Député de Saint-François et ministre de la Santé dans le gouvernement de Pauline Marois, Réjean Hébert est aujourd’hui doyen de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Réjean Hébert invite la gauche à se réinventer

L’ancien ministre péquiste Réjean Hébert invite les Québécois à réinventer politiquement la gauche en unissant les forces du Parti québécois et de Québec solidaire.

« Ce que je retiens de l’élection de la semaine dernière, c’est que les forces de gauche, soit le Parti québécois et Québec solidaire, n’ont récolté que le tiers des votes. Si on tient compte du taux de participation, ça veut dire qu’à peine 20 pour cent des Québécois ont choisi un de ces deux partis et cela laisse la voie libre pour les partis de droite. Lorsqu’on regarde la situation dans une perspective du Québec et non dans une perspective partisane, ça nous amène à nous poser des questions importantes », explique l’ancien doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke qui est aujourd’hui doyen de l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

« On n’a pas été capable avec les deux véhicules qui sont le Parti québécois et Québec solidaire de convaincre les Québécois que le vrai changement est d’aller vers une social-démocratie, vers plus d’équité sociale, vers des programmes sociaux plus généreux et vers des services de santé plus efficaces. On n’a pas réussi parce qu’on s’est même combattu dans la dernière semaine de campagne. Alors je pense qu’on devrait rebâtir la gauche au Québec sur une nouvelle base qui permettrait de rassembler tout le monde et proposer une alternative aux Québécois », note celui qui propose la formation d’un nouveau parti, qui pourrait se nommer l’Union solidaire.

L’ancien ministre responsable de l’Estrie invite les Québécois à repenser le Québec, mais ce n’est pas lui qui prendra les commandes du projet. « J’ai quitté la politique partisane en 2014 et je suis maintenant de retour à la vie académique. Il y en a d’autres, plus jeunes et plus fous, qui prendront peut-être la balle au bond, mais ce n’est pas moi qui serais en charge. Si je peux être un conciliateur, un entremetteur, un facilitateur, je veux bien, mais pour le moment je lance un signe d’alarme parce que je crois que la distinction du Québec par ses programmes sociaux est menacée », mentionne celui qui ne ferme pas définitivement la porte à une vie politique active.

« Je n’ai jamais dit jamais, mais aucun véhicule n’est capable de rassembler les forces progressistes alors pour le moment, c’est comme prêcher dans le désert. QS est capable de mobiliser la jeunesse, mais n’est pas d’aller chercher les autres forces progressistes alors que le PQ, avec ses 88 000 membres et sa structure, est encore une force. Tous ensemble, on aurait un parti de toutes les générations qui proposerait un vrai changement », souligne M. Hébert, qui estime que passer du Parti libéral du Québec à la Coalition avenir Québec est un changement de garde, peut-être, mais un changement de garde entre deux partis qui ont la même philosophie.