Radiation provisoire pour un audioprothésiste de Sherbrooke

Un audioprothésiste de Sherbrooke fait l'objet d'une radiation provisoire après avoir été reconnu coupable d'actes commis à l'encontre de près de 90 patients.
La décision rendue contre François Laplante constitue le plus important dossier traité par le Syndic de l'Ordre des audioprothésistes du Québec. Plus de 170 chefs avaient été déposés contre Laplante.
On lui reprochait d'avoir facturé des sommes à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), à l'époque la CSST, pour des services qu'il ne rendait pas, explique Claude Forest, secrétaire du Conseil de discipline de l'ordre.
«C'est la première fois qu'un cas recense autant de chez d'accusation et de patients», reconnaît-il lors d'un entretien accordé à La Tribune. «C'est le plus gros cas du syndic, compte tenu du nombre de chefs déposés contre l'audioprothésiste.»
«C'est effectivement rare qu'on en arrive à une décision de radiation comme celle-là».
Le plus important chef concerne 80 patients. Dans le second, on lui reproche d'avoir omis de fournir des renseignements demandés par le syndic pour son enquête, ajoute M. Forest.
Entre autres, le Conseil de discipline de l'Ordre des audioprothésistes du Québec lui reproche, le 6 juillet 2015, d'entravé la syndique adjointe Sophie Gamache en refusant de lui donner accès à son ordinateur portable, à l'ordinateur de bureau, à son agenda, en faisant de fausses déclarations et en omettant de lui donner accès aux dossiers de patients.
Le 2 juillet, il a commis un «acte dérogatoire à l'honneur» de la profession en omettant de respecter l'engagement de fournir des informations réclamées par le syndic.
À la fin juillet, François Laplante a entravé le travail du syndic adjoint André Bard en omettant de répondre à une correspondance datée du 13 juillet 2015 par laquelle ce dernier lui demandait de lui transmettre une copie du dossier de six patients dans le délai indiqué dans cette correspondance.
Les dossiers concernant la CSST remontent à 2012. De mars à novembre, Laplante a «faussement indiqué sur des factures concernant quatre-vingts patients que des services, à savoir des gains d'insertion, ont été dispensés au cours de la période précitée et a réclamé à la CSST des honoraires pour ces services, alors qu'il savait ou devait savoir que ces services n'avaient pas été rendus au cours de ladite période.»
La radiation provisoire de François Laplante a été ordonnée le 24 novembre dernier par le Conseil de discipline de l'Ordre des audioprothésistes du Québec. Elle est exécutoire depuis la semaine dernière. C'est en février qu'on débattra de la durée de cette radiation.
Selon M. Forest, François Laplante ne sera pas radié à vie.
Il ne pouvait dire combien d'argent aurait été ainsi éludé par l'audioprothésiste sherbrookois.