Selon la CSRS, environ 30 % du personnel a manifesté « une problématique liée au retour » en classe.
Selon la CSRS, environ 30 % du personnel a manifesté « une problématique liée au retour » en classe.

Rentrée scolaire : beaucoup de membres du personnel pourraient être absents

La rentrée de lundi se déroulera en l’absence de nombreux membres du personnel. À la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS), selon une estimation sommaire, environ 30 % du personnel pourrait s’absenter.  « L’analyse n’est pas terminée », note Donald Landry, directeur du secrétariat général et des communications de la CSRS, en soulignant que ce chiffre pourrait être revu à la baisse.

Dans les faits, selon la CSRS, environ 30 % du personnel a manifesté « une problématique liée au retour », mais l’analyse doit se poursuivre. Certains pourraient revoir leur position en raison du matériel fourni par l’organisation, avance M. Landry. Il s’attend néanmoins à ce qu’une proportion d’employés variant entre 20 et 25 % ne soient pas de retour au final.

Des questionnaires avaient été envoyés aux membres du personnel afin d’avoir un meilleur portrait de la situation. 

Avec ces absences, le haut taux d’enfants qui reviennent et les paramètres de santé publique, plusieurs d’élèves risquent de ne pas se retrouver avec leur enseignant titulaire.

À la Commission scolaire des Hauts-Cantons (CSHC), une centaine de membres du personnel ne seront pas de retour, dont environ 35 professeurs, confirme le directeur général de la Commission scolaire des Hauts-Cantons, Martial Gaudreau. 

Le directeur général pourrait faire appel à des finissants en enseignement de l’Université de Sherbrooke. La CSHC compte environ 1200 employés au total. 

Les motifs de santé invoqués pour un non-retour au travail concernent notamment les personnes de 60 ans et plus, les femmes enceintes ou qui allaitent, de même que les personnes atteintes de maladies chroniques non contrôlées ou encore de maladies auto-immunes. 

« Notre objectif, c’est que pour les élèves qui demeurent à la maison, on ne veut pas que les parents deviennent des professeurs. On veut avoir un contact avec chacune des familles. » Un centre d’appels a été mis sur pied par la CSHC, notamment pour les élèves qui travaillaient à distance, notamment pour les aider à se brancher au besoin. 

Martial Gaudreau note que parmi les employés manquants, on retrouve plusieurs concierges, en raison de leur âge. Les employés devront prioriser la désinfection et certaines tâches pourraient être revues en fonction de cette cible, comme la tonte du gazon. 

La désinfection et l’entretien sont le nerf de la guerre, indique-t-il. 

Transport scolaire

À la CSHC, on évalue qu’environ 843 enfants auront besoin de transport scolaire, soit environ un enfant sur trois. Différents scénarios sont sur la table, dont de faire un premier circuit aller-retour avec un autobus puis de retourner ramasser un second groupe habitant plus près de l’école, illustre M. Gaudreau. À la CSRS, cette proportion grimpe à 25 %, soit environ 2000 élèves. 

Au moment d’écrire ces lignes lundi après-midi, les commissions scolaires étaient toujours en attente d’un guide de la CNESSST visant à leur donner plusieurs balises, note la directrice générale de la Commission scolaire des Sommets (CSS), Édith Pelletier. Le document a finalement été mis en ligne hier.

« On trouve ça dommage que ce soit si tard », a commenté en après-midi le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), Richard Bergevin. Il note qu’un autre document important de la santé publique est toujours attendu. « Ça fait trois semaines et demie qu’on demande à avoir ces documents-là », fait-il valoir. 

Dans nos pages, ce samedi, deux spécialistes en éducation de l’Université de Sherbrooke s’interrogeaient sur l’intention pédagogique de ce retour en classe et sur la plus-value d’y envoyer les enfants. Le contexte d’apprentissage est très important, mais ce contexte est encore très difficile à définir, note M. Bergevin. « Ce n’est pas clair l’intention qu’on aura en termes d’apprentissage. La situation dans laquelle on va se retrouver n’est pas idéale. Ce sera assez complexe... » 

Il note que dans certains milieux, les taux de participation les plus bas sont dans des milieux moins favorisés.  

Rappelons que les commissions scolaires francophones (CSRS, CSS et CSHC) ont prévu de fournir du matériel de protection aux enseignants.