Intitulée Oser transformer, la planification stratégique de l’UdeS est le fruit d’une vaste consultation auprès de 5000 personnes, des étudiants au personnel. Le programme des prochaines années a été présenté jeudi à la communauté universitaire.

Planification stratégique: l’UdeS veut tisser des liens

L’Université de Sherbrooke veut se positionner comme une « contributrice essentielle à la société ». C’est l’un des faits saillants de la planification stratégique 2018-2022, dévoilée par le recteur Pierre Cossette. Pour y parvenir, l’institution veut notamment tisser des liens plus étroits dans les milieux où elle se trouve.

La planification stratégique de l’UdeS, la feuille de route des prochaines années, arrive une année après l’entrée en fonction du recteur Pierre Cossette. Celle-ci est le fruit d’une vaste consultation auprès de 5000 personnes, des étudiants au personnel. Intitulée Oser transformer, la planification stratégique a été présentée jeudi à la communauté universitaire.

Dr Cossette sera également l’invité de la Chambre de commerce de Sherbrooke le 6 juin.

« Quand on sort d’une période de compressions budgétaires, une période où les gens disent une université, c’est peut-être plus ou moins bien géré, il faut rappeler à la société qu’on est là pour elle (...) On est très ancré dans notre milieu. On veut développer la fierté et l’engagement... »

D’ailleurs, lance le recteur en entrevue à La Tribune, si certains ont déjà reproché à l’UdeS de s’implanter à Longueuil, l’institution n’a pas à s’en gêner. « On va arrêter de s’excuser d’être à Longueuil parce qu’on est là depuis 40 ans où on répond à un besoin de la Rive-Sud. »


«  Notre capacité de faire de l’approche interdisciplinaire, et notre taille, deviennent un avantage à ce moment-là. Parce qu’on est capable lorsqu’on reçoit une demande de dire : go, on fait ça!  »
Pierre Cossette, recteur

L’UdeS souhaite faire croître ses programmes, les enrichir et répondre du même coup à un plus grand nombre de besoins, tout en développant la recherche. « On n’a pas établi de cibles chiffrées. On va s’en fixer pour certains programmes, mais on n’a pas de cible globale d’accroissement des programmes; on en aura pour les études de maîtrise et de doctorat. »

Elle entend développer de façon importante l’interdisciplinarité afin de stimuler le développement de la recherche.

L’UdeS souhaite également orienter ses décisions en misant sur des « thèmes fédérateurs de recherche » et les regroupements d’excellence. Ces créneaux sur lesquels l’UdeS entend miser viendront influencer l’embauche des experts et guider les grandes décisions.

« Ces thèmes vont servir pour planifier, voir comment on organise nos chaires de recherche, comment on approche nos donateurs », explique le recteur.

Parmi les six thèmes, on compte notamment le vieillissement de la population et les changements climatiques et l’environnement.

« Notre capacité de faire de l’approche interdisciplinaire, et notre taille, deviennent un avantage à ce moment-là. Parce qu’on est capable lorsqu’on reçoit une demande de dire : go, on fait ça! On peut répondre à des demandes complexes. On a renoué avec Ville de Longueuil et Développement économique Longueuil; ils ont des enjeux en matière de déneigement, de formation du personnel cadre (...) On est capable de faire un package qui répond à leurs besoins. »

« Ça fait 10 ans qu’on en parle. Les gens se disent qu’il faut arrêter d’en parler et le faire. Ce n’est pas comme si on ne le fait pas du tout (...) Mais ce n’est pas beaucoup, il faut passer à une autre échelle », dit-il en faisant allusion à l’interdisciplinarité.

L’UdeS a sélectionné 36 actions prioritaires qu’elle entend mettre en œuvre.

Le document prévoit aussi une amélioration des processus administratifs. « On a des actions à faire au niveau des processus administratifs pour que les bonnes idées cheminent », note Dr Cossette.

« Nos employés de soutien qui ont une bonne idée, la faire cheminer là où il faut, bonne chance. Je ne dis pas que ça arrive jamais... » lance-t-il en citant l’exemple d’une instance créée pour mieux faire circuler l’information.

L’UdeS se définit comme une « université humaine ». « L’enjeu c’est de rester qui on est, mais de croître », indique l’ancien doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS).

Pierre Cossette : « Ces enjeux sociétaux d’anxiété chez les étudiants, non seulement on ne veut pas se mettre la tête dans le sable, on veut les mettre sur la place pour les travailler correctement. »

Un réseau d’aide à créer

L’Université de Sherbrooke mettra en place diverses mesures afin d’améliorer le parcours des étudiants et la rétention de ses jeunes professeurs.

L’institution veut créer un réseau d’adjoints à la vie étudiante dans toutes ses facultés.

« Ça existe à la faculté de médecine, fait remarquer le recteur Pierre Cossette. C’est comme un filet de sécurité, un réseau de personnes de proximité à aller voir qui vont être partout pour dire : j’ai un enjeu d’anxiété, d’orientation, de harcèlement... Ces gens-là vont devenir un réseau de premiers répondants pour écouter les étudiants et les étudiantes. »

Ce sont des professeurs et des professionnels qui assumeront cette tâche.

Cette mesure s’ajoutera à la création d’un ombudsman des étudiants cet automne (une fonction qui a remplacé celle de protectrice des droits des étudiants) afin d’aller un peu plus loin, renchérit M. Cossette. « Il faut qu’ils puissent aller cogner à une porte... »
« Ces enjeux sociétaux d’anxiété chez les étudiants, non seulement on ne veut pas se mettre la tête dans le sable, on veut les mettre sur la place pour les travailler correctement. »

À l’instar des autres universités de la province, l’UdeS connaît une croissance importante des étudiants en situation de handicap. Un rapport a aussi mis en lumière des difficultés chez les étudiants de cycles supérieurs : les étudiants de troisième cycle de l’UdeS se tournent de façon importante auprès de la protectrice des étudiants (aujourd’hui ombudsman).

Mentorat

Un projet de mentorat auprès des jeunes professeurs est aussi sur la table. « Le milieu anglophone le fait systématiquement, nous on ne le fait pas. On travaille à ça. »

Interrogé à savoir si le taux d’abandon des professeurs à l’université ressemble à celui des professeurs du primaire et du secondaire, M. Cossette répond que l’université compose plutôt avec un enjeu « d’occasions manquées ».

« On a des professeurs qu’on recrute avec des super cv, la carrière en recherche ne décolle pas, ou pas assez, parce qu’ils se sont débrouillés seuls dans leur coin. Ce sont des bonnes personnes, bien formées. Mais le même prof que tu mentores un peu mieux (...), il va aller beaucoup plus loin. »

L’UdeS compte plus de 30 000 étudiants sur l’ensemble de ses campus et près de 7000 employés.