Bernard Sévigny a présenté vendredi son projet de stratégie de développement visant à établir un corridor économique Sherbrooke-Boston.

Pour un corridor économique Sherbrooke-Boston

Le Renouveau sherbrookois veut créer un corridor économique entre Sherbrooke et Boston pour devenir un relais entre les huit États du nord-est américain et l’Europe, notamment dans le créneau des sciences de la vie. Le chef du parti politique municipal, Bernard Sévigny, s’engage à développer cette stratégie de développement économique au cours des quatre prochaines années s’il est élu le 5 novembre.

« Il y a 200 entreprises à Sherbrooke qui exportent aux États-Unis, particulièrement en Nouvelle-Angleterre. Nous essayerons de les rassembler, de travailler ensemble pour développer le marché du nord-est américain et en même temps focusser sur les sciences de la vie. Nous avons un groupe de 50 entreprises qui représentent 2527 emplois dans ce domaine à Sherbrooke et nous sommes déjà réseautés avec cinq pays européens. En considérant l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne et l’ALENA, nous pourrons jouer le rôle de pivot de façon à faciliter le développement de nos entreprises en facilitant l’accès au marché américain et au marché européen », résume Bernard Sévigny.

Des démarches en ce sens ont déjà été amorcées en février, si bien que M. Sévigny a validé ses intentions auprès de Jean Charest et de Pierre-Marc Johnson. « Nous avons fait les contacts avec la délégation du Canada à Boston et le délégué du Québec à Boston. Tout converge vers la pertinence et le potentiel d’ouvrir un corridor économique entre Sherbrooke et Boston. »

L’objectif sera le développement des entreprises d’ici, soit par la création de nouvelles entreprises ou l’expansion de celles déjà implantées. « L’idée, c’est de créer des emplois de qualité. C’est ça l’incubateur sherbrookois : c’est qu’il se crée des entreprises dans les sciences de la vie. On veut les concentrer et se donner une force de frappe. »

Si la stratégie fonctionne, dit M. Sévigny, il faudra probablement un deuxième incubateur du type d’EspaceLabz dans le parc scientifique d’ici quelques années.

Le développement de cette stratégie nécessitera vraisemblablement l’embauche d’une ressource qui se consacrera à temps plein au corridor Sherbrooke-Boston. « Je n’annonce pas un investissement. J’annonce une stratégie qu’on mettra en œuvre et dans laquelle se grefferont des projets, un peu comme dans le cas de Well inc. C’est un long shot. Nous espérons des résultats le plus rapidement possible, mais il faut être patient. C’est ce que nous disent les spécialistes de la question. Il faut surtout travailler ensemble pour se donner des stratégies communes. »

Un groupe de travail sera formé pour impliquer les partenaires, notamment Sherbrooke Innopole et l’Université de Sherbrooke, en plus de partenaires privés.

M. Sévigny rapporte qu’il se fait beaucoup de recherche clinique à Sherbrooke, en Europe et près de Boston. « Nous avons accès aux deux marchés. Les droits douaniers sont levés pour le Canada vers l’Europe, mais ne le sont pas pour les États-Unis. C’est ça l’avantage stratégique que nous avons. Dans le parc scientifique, l’entreprise la plus importante est Charles River, et c’est une entreprise de Boston... Nous avons tous les ingrédients. Il suffit de se donner une recette. Le corridor est tout à fait naturel. »

S’agira-t-il d’un argument fort pour financer le train de passagers Montréal-Sherbrooke, qui vise un jour à atteindre Boston dans des trajets de nuit? « À partir du moment où on choisit de développer un corridor, la porte sera ouverte à tout projet structurant. Je ne dis pas oui à son projet vers Boston, mais le lien d’affaires est naturel. Si le projet cadre bien avec les objectifs, ça ouvrira la porte à toutes sortes de projets. Mais je ne dis pas que la Ville va financer son train vers Boston. »