La présidente du comité de revitalisation du centre-ville, Chantal L’Espérance, espère dévoiler la nouvelle vision de Well inc. avant que le conseil ne prenne des vacances, en juillet. « Tout le monde a un échéancier serré, mais la fast track des entrepreneurs et la fast track de la Ville ne vont pas à la même vitesse. On veut que le document soit contraignant, mais sans négliger la qualité. »

Relance de Well inc. : encore des semaines d’attente

Attendu pour mai, l’appel de propositions pour la revitalisation du centre-ville, la deuxième mouture de Well inc., ne viendra pas avant juin. Il pourrait même être lancé en juillet.

À l’abandon du projet du consortium, qui devait voir tomber le stationnement du Dépôt et l’Hôtel Wellington et la construction de deux tours sur la rue Wellington Sud, on espérait dévoiler la nouvelle vision du projet pour mai. Si le processus d’idéation des élus a ralenti, c’est entre autres qu’ils se sont donné le temps de consulter le milieu, notamment grâce à la composition d’un comité aviseur comptant une douzaine de membres. Gens d’affaires, résidants, élus, organismes communautaires et représentants de la Ville s’y trouvent.

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La première réunion de cette nouvelle entité se tenait jeudi soir.

« Préparer l’appel de propositions est plus compliqué qu’on pensait, parce qu’on y a ajouté beaucoup de choses. On ne pouvait pas rester sourds à tout ce que nous avons entendu. Et le document, il faut l’écrire pour se l’approprier et s’assurer qu’il est conforme », résume la présidente du comité de revitalisation du centre-ville, Chantal L’Espérance.

Elle espère dévoiler cette nouvelle vision avant que le conseil ne prenne des vacances, en juillet. « Tout le monde a un échéancier serré, mais la fast track des entrepreneurs et la fast track de la Ville ne vont pas à la même vitesse. On veut que le document soit contraignant, mais sans négliger la qualité. »

Pas déconnectés

Alexandre Hurtubise, membre du comité aviseur et président de l’Association de gens d’affaires du centre-ville, croit qu’il est possible de lancer l’appel de propositions dans une trentaine de jours. Et c’est ce qu’il espère voir se concrétiser.

Entre-temps, la première réunion du comité aviseur aura permis de renouer le lien entre les élus et le milieu. « Nous les consulterons pour tous les projets touchant la revitalisation du centre-ville pour que nous prenions les bonnes décisions. Nous ne serons pas déconnectés de leur réalité. Pas que nous étions déconnectés, mais on apprend des choses quand il y a une synergie. Il y a peut-être une meilleure écoute maintenant en raison des péripéties que nous avons vécues », dit Mme L’Espérance.

« Il y a des gestes qui ne sont pas nécessairement chers mais qui devront être posés à court terme et qui feront une plus grosse différence que nous pensions », avance l’élue, sans donner d’exemples concrets.

« Nous voulons consolider la confiance des commerçants, de ceux qui se battent pour le centre-ville. Nous entendons bien ce qu’on nous a dit autour de la table. »

Alexandre Hurtubise semblait ravi de cette réunion. Outre les améliorations pour faciliter le stationnement au centre-ville, il souhaite un embellissement de la rue Wellington Sud en attendant les démolitions prévues.

« Clairement, je sens une volonté politique de revitaliser le centre-ville pour vrai. Ce sera juste positif de corriger maintenant de petits irritants. Nous aurons des rencontres aux deux semaines d’ici l’été et nous sommes tous des gens qui acceptons de ne pas être d’accord et de le dire. J’ai différents signaux selon lesquels les petits irritants seront corrigés. »

Le contenu des discussions de jeudi sera à l’ordre du jour du comité de revitalisation du centre-ville, la semaine prochaine.

Le centre-ville garde la cote

L’inquiétude est bien présente chez les commerçants du centre-ville depuis l’échec de la première mouture de Well inc., convient le directeur par intérim de Commerce Sherbrooke, François Desmarais. Mais plusieurs projets en cours laissent croire que le centre-ville n’a rien perdu de son attrait pour les promoteurs.

