Marie-France Delage, directrice générale adjointe à la Ville, et Fabien Dubois, conseiller en partenariats à la direction générale, ont présenté la réforme des paramunicipales lundi. « C’est vraiment un changement de paradigme! » affirme Mme Delage.

Refonte complète des paramunicipales

Les élus ne siégeront plus au conseil d’administration des organismes de développement économique que sont Sherbrooke Innopole, Destination Sherbrooke et Commerce Sherbrooke. Un nouveau Bureau de coordination du développement économique, doté d’un nouveau directeur, verra le jour pour assurer la vision de développement économique de la Ville.

Concrètement, les trois organismes paramunicipaux, de même que certains mandats confiés à Pro Gestion Estrie, Espace inc. et la CDEC, seraient fondus dans trois nouvelles entités qui auront davantage un rôle d’exécution qu’un rôle décisionnel. Les nouvelles entités s’intéresseront aux commerces et aux services, au tourisme, et au volet industriel et manufacturier. Ce dernier groupe s’intéressera aux stratégies et aux services spécialisés.

En conséquence, une transition de trois à six mois s’amorce pour élaborer la formule plus concrètement. Des emplois pourraient être abolis parmi les 50 employés des organismes paramunicipaux.

Marie-France Delage, directrice générale adjointe à la Ville, rapporte que les municipalités peuvent maintenant adopter le modèle de développement économique qui leur convient. Si des villes comme Laval ont tout municipalisé, d’autres, comme Saguenay, n’ont rien changé. Sherbrooke opte pour un modèle mixte. « Nous voulons un leadership fort du conseil municipal avec un accompagnement qui vient de l’expertise du milieu. »

La nouvelle façon de faire devrait faciliter le parcours des entrepreneurs dans l’appareil municipal. 

Concrètement, les mandats des différents organismes devront être clarifiés et resserrés, avec des objectifs clairs. C’est ce qui sera confié à ces organismes, qui auront aussi la tâche de réaliser des plans d’action. Les filières-clés seront toujours considérées dans le développement économique. 

« Nous créons un comité politique de cinq personnes qui s’assurera que le développement économique coïncide avec notre vision. Il devra prévoir un plan d’action de un à cinq ans et s’assurera de recevoir une reddition de comptes. Une bonne gouvernance s’exprime par des mandats clairs et des objectifs précis. Les conseils d’administration seront traités comme des organismes autonomes sur une patinoire plus définie. »

Le retrait des élus des paramunicipales vise à éviter les conflits entre les différents rôles des conseillers municipaux. « Les élus sont parfois en porte-à-faux parce qu’ils portent deux chapeaux. Ils défendent un organisme, mais doivent aussi tenir compte des limites budgétaires de la Ville », résume Mme Delage.

« C’est vraiment un changement de paradigme! »

Autrement dit, on préférera que les élus fassent valoir leur point de vue directement dans l’appareil municipal plutôt qu’au sein des organismes, où des fonctionnaires agiront comme observateurs ou consultants au besoin. « Les élus auront plus d’imputabilité par rapport aux mandats et résultats souhaités. »

Quant au Bureau du développement économique, il ne s’agira pas d’une superstructure, jure Marie-France Delage. « C’est essentiellement composé d’un directeur. »

Le plan de développement du centre-ville, qui relevait de Commerce Sherbrooke, reviendra sous la responsabilité de la Ville. Idem pour le choix de l’image de marque et le positionnement stratégique de la Ville. Les interventions prévues par Destination Sherbrooke dans l’espace public seront aussi réalisées par des employés municipaux. L’événementiel et l’animation reviennent dans le giron de la municipalité.

Les organismes seront regroupés au Quartier Général du Quartier Well Sud. 

Le budget consacré au développement économique sera inférieur de 960 150 $ en 2020, dont 600 000 $ de compressions. « Pour le début de la transition, nous avons accordé 25 % du budget dévoué à chacun des organismes pour un total de 1 846 787 $. Nous sommes conscients que du personnel sera touché et qu’il y aura des déplacements au besoin. Nous prévoyons donner de l’accompagnement au personnel qui pourrait avoir à se trouver un nouvel emploi. »

Il n’était toutefois pas possible, lundi, de connaître l’ampleur des coupes ou le nombre de personnes touchées. « Nous avons rencontré les CA et les directions la semaine dernière et nous avons exprimé notre volonté de travailler dans une période de transition en limitant les effets collatéraux. »

Ces modifications ne toucheront pas Récup Estrie ou Valoris. « Ce sont des régies. Il serait inapproprié que les élus n’y siègent pas. »

La rémunération des élus qui occupaient des postes de présidents au sein des organismes ne sera pas revue malgré ces changements. 

La réforme de la gouvernance proposée lundi a coûté environ 152 000 $ à élaborer.

Les élus qui siégeront au comité de transition sont Steve Lussier, Évelyne Beaudin, Nicole Bergeron, Rémi Demers et Annie Godbout.