Une cinquantaine de personnes ont participé à la consultation portant sur le plan directeur d'aménagement et de développement de la rue King Ouest, mercredi.

Plan directeur rue King Ouest : les cyclistes se sentent oubliés

L'absence d'un lien cyclable est-ouest sur l'ensemble de la rue King Ouest constituait le principal reproche mercredi, lors de la consultation publique sur le plan directeur d'aménagement et de développement de la rue King Ouest. De la cinquantaine de personnes présentes, près de la moitié ont pris la parole et plusieurs ont souligné l'oubli des cyclistes.
Le plan en question vise à encadrer les aménagements qui seront réalisés sur un segment de 1,5 km sur cette artère importante, entre la rue Wood et le pont Montcalm. On y suggère entre autres de mieux délimiter les espaces de stationnement sur rue, d'identifier clairement les zones d'arrêt des autobus avec un marquage au sol, l'élargissement des trottoirs, le verdissement des emprises et l'ajout d'avancées de trottoirs. Des aménagements pour marquer des entrées du parc Jacques-Cartier sont aussi suggérés. Réaliser l'ensemble des actions du plan coûterait environ 10 M$.
Valérie Boisvert est l'une de ces citoyennes à avoir plaidé pour le vélo. « Si on pense pour les 15 ou 20 prochaines années, il faut prévoir quelque chose qu'on pourra transformer en piste cyclable dans dix ans. Il n'y a pas de lien facilement praticable en vélo pour parcourir la ville d'est en ouest. Si on n'élargissait pas les trottoirs, on pourrait garder de l'espace pour une voie cyclable. »
Christine Labrie, candidate aux élections, abondait dans le même sens. « Sur 10 M$, je compte 34 000 $ pour les cyclistes. Même si vous tentez de nous faire faire des détours, on va quand même aller en ligne droite. C'est comme si vous aviez conçu votre plan en fonction du nombre de cyclistes d'il y a 20 ans. »
France Croteau, coordonnatrice du RUTASM, a demandé que les zones réservées aux autobus fassent la longueur de deux véhicules. Elle demande qu'on prévoie des stationnements pour les personnes handicapées et demande qu'on choisisse une surface unie pour les intersections qu'on compte mettre en valeur avec un marquage au sol. « Le pavé est mauvais pour les personnes en fauteuil roulant ou en quadriporteur. »
Christian Legault, propriétaire du bâtiment du dépanneur Boni-Soir, à la sortie du pont Montcalm, craint pour la survie du commerce. « Je suis très inquiet, pour ne pas dire paniqué. Le dépanneur fermera ses portes si vous appliquez le plan intégralement. L'ensemble du stationnement se trouve dans l'emprise de la Ville. Si on empiète sur l'emprise, il n'y a plus de stationnement, et à court terme, il n'y a plus de dépanneur. »
Le coût des lampadaires haut de gamme qu'on souhaite ajouter sur 145 mètres à la sortie du pont Montcalm a aussi été soulevé. On évalue à 240 000 $ la valeur de ces réverbères. « Les lampadaires décoratifs doivent être plus rapprochés parce qu'ils diffusent moins la lumière », explique Suzanne Bergeron, urbaniste-designer coordonnatrice à la Ville de Sherbrooke.
L'ajout de poubelles et de bancs aux arrêts d'autobus, de même que de stationnements pour les vélos a été demandé.
Jean Bourgault, porte-parole des commerçants de la rue King Ouest, prévenait qu'il ne faut pas retirer trop d'espaces de stationnement. « Ce serait tuer les commerçants. Nous créons de l'emploi et nous payons des taxes. Je suis dans mon commerce six jours par semaine, 10 h par jour, et je n'ai jamais vu de débordements sur les trottoirs », commente-t-il.
D'autres se sont dits préoccupés d'apprendre que la Ville veut adopter le plan mis à jour en septembre, jugeant cette échéance trop rapprochée.
Le directeur de l'arrondissement de Jacques-Cartier, Yves Dodier, a rappelé que les consultations sur le sujet durent depuis trois ans.
La conseillère Chantal L'Espérance retient que les citoyens ne souhaitent pas changer la philosophie générale du plan et estime qu'il est possible de voir comment les vélos peuvent être intégrés. « Au point de départ, la piste cyclable n'avait pas été retenue pour des raisons de sécurité, mais si les gens nous disent qu'ils veulent que nous l'évaluions, nous le ferons. Un plan directeur n'est pas une camisole de force. Il évolue dans le temps et doit tenir compte des préoccupations des gens en place. »
Le procès verbal de la soirée de mercredi doit être intégré au plan directeur diffusé sur le site de la Ville de Sherbrooke. Près de 48 000 véhicules circulent chaque jour sur la portion de la rue King Ouest concernée.