Denise Côté explique que des masques en tissu ont été distribués aux clients du Eggsquis qui n'en avaient pas en leur possession samedi matin.
Denise Côté explique que des masques en tissu ont été distribués aux clients du Eggsquis qui n'en avaient pas en leur possession samedi matin.

Port du masque obligatoire: un premier constat de « coopération » à Sherbrooke [VIDÉO]

Les commerçants sherbrookois n’ont pas eu à « jouer à la police » samedi. Au contraire, ils ont plutôt été surpris par l’attitude positive et la coopération de leur clientèle concernant le port du masque obligatoire dans les lieux publics fermés.

 Sous peine de recevoir une amende variant entre 400 $ et 6 000 $, les commerçants de la région de Sherbrooke espéraient pouvoir compter sur l’appui des clients. Lors d’une petite tournée locale, La Tribune a pu constater les efforts déployés par certaines entreprises pour que tout se passe pour le mieux.

Au Marché de la gare, la coordonnatrice Sylvie Brunelle explique qu’une table est installée à l’entrée sur laquelle un savon à main est déposé. « On adore voir votre sourire, mais on vous préfère en santé », peut-on lire sur une affiche. Deux bénévoles sont également sur place pour une durée indéterminée afin de veiller au respect des nouvelles consignes de sécurité.

Tout près, Mme Bourbonnière tient un kiosque où des masques en tissus sont en vente. « Tous les profits seront remis à un ou deux organismes d’aide alimentaire », confie la dame à la retraite.

Pour sa part, le propriétaire de Croqu'en Broche, Jean-Pierre Carrière, révèle être largement satisfait des mesures mises en place par le Marché de la gare. « Il fait chaud, mais l’attitude des gens est très positive », assure-t-il.

Claire Bourbonnière se trouvait à l'entrée du Marché de la gare afin d'y vendre des masques réutilisables.

Au restaurant Eggsquis de la rue King Est, l’hôtesse Denise Côté mentionne qu’une employée était à l’extérieure devant l’entrée afin de vérifier que tous les clients aient un masque. « S’ils n’en avaient pas, on leur offrait gratuitement un masque Eggsquis qu’ils pouvaient garder. [...] J’imagine que ça durera au moins une semaine, le temps que les gens s’habituent », indique Mme Côté.

De son côté, le directeur des restaurants Eggsquis de la région, Louis-François Morel, ajoute que malgré l’attitude positive des gens, une baisse d’achalandage importante se fait tout de même ressentir dans ses succursales.

« À pareille date l’an passé, nous avions deux fois plus de personnes. Est-ce que c’est le port du masque obligatoire ou bien la COVID-19 en général? Je vous assure que ce n’est pas l’arrivée des vacances en tout cas », affirme M. Morel, inquiet des répercussions économiques de la crise sanitaire actuelle.

Samedi, sur l’heure du souper, le gérant du Pizzicato Antoine Dutrizac confie être plus chanceux puisque le restaurant est « bondé » de gens. « Tout est beau, nous n’avons eu à avertir personne », précise-t-il.

Jocelyn Carrier et Xavier sont arrivés munis d'un masque au visage à la Crémerie de l'Est.

À la Crémerie de l’Est, la copropriétaire Cynthia Maheu explique de son côté avoir dû refuser une seule personne « mal informée, qui jugeait la nouvelle mesure comme non nécessaire ». 

« Sinon, les gens sont conscients, ils sont au courant et ils la veulent leur crème glacée », rigole-t-elle.

À ses côtés, Jocelyn Carrier et son petit garçon Xavier portent tous les deux un masque. Le père de famille se dit compréhensif face aux mesures sanitaires mises en place. Même si le règlement ne concerne pas les jeunes enfants, il est d’avis qu’il faut les inclure et les sensibiliser.

« Il faut les habituer parce que ça ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Ce sont eux le futur, donc il faut qu’ils s’habituent aussi. Ça fait maintenant partie du quotidien », conclut-il.