« Il y a plein de projets en cours au centre-ville, mais le timing fait qu’ils n’ont pas abouti encore. Ils aboutiront au cours des prochains mois. La majorité des projets sur les planches à dessin ne sont pas des restaurants. Il y a des relocalisations, mais il y a du nouveau aussi », illustre M. Desmarais.

Le directeur par intérim de Commerce Sherbrooke apporte ces précisions après que deux commerçants, Jean-François Bédard, de Glori.us, et Marilyne Gagné, de Dermapure, eurent déclaré qu’ils pensaient à quitter le centre-ville.

« Il y a assurément encore de l’intérêt pour le centre-ville. Limocar y a déplacé ses bureaux, alors qu’il aurait pu aller sur le bord de l’autoroute. C’est un bon signe. Les gens commencent à comprendre que Well inc. prendra plus temps, que le projet changera peut-être de nom, mais il suscite de l’intérêt. »

M. Desmarais, qui ne peut dévoiler le nom de nouveaux commerces pour le moment, cite le cas d’une entreprise qui voulait tripler sa superficie et qui a choisi un local vacant depuis plus de cinq ans au centre-ville. « Je ne suis pas du tout négatif à propos du centre-ville. Même que des bannières m’ont approché. C’est sûr qu’on aimerait avoir une vision claire, mais les gens sont motivés et ça viendra. »

Les déplacements de commerces ne sont pas plus nombreux au centre-ville que sur le reste du territoire, selon lui. « C’est difficile de faire des généralités, mais Piosa double sa superficie. Il ne le ferait pas si personne ne venait au centre-ville. »

Les travaux aux Promenades King ne nuiront pas non plus au centre-ville, croit-il, même si une boutique comme Fan Club a décidé d’y déménager ses pénates. « Sherbrooke est encore capable d’absorber plein de nouvelles entreprises. Avec l’appel de propositions de Well inc., les gens seront en mesure de saisir le timing, à partir de quand la construction commencera, et la vision sera présentée aux commerçants. »

Par exemple, deux ou trois promoteurs de la rue Wellington Nord auraient déjà des projets pour de nouveaux commerces de l’autre côté de la rue King. Quatre ou cinq entreprises sérieuses s’étaient aussi montrées intéressées par Well inc. « Nous les gardons dans le collimateur pour les relancer. »

François Desmarais ajoute que la mixité des usages donnera un coup de pouce aux commerces du centre-ville. « Si on va manger dans un bon restaurant un samedi soir, on ne se demandera même pas si le stationnement est payant. Si on passe pour un dîner rapidement, ça peut effectivement être un problème. C’est pour ça qu’il faut des travailleurs, des résidants directement au centre-ville. »

Le directeur de Commerce Sherbrooke admet qu’il faudra peut-être entre-temps réviser la façon de donner de la visibilité au centre-ville. « Dans le commerce d’aujourd’hui, il faut faire des efforts constants pour attirer la clientèle. C’est sûr que la journée où tous les locaux seront pleins, ce sera plus facile. Le branding du centre-ville est pourtant déjà établi. Il a un rôle suprarégional pour le divertissement, les arts et les bonnes tables. C’est là qu’il se démarque. Il doit aussi y avoir des commerces de quartier et pour faire vivre une pharmacie, une épicerie, il faut densifier la population. »

Quant au 2, rue Wellington Nord, François Desmarais s’est donné la mission d’y installer un locataire. « Il y a des pistes de solution. J’ai des promoteurs qui sont intéressés. En ce moment, je fais le pont entre le propriétaire, les promoteurs, la Ville, pour développer ce bâtiment. Il avait été ciblé pour une expropriation, mais la Ville a reculé. L’important, c’est qu’on arrive à louer. Les élus ont une volonté ferme qu’il se passe quelque chose. Plusieurs options sont sur la table. »