La décision du MTQ met en suspens le projet de piste cyclable de 98 kilomètres reliant Sherbrooke à Saint-Joseph-de-Coleraine sur la voie ferrée désaffectée longeant la route 112, du moins jusqu’à la mi-mars.

Piste cyclable Sherbrooke-Coleraine : projet suspendu

Le projet de conversion du chemin de fer désaffecté reliant Sherbrooke à Saint-Joseph-de-Coleraine en piste cyclable vient de rencontrer un obstacle majeur, alors que le ministère des Transports du Québec vient d’imposer un moratoire sur les travaux jusqu’à la mi-mars.

La décision du MTQ, qui s’étend à tous les projets touchant aux chemins de fer désaffectés du territoire, en a pris plus d’un par surprise. Le raisonnement derrière cette décision est d’autant plus surprenant.

« Une directive ministérielle ordonne le MTQ à évaluer toutes les possibilités de transport ferroviaire existantes à la grandeur du Québec pour développer le réseau existant. Il y aurait actuellement des problèmes avec l’industrie du camionnage américain, qui a de la misère à se faire assurer ses chauffeurs sur notre territoire. Certaines compagnies de camionnage vont jusqu’à dire qu’ils ne veulent pas faire affaire avec les compagnies d’ici qui n’ont pas la certification LEED. C’est ce qui pousse les autorités provinciales à étudier toutes les possibilités en matière de transport ferroviaire », explique Marc Desrochers, qui suit le dossier depuis ses débuts.

« Dans un esprit général, le MTQ a décidé de mettre un moratoire jusqu’à la mi-mars sur tout projet impliquant un ancien tracé de chemin de fer dans l’optique d’en rouvrir certains tronçons pour aider à acheminer les matières premières et les marchandises », résume-t-il.

Cette décision du MTQ met donc en suspens le projet de piste cyclable de 98 kilomètres reliant Sherbrooke à Saint-Joseph-de-Coleraine sur la voie ferrée désaffectée longeant la route 112, du moins jusqu’à la mi-mars. Rappelons que le MTQ avait exigé aux citoyens de Saint-Joseph-de-Coleraine de libérer l’emprise du chemin de fer en vue des travaux de démantèlement.

« Quand le moratoire viendra à sa fin, les projets pourront reprendre sur les tronçons qui n’ont pas été remis en fonction. La municipalité a demandé une dérogation mercredi pour pouvoir continuer leurs démarches, elle qui a besoin de subventions pour donner vie à sa partie de l’ambitieux projet. Il est peu probable que notre tronçon reprenne de l’activité, lui qui est impraticable dans le bout de Black Lake. Certaines municipalités, comme Disraeli, ont déjà tout enlevé les rails pour faire la piste cyclable! », souligne celui qui s’est battu pour que les citoyens puissent conserver leurs installations dans l’emprise du chemin de fer.

Malgré l’imposition surprise de ce moratoire de la part du MTQ, les citoyens riverains de Saint-Joseph-de-Coleraine devront tout de même enlever leurs installations (quais, jardins, remorques et autres) de l’emprise du chemin de fer, qui s’étend de 50 pieds de chaque côté des rails.

« C’est dommage que la consigne de démantèlement du MTQ ne soit pas suspendue le temps du moratoire. Un restaurant de Disraeli devra fermer sa terrasse et la démolir sans même savoir ce qui arrivera au projet. On espère aussi ne pas perdre le projet de piste cyclable, qui nous tient tout de même à cœur », ajoute M. Derochers, espérant que le MTQ reportera sa consigne de démantèlement à la fin du moratoire.