Les bâtiments situés à l'est du terrain (à gauche) compteront deux étages de moins et une volumétrie différente pour permettre une meilleure vue sur le mont Bellevue en plus d'éliminer l'effet d'écrasement de la chaufferie. Ceux à l'ouest (à droite) auront un maximum d'un étage et demi pour dégager la façade du couvent.

Quartier Sainte-Famille: la Ville pose ses conditions

Les obstacles qui se dressent devant le projet immobilier sur le terrain du couvent Mont-Sainte-Famille, rue Galt Ouest, sont pratiquement inexistants. À la lumière de la consultation publique tenue jeudi soir, où le quartier de 70 M$ n’a reçu aucune opposition, il ne restera au promoteur qu’à concevoir des bâtiments moins élevés en façade de la rue Galt Ouest pour respecter les exigences de la Ville. Il lui faudra aussi choisir un nouveau nom pour son « Quartier Sainte-Famille ».

 Rappelons que les Services First Immobilier projettent de construire 23 bâtiments à proximité du vieux couvent qui, lui, sera rénové. Environ 360 logements neufs seraient érigés, en plus de quelques commerces de proximité et de bureaux professionnels. Une piste multifonctionnelle relierait la rue Lalement à la rue du Montagnais. 

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Une séance d’information en juillet avait attiré 150 personnes. Jeudi, ils n’étaient qu’une quinzaine au bureau de service du district d’Ascot. Pierre Langlois, urbaniste-coordonnateur à la Ville de Sherbrooke, a expliqué que le projet se situe dans une zone patrimoniale de protection. Les bâtiments vitrés situés à l’avant du projet, vers l’est, ne pourront excéder cinq étages. Le promoteur planifiait au départ d’en construire sept. Les autres édifices à logements en façade de la rue Galt Ouest ne pourront pour leur part pas dépasser un étage et demi.

« Nous aurons ainsi une meilleure vue sur le mont Bellevue et en revoyant le volume des immeubles situés à l’est, on enlèvera l’effet d’écrasement de la chaufferie quand on observe la propriété à partir du pont Jacques-Cartier. Les ajustements permettent aussi de voir toute la façade du couvent », précise M. Langlois.

Des annexes construites à l’arrière du couvent seront démolies. Les pierres seront néanmoins récupérées pour être intégrées aux nouvelles constructions.

275 nouveaux arbres

M. Langlois a précisé que la plupart des arbres, déjà peu nombreux, situés sur les terrains à construire seront abattus. En contrepartie, le promoteur plantera 275 nouveaux arbres.

Parmi les autres modifications nécessaires à l’acceptation du projet, le plus gros bâtiment prévu à l’est du projet devra être redessiné pour qu’il soit plus éloigné de la maison unifamiliale située sur le terrain voisin. L’architecture d’un bâtiment de deux étages, situé près d’une place publique, doit aussi être revue.

Aux questions des citoyens, le promoteur Matthieu Cardinal a indiqué que les logements construits seront loués et non vendus. ll a aussi rassuré les citoyens qui s’inquiétaient de voir s’implanter une microbrasserie dans le projet. 

« On parle d’une petite superficie pour un commerce satellite d’une plus grande microbrasserie. Ça ne fermerait pas tard et on ne parle pas d’une discothèque », a-t-il précisé. 

Les différents types de bâtiments devraient permettre d’avoir une clientèle mixte, soit des familles, des retraités et des étudiants. Les études de circulation démontrent que le secteur peut absorber le flux à venir.

Nouveau nom

« On nous a toujours présenté ça comme étant le Quartier Sainte-Famille, un nom qui soulève des sensibilités à l’hôtel de ville parce qu’il y a un quartier Sainte-Famille dans l’est. Je vous demanderais de renommer le projet », a demandé le conseiller Paul Gingues.

Matthieu Cardinal a acquiescé et consultera la communauté religieuse avant de trouver une nouvelle appellation.

La construction pourrait commencer à l’été 2019 et progresserait selon la demande. M. Cardinal estime être en mesure de compléter le projet en trois ans.

Chantal L’Espérance a mentionné qu’il existe d’autres bâtiments majeurs du même genre que le couvent et qu’il faudra s’y attarder avant qu’ils tombent en ruines.

Les citoyens auront jusqu’au 5 décembre pour demander la tenue d’un registre. S’il n’y a aucune opposition, une résolution sera adoptée au conseil municipal le 17 décembre et le règlement permettant de fixer les usages du terrain entrera en vigueur le 19 janvier. Il faudra ensuite que le promoteur obtienne une approbation pour l’implantation des bâtiments.