L’adolescente de 15 ans a vécu des séquelles importantes à la suite des gestes de Pascal Montembeault.

Prédateur sexuel : « Il m’a volé mon adolescence »

« Il m’a volé une partie de mon adolescence... »

La traque de victimes sur Internet par Pascal Montembeault puis l’agression sexuelle sauvage qui a suivi ont laissé des traces encore vives chez une adolescente de 15 ans de Sherbrooke, même après deux ans.

C’est dans un objectif de prévention et pour que toutes les victimes dénoncent les gestes du prédateur sexuel de Trois-Rivières que l’adolescente a confié les impacts du crime qu’elle a vécu.

Pascal Montembeault a été accusé en début de semaine de gestes de leurre informatique sur 104 victimes de partout au Québec ainsi qu’en France entre janvier 2016 et août 2017.

En août 2017, l’homme alors âgé de 36 ans est passé des gestes déplacés et des demandes à caractère sexuel répétées qui se passaient derrière l’écran à une rencontre avec la jeune Sherbrookoise.

Celui qui disait s’appeler Marc-André s’est présenté à Sherbrooke et a attiré sa future victime dans un parc. C’est à cet endroit qu’il l’a agressée sexuellement et lui a causé une commotion cérébrale. Des gestes qu’il a reconnus en janvier 2018.

Si Montembeault a été retrouvé grâce à l’intervention rapide des parents de l’adolescente et des policiers, la victime a commencé un long processus de réhabilitation qui se poursuit encore aujourd’hui.

L’adolescente a passé plus de six mois à l’hôpital à la suite de l’agression sexuelle que lui a fait subir Pascal Montembeault.

« Je suis sortie de l’hôpital en avril et j’ai fini mes rencontres avec un pédopsychiatre en juin. Je suis toujours médicamentée, alors que je n’avais jamais pris une pilule de ma vie », signale cette victime en entrevue à La Tribune.

Elle ne compte plus les sortes de médicaments et la quantité qu’elle doit prendre pour contrôler les séquelles psychologiques et physiques des gestes criminels commis par un adulte qui avait deux fois son âge. Troubles alimentaires, automutilation, fugues, tentative de suicide... les gestes de Montembeault sur l’adolescente l’ont transformée.

« Les cauchemars ont commencé à diminuer. Au début, je n’étais pas capable de dormir. Maintenant, je fais des nuits complètes », souligne la résiliente adolescente.

Incapable de sortir seule de sa maison pendant plusieurs mois, l’adolescente a recommencé à prendre l’air après l’acquisition d’un chien pour la protéger.

Étant donné que Pascal Montembeault savait où elle résidait, la famille a choisi de déménager afin de limiter les possibles contacts avec l’accusé ou ses proches.

« Il a fallu que je me fasse des amis dans ce nouveau quartier », indique l’adolescente qui commence à se sortir la tête de l’eau.

« La vie familiale a complètement changé à la suite de ça, ajoute le père de la victime. Il y a eu un impact sur nos autres enfants qui ne voulaient plus sortir de la maison. Tout le monde a été traumatisé par ça. » 

Élève douée à l’école et dans les sports, l’adolescente a vu sa moyenne générale oscillant entre 80 et 90 pour cent chuter radicalement à la suite de la commotion cérébrale et des suivis médicaux. Elle a dû retrancher certaines matières pour passer ses cours. 

« J’ai perdu une année. Je n’ai pas pu continuer la vocation dans laquelle j’étais. Mes notes ne sont pas encore revenues. Au moins, je passe. À cause de la commotion, il a fallu que j’arrête les sports que je faisais et que j‘aimais. J’ai recommencé peu à peu. Je recommence tranquillement à avoir une vie normale », signale-t-elle avec courage.

D’autres victimes

Même si toutes les accusations possibles sont portées pour le moment contre Montembeault, l’adolescente est convaincue qu’il y a d’autres victimes qui ne se sont pas encore manifestées. La Sûreté du Québec a d’ailleurs lancé un appel public cette semaine à la suite du dépôt des 125 nouvelles accusations.

Elle soutient que Pascal Montembeault était habile pour dissimuler sa réelle identité.

« Il avait demandé des photos de moi, mais lui disait qu’il était gêné d’en envoyer. Lors des conversations sur Skype, la caméra était dirigée de façon à ce que je ne puisse pas le reconnaître. À force d’insister, il m’a envoyé une photo qui n’était pas la sienne. Il avait le tour de me dire que j’étais la plus belle parmi toutes celles avec qui il avait conversé sur le site Rencontresados. Je ne m’étais jamais doutée de son âge. Il savait comment nous manipuler », se souvient l’adolescente.

Sans avoir de conseil infaillible pour épargner à d’autres adolescentes pareil piège de prédateurs sexuels, elle affirme qu’il faut absolument éviter de rencontrer seul une personne qui le sollicite à partir d’Internet.

« Il faut aussi s’interroger quand les gars envoient des photos de leurs parties », soulève l’adolescente de 15 ans.

Elle souhaite que tout le processus judiciaire se termine le plus rapidement possible.

« Il va avoir sa peine de prison et c’est ce qu’il mérite. Je me doutais qu’il avait fait d’autres victimes. Je compte lui lire une lettre au tribunal pour lui redonner ce qu’il m’a fait », explique l’adolescente, qui a commencé l’écriture d’un livre sur ce triste épisode de sa vie imposé le prédateur sexuel Pascal Montembeault.