Les élèves étaient invités à déposer leurs restes alimentaires dans des bacs de compostage distincts en fonction du type d’aliments consommé.

Projet antigaspillage à l’école internationale du Phare

Les quelque 850 élèves de l’école internationale du Phare sont sensibilisés au gaspillage alimentaire avec un nouveau projet visant à leur faire prendre conscience de tout ce qui prend le chemin de la poubelle... ou du bac de compostage. D’ici quelques semaines, les élèves pourront aussi bénéficier d’un frigo libre-service.

Dans le cadre du projet Pèse-Gâchis qui se déroulait ces derniers jours, les élèves étaient invités à déposer leurs restes alimentaires dans des bacs de compostage distincts en fonction du type d’aliments consommé. Les participants devaient ensuite peser les différentes denrées par catégorie.

Une telle expérience a déjà été menée en France, note Sondès Allal, agente de revitalisation économique à la Corporation de développement économique communautaire de Sherbrooke (CDEC).

« C’est dans la ligne droite du Frigo free go, on est toujours dans la lutte au gaspillage alimentaire », indique-t-elle.

On retrouve quatre frigo libre services à Sherbrooke où les gens peuvent déposer leur surplus.

« En faisant le tri des aliments, les élèves vont prendre conscience des déchets qu’ils génèrent. L’expérience elle-même est formatrice. »

Les données recueillies au cours de cette première phase enrichiront une réflexion collective sur le sujet. « On va faire un bilan et on va proposer des pistes d’action. On va mettre en place une solution nous, le comité organisateur, et on ouvre un concours aux élèves pour leur demander de choisir un projet novateur, réaliste pour réduire le gaspillage alimentaire. »

La CDEC souhaite que le projet-pilote se répande dans l’ensemble des écoles de Sherbrooke.  Celui-ci est mené en collaboration avec Festivals et événements verts de l’Estrie (FEVE), qui a fourni les équipements nécessaires.

En ce moment, il n’y a pas de collecte de compostage dans les écoles de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS).

Le recyclage du papier est géré par le privé, illustre le directeur de l’EIP, Patrick Levasseur. Près de 150 employés travaillent dans l’établissement de la rue Sara.

« On est un milieu où on est très sensible à la consommation. Chaque année, on dépense tout près de 71 000 $ en aide alimentaire auprès des jeunes. Ce n’est pas rien... »

Selon la CSRS, une première phase d’implantation pour le compostage est envisagée dans certaines écoles primaires. L’organisation est en discussion avec la Ville de Sherbrooke. Aux communications de la Ville, on précise que la Ville a soumis un projet de compostage dans les écoles de la CSRS et que les pourparlers se poursuivent. On ne veut cependant pas s’avancer sur un échéancier. Une fois les discussions terminées, le projet devra être soumis au conseil municipal pour adoption. 

« La Ville fait également la collecte de plastique-verre-métal dans plusieurs de nos écoles », indique-t-on à la CSRS.

« Pour une ville verte, je trouve qu’on a du travail à faire, et si ce projet peut servir à ça, ça sera ça », note Sondès Allal. Une autre école doit lancer le même projet cet automne.  Des bacs de compostage installés en permanence? « C’est notre souhait. Ça serait quelque chose d’indispensable, quand on pense que c’est à l’école que tout se construit », ajoute-t-elle.

Le projet permettra aussi de vérifier combien l’école aurait besoin de bacs de compostage si la collecte allait de l’avant, illustre M. Levasseur.  Dylan Rouleau, le président de l’école, voit l’initiative d’un bon oeil et juge « inacceptable » que les jeunes ne puissent composter à l’école en 2018.