Kruger a présenté une maquette de son projet de centre de distribution, mercredi. Le bâtiment occuperait moins de 50 % de l’ancien terrain de golf Prince-de-Galles.

Projet de 50 M$ de Kruger : des citoyens se braquent

Le projet de centre de distribution de Kruger sur le chemin des Écossais, estimé à 50 M$, a reçu un accueil particulièrement tiède, mercredi, lors d’une séance d’information qui se tenait dans le district de Brompton devant une cinquantaine de citoyens. Les inquiétudes citoyennes ont été encaissées par le vice-président principal, affaires corporatives et communications de Kruger, Jean Majeau.

Le projet prévu sur l’ancien terrain de golf Prince-de-Galles sera présenté au conseil municipal lundi. Il pourrait mener à une consultation publique le 24 février.

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Quelques citoyens, Thierry Nootens en tête, ont d’ailleurs déploré que la présentation de l’entreprise survienne à quelques jours du début du processus réglementaire. 

Vincent Leduc, surintendant, logistique, pour Kruger, a expliqué qu’il s’agit du site favori de l’entreprise pour son projet, notamment en raison de sa proximité avec les autoroutes et de la superficie du terrain. « Nous évaluons la superficie de l’entrepôt à 250 000 pieds carrés pour nos caisses de produits finis et notre matière première, soit des rouleaux de papier et de la pâte sèche. »

La nouvelle usine de papier tissu en construction à Brompton devrait générer 1 M de rouleaux de papier par jour, ce qui justifie ces besoins. Kruger dispose déjà de 750 000 pieds carrés d’entrepôts au Québec. 

« Il y aurait des activités 24 h par jour, sept jours par semaine, dans le centre de distribution et nous parlons de la circulation de deux à quatre camions par heure. Les activités se feraient à 100 % à l’intérieur et il y aurait moins de volume la nuit », ajoute M. Leduc. 

« Il n’est pas question d’aller de l’avant sans entendre vos préoccupations. Le terrain est grand et nous occuperions moins de 50 % de la superficie. Nous comptons mettre en place tout le nécessaire pour atténuer les impacts grâce à des aménagements paysagers et des talus », a précisé Jean Majeau. 

Olivier Cazaban, urbaniste chez BC2, a mentionné que la terre excavée pour construire le centre de distribution serait utilisée pour aménager des talus près de la rue Prince-de-Galles de manière à couper le son.

L’entrée des camions serait aménagée près de la rue Prince-de-Galles, environ au tiers de la distance avec la sortie de l’autoroute 55. La venue de camions a d’ailleurs généré l’inquiétude des citoyens, qui souhaitent l’ajout de feux de circulation à l’intersection avec les bretelles d’autoroute depuis belle lurette. 

Objectif : février 2021

Kruger, qui n’est pas encore propriétaire du terrain, souhaite que son centre de distribution soit prêt pour l’ouverture de son usine de Brompton en février 2021. La construction du centre ne prendrait que quelques mois, en excluant l’aménagement paysager. 

Thierry Nootens a appelé ses concitoyens à la résistance, déplorant que le projet ne respecte pas le schéma d’aménagement. Il s’est aussi interrogé sur la circulation automobile qui sera plus importante et le bruit qui pourrait être généré.

Jean Majeau a rapporté que selon les chiffres du ministère des Transports, on évalue pour le moment à 500 le nombre de camions circulant quotidiennement sur le chemin des Écossais. À pleine maturité, le projet pourrait en ajouter une centaine. 

La circulation, selon lui, ne serait pas moins importante si un projet résidentiel, tel que celui déjà approuvé, voyait le jour sur l’ancien golf. M. Majeau assure qu’il aura des données sur le bruit lors d’une prochaine rencontre avec les citoyens. Il a ajouté qu’il travaillerait avec le ministère des Transports pour que la sécurité des citoyens ne soit jamais compromise.

Charles Durocher possède une maison tout près du centre de distribution projeté. La pollution, l’éclairage de nuit et le bruit font partie de ses préoccupations. 

Catherine Boileau, elle, a demandé qu’on considère la possibilité de construire un toit vert pour limiter les îlots de chaleur. Elle propose aussi que l’entrée des camions se fasse directement par la voie d’accès de l’autoroute 55. 

La conseillère Nicole Bergeron n’est pas surprise des inquiétudes des citoyens, qui avaient exprimé les mêmes doutes lors de l’implantation du IGA et de la quincaillerie à Brompton. « Le mot final, ce sont les citoyens qui vont l’avoir », a-t-elle assuré.