150 jeunes entrepreneurs ont ouvert boutique pour quelques heures, samedi, dans le cadre de la 4e édition sherbrookoise de la Grande journée des petits entrepreneurs.

Quand les enfants font des affaires

Qui a dit que le monde des affaires était réservé aux adultes? « C’est le monde à l’envers! » s’est enchanté Serge Audet, président d’honneur de la Grande journée des petits entrepreneurs. Malgré les jeux gonflables qui agrémentaient le site de la 4e édition sherbrookoise de cette journée, les enfants se tenaient bien à leur poste derrière leur kiosque, avec tout le sérieux du monde.

Pendant ce temps, les adultes faisaient leurs emplettes : plans de tomates, crêpes cuisinées sur place, bijoux, maquillage, produits écologiques, performances artistiques, alouette! Un peu plus de 110 entreprises, tenues par près de 150 jeunes âgés de 5 à 12 ans, ont habité le chapiteau installé au Quartier Portland, samedi avant-midi. C’est donc presque le double de kiosques que lors de l’événement de l’an dernier, qui se tenait plutôt devant le bureau de l’arrondissement de Rock Forest–Saint-Élie-Deauville.

Ce qu’a vu M. Audet, qui est aussi directeur du développement de la Fondation des élèves de la CSRS : « du rêve! » Une idée qui, selon lui, s’accorde parfaitement avec la mission de promouvoir la persévérance scolaire de la fondation. « La persévérance scolaire, ça commence avec des projets, des rêves. Dès qu’on a 5-6 ans, ça nous porte. On a cette idée de leur montrer l’importance d’un diplôme pour arriver à leurs idées et à leur rêve, à aller au-delà de l’emploi au salaire minimum. »

À cet effet, 12 ambassadeurs du milieu des affaires ont pu servir de modèle durant la journée, en plus de remplir leur rôle de généreux clients. « Ils sont arrivés ce matin avec des sacs d’épicerie et de gros montants d’argent, leur mission était d’aller encourager les jeunes, parce qu’après tout, le but est de les rendre fiers d’être ici et de tenir une entreprise », note Isabelle Grenier, membre du comité organisateur de ce rassemblement.

« Les jeunes ont réalisé le concept au complet : la création de l’entreprise, l’image de marque et le choix des produits offerts, note Mme Grenier. Ils ont travaillé très fort avec leurs parents ou leurs grands-parents, sans qui, évidemment, tout ça ne serait pas possible. »

Pour cette édition, on a tout élargi : le chapiteau, la plage horaire du volet culturel, et les catégories d’entreprises acceptées. « Avant, on était un peu plus axés sur les produits fabriqués. Cette année, il y a des mouvements, par exemple écologiques, qui ont pu participer », explique Mme Grenier.

La Fondation des élèves de la CSRS portait pour une première fois ce projet, qui s’est concrétisé grâce à la collaboration de la Ville de Sherbrooke, l’arrondissement de Brompton-Rock Forest-Saint-Élie-Deauville, la Maison des jeunes Serge Forest et le Groupe Laroche.

Modèle d’affaires en évolution

Charles-Hugo Grondin, 12 ans, ne sait pas encore s’il sera entrepreneur dans la vie. Mais pour l’instant, il canalise son amour pour la nature et pour la création dans la confection d’objets en bois.

« C’est une passion que je me suis découverte » affirme le jeune garçon. Fabrik-à-bois, l’entreprise qu’il a inscrite pour une deuxième année à la Grande journée des petits entrepreneurs, se spécialise dans… beaucoup de produits!

« L’an dernier, il a fait des bâtons de marche. Il a vu que les femmes achetaient beaucoup, alors il a revu un peu son modèle d’affaires et s’est mis à faire des pendentifs et plus d’objets décoratifs. Moi, je lui passe des commandes tout le temps! », sourit sa mère Annie Brochu, une baguette signée Fabrik-à-bois dans les cheveux.

Mais le meilleur vendeur de Charles-Hugo, c’est plutôt son cache-pot en tronçon de bûche. Il crée aussi des baguettes de magicien, des crochets et des sous-verre, tous à partir de morceaux de bois déjà tombés qu’il trouve près de chez lui.

« Il aime vraiment tout ce qui est en lien avec le développement durable » partage son père, Étienne Grondin. Ce dernier lui porte d’ailleurs parfois assistance, « mais juste pour ce qui est dangereux ». Pour le reste, même pour manœuvrer le tour à bois qu’il a reçu en cadeau à Noël, c’est Charles-Hugo l’artiste. « Je fais aussi la finition : j’applique du vernis ou de la cire d’abeille, par exemple » avance-t-il.

L’an prochain, il sera trop vieux pour participer à nouveau à ce rassemblement, mais ses parents ne sont pas inquiets; il trouvera des clients autrement. Le moment de passer au numérique, peut-être?