Le conseiller Pierre Tremblay, citant une lettre acheminée aux élus par 19 citoyens, demande un moratoire sur le règlement qui force les propriétaires riverains à végétaliser les berges des cours d’eau.
Le conseiller Pierre Tremblay, citant une lettre acheminée aux élus par 19 citoyens, demande un moratoire sur le règlement qui force les propriétaires riverains à végétaliser les berges des cours d’eau.

Pierre Tremblay demande un moratoire sur la remise en état des berges

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Presque un an après l’entrée en vigueur du règlement pour la remise en état des berges, un groupe de citoyens s’organise pour dénoncer les aménagements exigés par la Ville. Ils estiment que la bande de végétation de cinq mètres exigée en bordure des lacs, rivières et ruisseaux empiète parfois beaucoup trop sur leur terrain déjà petit.

Marie-Marthe Dupont est de ceux-là. Elle a adressé une question aux élus lundi lors de la séance du conseil municipal. « Les propriétaires bordant la rivière Magog demandent au conseil le report de l’application du règlement sur le zonage. » 

Dans une lettre acheminée aux élus, 19 propriétaires demandent un moratoire sur l’application du règlement pour la remise en état des bandes riveraines.

« Il existe toutes sortes de règlementations pour assurer la paix sociale dans une société. Établir un règlement allant à l’encontre du droit à la propriété est un préjudice à la personne du propriétaire. Priver celui-ci d’utiliser son fond de terrain de façon paisible, sécuritaire et continue, c’est contraire à l’ordre public », ont écrit les propriétaires dans une lettre envoyée au conseil municipal.

Le conseiller du district du Lac-Magog, Pierre Tremblay, a pris la défense des citoyens, qui résident selon lui sur les rues Aiguillon, Argenteuil et Montpetit. 

« J’ai pu constater la situation sur le terrain. On a tendance à penser que les propriétaires riverains ont des terrains profonds, que les 5 m demandés ne sont pas exagérés. Dans ces rues de l’ancien Rock Forest, entre le bâtiment et la ligne des hautes eaux, il y a environ 10 m de terrain. Si on les ampute de 5 m, certains de ces riverains, leur terrain est amputé de 50 %. » 

M. Tremblay rapporte que les citoyens ont reçu une lettre de la direction générale adjointe et du Bureau de l’environnement. « Je cite quelques passages que les citoyens ont qualifiés de menaçants. »

La lettre invitait les citoyens à effectuer les aménagements exigés au plus tard le 30 septembre 2020. « À défaut de prendre les mesures correctives, vous serez passible d’une amende de 250 $ et d’au plus 1000 $ pour une première infraction », cite M. Tremblay.

« On a ciblé certains citoyens, mais tous les riverains du lac Magog ne seront pas rencontrés cette année. Ceux rencontrés cette année, on leur demande de se conformer cette année, mais les autres n’auront pas l’obligation d’adhérer à ça. Si je fais une petite image de la situation, c’est comme si les conducteurs d’autos rouges pouvaient rouler à 120 km/h sur l’autoroute, mais que les propriétaires d’autos bleues ne pouvaient pas dépasser 100. »

Le conseiller demande que tous les citoyens concernés soient rencontrés par le Bureau de l’environnement pour tenir des particularités de certains citoyens. « Je demande qu’un moratoire soit adopté pour que tous aient la même équité. »

Ouverture

La présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, dit avoir une grande ouverture dans ce dossier. « Nous avons environ 3500 personnes touchées. Nous évaluons cette année pouvoir faire 400 visites. Je reconnais la problématique que nous ne pouvons pas voir tous les riverains. 

« J’aurais envie de proposer un portrait pour tous les élus, dans un prochain plénier public, pour voir comment ça s’est passé et ce qu’on prévoit pour la suite. J’ai une ouverture à demander à nos services la possibilité d’une rencontre avec les gens. Peut-être qu’il aurait été préférable de rencontrer les citoyens en amont pour répondre à leurs questions. »

Sur Facebook, Sherbrooke Citoyen s’en est pris au conseiller Pierre Tremblay. « Malheureusement, pour un élu dont le plus grand fait d’armes en trois ans est d’avoir changé le nom de son district pour mettre en valeur le joyau qu’est le lac Magog, il semble avoir bien peu de volonté d’en protéger les berges…

« À Sherbrooke Citoyen, nous pensons qu’il est essentiel de protéger nos rivières, et les riverains, en créant ces bandes de végétation naturelle qui ralentissent l’érosion des berges et réduisent les complications liées aux inondations. »

Le règlement sur la remise à l’état des berges a été adopté en 2017 et donnait aux citoyens jusqu’au 31 octobre 2019 pour procéder aux aménagements. Les citoyens touchés ont été avisés par lettre deux fois qu’ils devaient avoir planté des végétaux dans une bande de cinq mètres le long des cours d’eau. Le règlement s’applique aux rives du lac Magog, des rivières Magog, Saint-François, Massawippi et aux Saumons ainsi qu’aux rives des ruisseaux. Un certificat d’autorisation gratuit est nécessaire pour planter des végétaux dans la bande riveraine, ce qui permet à la Ville d’assurer un suivi. À ce jour, un peu plus de 120 permis ont été demandés. 

La Ville a aussi procédé depuis 2018, au printemps, à la distribution gratuite d’arbres et arbustes pour les riverains concernés. Elle a aussi mis en place une ligne téléphonique pour répondre aux questions des citoyens, distribué un guide portant sur la remise en état des berges et aménagé un exemple de bande riveraine au lac des Nations.