À première vue, le projet du Quartier Sainte-Famille répond aux exigences du comité consultatif d’urbanisme de la Ville de Sherbrooke.

Redéfinir le quartier

À première vue, le projet du Quartier Sainte-Famille répond aux exigences du comité consultatif d’urbanisme de la Ville de Sherbrooke. Son président, Vincent Boutin, accueille l’idée des Services immobiliers First avec enthousiasme en rappelant que les élus ne se prononceront qu’après la séance d’information du 10 juillet et que la procédure de changement de zonage suivra son cours normal.

« C’est un projet assez majeur qui redéfinira le quartier. Il est important pour nous qu’il y ait une acceptabilité sociale. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé au promoteur d’organiser une rencontre d’information en amont. Aller chercher l’opinion des gens nous permettra de voir s’il y a des choses à modifier, s’il y a des choses auxquelles nous n’avons pas pensé. Le dépôt du projet devrait survenir à l’automne et il suivra le processus normal », commente M. Boutin.

Le conseiller municipal explique que les plans élaborés par Services immobiliers First présentent un certain intérêt entre autres parce qu’ils permettent le maintien la maison générale. « Bien qu’elle ne soit pas citée comme étant patrimoniale, elle a quand même une image forte à Sherbrooke. Il faut qu’on soit capable de l’amener dans sa nouvelle vie sans la dénaturer. Pour nous, il était hyper important de garder une percée visuelle pour préserver cette image. »

L’ajout d’immeubles à logements permettra néanmoins de densifier le secteur. « Pour l’instant, quand on marche sur la rue Galt Ouest, on n’a pas l’impression qu’on est en ville parce que le bâtiment est très haut sur le terrain. Nous pourrons donc urbaniser davantage la rue Galt et nous améliorerons l’accès au mont Bellevue et au campus de l’Université. »


« Pour le moment, les sœurs ne paient pas de taxes, ce qui est normal. Avec du résidentiel, les entrées d’argent seront importantes. C’est pour ça que sur le fond, c’est un bon projet. »
Vincent Boutin, conseiller municipal
Vincent Boutin

Si le Quartier Sainte-Famille voyait le jour, la Ville y trouverait son compte en matière de taxes perçues. « Pour le moment, les sœurs ne paient pas de taxes, ce qui est normal. Avec du résidentiel, les entrées d’argent seront importantes. C’est pour ça que sur le fond, c’est un bon projet. »

Il s’agit aussi d’une des raisons qui permettraient à la Ville d’acquérir presque quatre hectares de boisé à annexer au mont Bellevue. « Comme il n’y a pas de lotissement sur le terrain, le promoteur n’a pas à céder 10 % de l’espace pour des fins de parc. Comme le projet propose une approche unique, l’acquisition d’une partie du terrain serait une décision politique. Le coût de vente serait établi par une firme externe. Avec les taxes, c’est sûr qu’on va se repayer assez vite. C’est bien beau de dire qu’on vise 12 % d’espaces verts à Sherbrooke, mais si on dit non chaque fois que ça nous coûte un sou, on serait mieux de laisser tomber l’objectif des 12 %. »

Les services municipaux auraient déjà établi que l’ajout de 350 à 450 appartements ne causera pas de problèmes de circulation dans le secteur.

Vincent Boutin se montrera par ailleurs attentif à l’opinion des citoyens concernant l’architecture proposée.

Appui de l’UdeS

L’Université de Sherbrooke appuie elle aussi le projet du Quartier Sainte-Famille. Une lettre à cet effet signée par la professeure Denyse Rémillard, vice-rectrice à l’administration et au développement durable, dont La Tribune a obtenu copie, a été acheminée à la Société canadienne d’hypothèque et de logement.

On peut y lire que la « conversion de la Maison mère des Petites Sœurs en condos abordables comporte de nombreux avantages sociétaux, auxquelles [sic] souscrit l’Université de Sherbrooke, tel que l’accessibilité pour sa communauté universitaire à un logement attrayant, stimulant et abordable. De plus, l’UdeS offre la possibilité au prometteur [sic] de mettre à profit ses équipes de chercheurs afin d’intégrer au projet diverses innovations à l’égard des technologies vertes ».

« Nous reconnaissons que ce projet est d’une grande valeur pour le secteur universitaire et pour toute la communauté sherbrookoise, c’est pourquoi l’Université de Sherbrooke encourage sa réalisation », lit-on encore.

Le conseiller du district, Paul Gingues, a refusé de se prononcer en attendant la soirée d’information, se limitant à dire qu’il a fait part de ses commentaires au comité d’urbanisme.