Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Des citoyens de la rue des Boisés-du-Lac, dans le district du Lac-Magog, souhaitent avoir accès à l’aqueduc et aux égouts municipaux.
Des citoyens de la rue des Boisés-du-Lac, dans le district du Lac-Magog, souhaitent avoir accès à l’aqueduc et aux égouts municipaux.

Raccordement à l’aqueduc : la Ville rencontrera les résidants de la rue des Boisés-du-Lac

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Article réservé aux abonnés
Les citoyens de la rue des Boisés-du-Lac, située à la limite des villes de Sherbrooke et de Sainte-Catherine-de-Hatley, souhaitent être desservis par les égouts et les aqueducs sherbrookois. Le conseiller du district du Lac-Magog, Pierre Tremblay, a tenté de plaider leur cause, mardi en atelier de travail public du conseil municipal, en précisant que les résidants étaient prêts à payer pour l’ensemble des travaux d’infrastructure. La Ville s’est limitée à promettre une rencontre avec l’ensemble des contribuables concernés.

Les maisons de la rue des Boisés-du-Lac sont situées de justesse à l’extérieur du périmètre urbain et sont en majorité desservies par des puits artésiens et des fosses septiques. Les citoyens déplorent que deux maisons de la rue bénéficient du réseau de la Ville alors qu’on justifie leur exclusion à eux par les limites du périmètre urbain. 

« La Ville demande que les citoyens fournissent des analyses qui démontrent que leur eau est impropre à la consommation pour que le conseil adopte une dérogation. Les résidants m’ont approché en juillet 2020. Ce sont 13 maisons qui ne sont pas branchées et onze propriétaires qui seraient favorables aux travaux », fait valoir Pierre Tremblay. En excluant les frais d’ingénierie, on estime à 270 900 $ la facture que devraient se séparer les propriétaires concernées pour une rue longue de 435 mètres. 

« Si deux maisons sont déjà branchées, c’est que les conduites se rendent dans le secteur. Mais on voudrait que chaque propriétaire réalise une étude hydrogéologique pour démontrer que le débit de leur puits n’est pas suffisant ou que la qualité de l’eau est impropre à la consommation. Ce qui est particulier, c’est que nos installations sont déjà là. C’est le genre de choses dont se plaignent les gens des anciennes villes fusionnées parce qu’ils paient les taxes, mais n’ont pas les services qui vont avec », a plaidé Pierre Tremblay.  

La directrice générale adjointe Marie-France Delage affirme qu’il n’est pas possible d’appliquer les règles du jeu de façon discrétionnaire. « Considérant que les résidents ne sont pas dans le périmètre urbain, la procédure est définie. Les élus peuvent en décider autrement. » 

Éric Basque, directeur de l’arrondissement de Brompton-Rock Forest-Saint-Élie-Deauville, confirme pour sa part que la Ville pourrait intervenir dans certaines conditions, par exemple si l’alimentation en eau était un problème de santé publique. 

« Les maisons de la rue des Boisés-du-Lac qui sont desservies le sont parce qu’une partie de leur terrain est à l’intérieur du périmètre urbain. Nous concluons que la piste de solution d’une analyse hydrologique est la plus appropriée. Nous pourrions tenir une rencontre avec les citoyens du voisinage pour voir avec eux les possibilités en lien avec leur demande. »

Yves Tremblay, directeur du Service de la planification et de la gestion du territoire, précise pour sa part que la Ville devrait agrandir son périmètre urbain si elle décidait de desservir les résidences visées, ce qui nécessiterait une approbation du gouvernement du Québec. « Le ministère cherche plutôt le resserrement des périmètres urbain », prévient-il. 

Il ajoute que les terrains à l’extérieur du périmètre urbain ont des gabarits plus grands parce qu’ils doivent être autosuffisants pour la gestion des eaux, mais qu’ils jouissent d’un taux de taxation moins important que les terrains de taille semblable à l’intérieur du périmètre urbain. 

Par ailleurs, par souci d’équité, Marie-France Delage mentionne qu’il faudrait vérifier si d’autres situations semblables ont cours sur le territoire de la Ville de Sherbrooke. 

D’emblée, le conseiller Pierre Tremblay a affirmé ne pas sentir d’ouverture de la Ville. « J’ai l’impression qu’on fait plus mon procès que de vouloir aider les citoyens. »

Marc Denault a été séduit par l’idée que le coût des travaux soit complètement assumé par les citoyens. 

Pierre Avard souhaite que la Ville trouve un terrain d’entente plutôt que de se braquer « sur des conditions légales qu’on peut peut-être aménager ». 

Chantal L’Espérance veut éviter que des citoyens soient favorisés parce qu’ils ont les moyens de payer pour les infrastructures alors que Vincent Boutin a rapporté qu’une dizaine de rues de la ville sont situées à cheval sur les limites du périmètre urbain. 

« Pour moi, par cohérence, on ne doit pas toucher au schéma même si on est à la limite du territoire de Sherbrooke. Je ne recommanderais pas de modifier le périmètre urbain. On ouvrirait une brèche qu’il sera difficile de régler par la suite », dit M. Boutin.

Danielle Berthold s’est inquiétée que les problèmes principaux d’alimentation en eau ne concernent en réalité qu’un terrain et s’interrogeait sur l’information communiquée aux autres résidants avant qu’ils se montrent en accord avec le projet. Elle affirme connaître quatre propriétaires du secteur. 

En fin de soirée, Pierre Tremblay a lu des messages qu’il dit avoir reçus de deux citoyens, Daniel Viens et Roger Junior Labonté, qui affirment manquer d’eau à l’occasion et indiquent avoir la présence d’arsenic dans leur eau. Selon les propos lus par M. Tremblay, ils se disent surpris des propos de Mme Berthold. 

« Jamais nous ne laisserons les citoyens sans intervenir si c’est un cas de santé publique », a assuré le maire Steve Lussier. « Je serais curieux de savoir pourquoi les gens se sont dits favorables au projet d’infrastructures. Connaissaient-ils les conséquences? Il faudrait refaire une rencontre avec les citoyens pour divulguer l’information de nouveau. »

Dans un vote indicatif, Pierre Tremblay, Paul Gingues et Pierre Avard ont voté contre le statu quo alors qu’Évelyne Beaudin et Marc Denault se sont abstenus.