fera en voiture.

« On se fera des lunchs avant de partir au cas où tous les restos seraient fermés. Et on se placera en isolement pour 14 jours en arrivant », assure Mme Proulx.

L’ancien maire de Sherbrooke était déjà sur la route mercredi lorsque La Tribune l’a contacté. « J’étais parti en voyage de golf et je devais revenir à la fin avril, mais on a décidé de rentrer. On a pris la route à 10 h ce matin [mercredi] », explique Jean Perrault, lors d’un arrêt dans halte routière.

« Ce qu’on entend aux nouvelles américaines, c’est tellement différent que ce qu’on lit à distance dans La Tribune, c’est insécurisant. Trump ne prenait pas au sérieux encore récemment la pandémie », souligne-t-il.

Sur la route du retour, M. Perrault a remarqué de nombreuses plaques d’immatriculation québécoises.

« J’étais inquiet de savoir si les douaniers allaient nous laisser passer alors j’ai appelé au bureau de la députée Élisabeth Brière et on m’a rassuré. On m’a dit qu’on me poserait des questions, me ferait passer un test pour la fièvre et qu’on devrait être en quarantaine pour 14 jours », mentionne M. Perrault, ajoutant qu’il aimerait mieux être soigné par le système de santé québécois que celui des États-Unis.

L’Estrienne Lise Blouin vit habituellement six mois dans sa maison en Floride en hiver et six mois dans un camping de la région en été. Elle doit faire des allers-retours l’hiver pour recevoir des traitements au CIUSSS de l’Estrie CHUS.

« Je suis revenue au Québec le 4 mars pour mon traitement et je devais repartir aujourd’hui [mercredi]. Mais je ne pourrai pas. Mon mari est en Floride. Il ferme la maison et il repartira demain [jeudi] ou vendredi. Il dormira peut-être dans la voiture sur la route du retour, car je ne sais pas s’il y aura de la place dans les hôtels avec le million de snowbirds qui souhaiteront retourner au Québec. »

Étant donné que Mme Blouin et son conjoint vivent normalement au camping lorsqu’ils sont en Estrie, ils devront se louer un chalet pour quelques semaines.

Par sa part, Francine Gagné est arrivée en Floride en janvier, bien avant qu’il soit question de pandémie. « On devait revenir le 29 ou 30 mars et on partira demain. On a eu de la chance, car le camping où on devait se rendre pour les 10 derniers jours nous a remboursé notre acompte », note Mme Gagné, précisant que tous les rassemblements sont aussi interdits en Floride.

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Quoi faire à la frontière

Concernant les Canadiens qui souhaitent quitter les États-Unis pour revenir au pays, Élisabeth Brière précise que :

— Par voie terrestre, les Canadiens symptomatiques ou asymptomatiques peuvent entrer au Canada. 

— Par voie aérienne, les Canadiens seront soumis à un premier contrôle à l’aéroport (questions sur lieu et durée du séjour, symptômes), s’il n’est pas concluant un deuxième niveau de contrôle sera effectué par un agent de quarantaine (test de fièvre et questions plus poussées) et si la personne présente des symptômes, elle reçoit une trousse (masque et formulaire à remplir) et l’agent décidera de l’envoyer en quarantaine chez elle ou à l’hôpital directement.

— Tous les voyageurs qui entrent au pays sont placés en isolement 14 jours.

— Mme Brière ajoute que son bureau répond aux questions de la population en général (voyageurs, entrepreneurs, travailleurs qui ont des questions sur l’assurance-emploi). Mélanie Noël