L’enseignante Karina Sauvageau, l’élève Gabrielle Nadeau et son père, Marc Nadeau, présentent l’œuvre de Gabrielle s’intitulant La renaissance de mon âme.

Quand l’espoir renaît en classe

Alors qu’elle étudiait à l’école publique, Gabrielle Nadeau n’avait pas d’espoir de compléter son secondaire. Celle-ci ne se sentait pas encadrée et ne voyait pas la lumière au bout du tunnel.

« Ils disaient que c’était plus probable que je sois dans les programmes jusqu’à ce que je me rende à 18 ans, où ils allaient essayer de me faire entrer au Centre 24-Juin, raconte l’adolescente de 15 ans, qui est actuellement en deuxième secondaire. »

Alors que la confiance de Gabrielle était à plat, sa famille et elle ont entendu parler du programme Essor +, une voie s’adressant aux élèves qui présentent diverses difficultés. Le hic, c’est que ce programme est offert par l’école secondaire de Bromptonville, qui est un établissement privé, un luxe que les parents de Gabrielle ne peuvent s’offrir. Des amis de la famille et la Fondation Frère-Théode ont décidé de donner un coup de main à Gabrielle, qui, depuis presque deux ans, poursuit ses études à cette école.

« Avant, je ne croyais pas en moi, je me disais que j’allais rater, avoue l’élève. Je me fais plus confiance ces jours-ci, même si les pensées reviennent parfois », dit celle qui avait quatre années de mathématique à rattraper, alors qu’il lui en reste seulement une.

L’adolescente, qui est également dans les cadets de l’air, est motivée en envisageant la prochaine année. « Je vais être capable de terminer et d’aller dans la prochaine étape de ma vie. Je ne serai pas la seule à transférer au régulier. Ça va aider, car je ne me sentirai pas toute seule, je ne serai pas entourée de personnes qui ont été dans le programme régulier tout au long de leur secondaire », envisage la persévérante jeune femme.

Son enseignante, Karina Sauvageau, qui s’occupe également du programme, rencontre les élèves qui veulent accéder à Essor +. « Quand Gabrielle est arrivée, c’était l’anxiété et le désarroi. Elle voulait réussir, mais ne savait pas comment. Tranquillement, on lui a fait réaliser de petits succès et ç’a fait grandir sa confiance en elle. On a utilisé ses nombreux voyages pour la faire grandir et lui montrer que ce bout-là, les autres ne l’ont pas. Elle s’est beaucoup gratifiée avec cela. Actuellement, elle a un cours d’histoire et un cours de géographie dans le programme régulier et son enseignant lui demande d’arrêter de dévoiler les réponses, car elle les a toutes », explique la Magogoise qui a passé une bonne partie de sa carrière à Montréal, pour revenir en Estrie.

Pour couronner le tout, Gabrielle Nadeau a remporté un certificat dans la catégorie Persévérance scolaire au gala méritas de son école. « Dans le temps, je n’étais pas nommée au gala méritas. Quand mon enseignante a nommé mon nom, je me suis demandé ce que j’avais fait de pas correct et si je devais aller au bureau du directeur », décrit-elle, le sourire aux lèvres.

« Gabrielle a le parcours de quelqu’un à succès dans le programme, enchaîne son enseignante. Il y a eu beaucoup d’efforts d’elle. On est capable de la challenger. Combien de fois me suis-je assise avec elle en lui disant que ça avançait, mais pas assez vite pour terminer son année! J’arrivais avec des plans de match que je trouvais moi-même énorme, mais elle réussissait », résume-t-elle.

Le programme Essor +

Au départ, il y a deux ans, le programme Essor + a été créé pour faire un tremplin entre le primaire et le secondaire. « On se rendait compte que des élèves n’étaient pas capables de passer au secondaire régulier, il leur manquait des acquis, raconte Mme Sauvageau. Le but c’est qu’ils rattrapent leur retard et qu’ils complètent leur premier cycle en deux ans, pour qu’en troisième secondaire, ils puissent avoir la chance de retourner au régulier. »

« Ça fonctionne très bien, poursuit-elle. Chaque élève a un rythme et un parcours différent. Tout le monde avance. On les prend où ils sont et on tente de les envoyer le plus loin possible. On a la chance d’envoyer trois élèves au régulier en deux ans. C’est un gage de succès, ça veut dire que notre programme fonctionne. On a une augmentation de la clientèle : il y a deux ans, on était à 17 élèves et cette année, il y a déjà 30 inscriptions. Une troisième enseignante arrivera l’an prochain. »

Les enseignantes travaillent avec les élèves selon ce qu’ils veulent faire dans la vie. « On ne se le cachera pas, on a quelques candidats qui n’auront probablement pas leur secondaire dans les temps qu’on veut. On travaille donc avec l’orienteur pour les diriger vers les DEP. On travaille pour qu’ils aient le minimum d’un troisième secondaire, afin qu’ils se dirigent vers le DEP. On ne veut pas les laisser après trois ans. On veut les tenir, on croit en chaque jeune », résume Mme Sauvageau.