Pierre Cossette, recteur de l’Université de Sherbrooke

Refonte du financement universitaire : l’UdeS pourrait être perdante

La nouvelle formule de financement des universités que prépare présentement le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur inquiète l’Université de Sherbrooke, qui estime qu’elle pourrait être pénalisée par la refonte des règles.

« Les ébauches que l’on voit ne semble pas reconnaître les particularités de l’Université de Sherbrooke, la seule grande université qui est en région (...) Toutes ces données sont préliminaires, on nous dit que ça peut changer (...)  Ce qu’on voit, ce qui est en train de se critalliser, c’est une formule pour laquelle la grande université qui serait la plus perdante, c’est l’UdeS. »

Le recteur de l’UdeS, Pierre Cossette, a fait part de ses préoccupations à La Tribune et à la communauté universitaire.

Actuellement, chaque université reçoit un pourcentage du financement en fonction de son effectif étudiant, pondéré selon les différentes disciplines. Avec les changements apportés au mode de répartition entre les universités de la province, la part de l’UdeS serait moindre.  La proportion de l’UdeS pourrait baisser de 3 à 5 %. Compte tenu que l’UdeS gère un budget de l’ordre de 400 M$, cela peut représenter des sommes importantes.

L’UdeS est en pourparlers avec Québec et a approché le député de Sherbrooke, Luc Fortin, également ministre de la Famille, afin de le sensibiliser à cette question.

« On n’a pas de chiffres finaux », note-t-il en ne s’avançant pas maintenant sur les sommes que cela pourrait représenter.

Dr Cossette dit trouver la situation « inconcevable », alors que l’UdeS a multiplié les efforts pour conserver l’équilibre budgétaire et qu’elle a notamment connu une croissance en recherche. À ses yeux, l’UdeS a fait tout ce qu’on lui demande de faire, « et plus ».

Il plaide également que l’UdeS se distingue à plus d’un niveau. « Je donnerais un exemple. Les grandes universités, au Québec, en moyenne, il y a 65 % de leurs coûts qui vont pour l’enseignement et 35 % pour la gestion. À Sherbrooke, c’est 72 % pour l’enseignement et 28 % pour la gestion. Mais ça, ça ne cadre pas bien dans les modèles mathématiques de calculs des coûts, et ça nous pénaliserait si la formule est appliquée. »

Il ne remet pas en question le bien-fondé d’une refonte de la formule, puisque les règles de financement n’ont pas été revues depuis environ 10 ans. Parallèlement, après plusieurs années de compressions, l’UdeS espère toujours un « réinvestissement majeur ».

Le recteur a tenu à faire des précisions à la communauté universitaire en lien avec l’annonce des investissements de 51 M $ en recherche à l’UdeS jeudi dernier, qui proviennent de subventions offertes par les gouvernements du Québec et du Canada ainsi que la Fondation canadienne pour l’innovation (FCI) et différents partenaires.

La somme de 51 M $ comprend des projets menés en collaboration avec d’autres institutions universitaires. En comptabilisant « seulement les investissements directs à l’UdeS, ce sont quelque 30 M $ qui seront consacrés à des infrastructures et à des équipements de recherche à Sherbrooke et 2 M $ pour des recherches en sciences humaines », a-t-il précisé.