Les conseilleurs municipaux qui quitteront la présidence de Destination Sherbrooke et de Commerce Sherbrooke continueront de toucher la prime de 10 730 $ associée à cette fonction. Cette situation se défend par leurs nouvelles responsabilités au sein du comité qui pilotera la réorganisation des organismes paramunicipaux, fait valoir Annie Godbout.
Les conseilleurs municipaux qui quitteront la présidence de Destination Sherbrooke et de Commerce Sherbrooke continueront de toucher la prime de 10 730 $ associée à cette fonction. Cette situation se défend par leurs nouvelles responsabilités au sein du comité qui pilotera la réorganisation des organismes paramunicipaux, fait valoir Annie Godbout.

Payés pour des C.A. où ils ne siègeront plus

Une fois la réforme de la gouvernance en matière de développement économique en marche, les conseilleurs municipaux qui quitteront la présidence de Destination Sherbrooke et de Commerce Sherbrooke continueront de toucher la prime de 10 730 $ associée à leur fonction. Si une réflexion est en cours sur la rémunération attribuée dans les comités, les élus interrogés ne se disaient pas inconfortables avec le principe.

La directrice générale adjointe de la Ville de Sherbrooke, Marie-France Delage, annonçait lundi une réorganisation des organismes paramunicipaux. Les élus ne siégeraient plus aux conseils d’administration de ces organisations, mais un comité de pilotage composé du maire Steve Lussier, de Nicole Bergeron, d’Annie Godbout, de Rémi Demers et d’Évelyne Beaudin sera créé. La rémunération des élus ne changera pas pour autant, confirmait Mme Delage.

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Annie Godbout, présidente de Destination Sherbrooke, encaissera donc encore sa prime. « Dans les faits, on peut comprendre que je ne serais plus présidente de Destination Sherbrooke, mais au cours des prochaines années, il y aura un transfert de tâches. Les gens au comité de pilotage n’auront pas une moins grande charge de travail qu’à la présidence des paramunicipales. »

Mme Godbout admet que si ses tâches n’étaient pas transférées, il serait insensé de maintenir les primes. « Pour les deux prochaines années au moins, dans le dossier du développement économique, il y aura beaucoup de travail à abattre. Est-ce que ça vaut 10 730 $? De toute façon, une réflexion est entamée sur les responsabilités et les charges de travail aux comités. »

La conseillère s’interroge d’ailleurs sur la présence des élus aux paramunicipales alors que ces organisations gèrent des budgets moins importants que plusieurs services municipaux où les élus ne participent pas aux discussions.

Demers n’y tient pas

Rémi Demers, président de Commerce Sherbrooke, n’est pas mal à l’aise de continuer à encaisser sa prime, mais n’y tient pas mordicus. Il ne se battra toutefois pas pour la garder si le débat était amené à la table du conseil municipal. « Toute la réforme de la gouvernance en matière de développement économique implique de nombreuses réunions. On parle d’une transition de trois à six mois. Qu’il y ait une rémunération d’associée ne me pose pas de problème, mais je ne voudrais pas me placer en conflit d’intérêts. Je ne participerais pas au débat s’il y en avait un. Le salaire des élus est toujours un sujet extrêmement sensible. »

M. Demers rapporte que la rétribution associée ou non à un comité ne constitue pas un incitatif à sa participation. Il lève d’abord la main en fonction du sujet traité, comme ce fut le cas pour l’Office municipal d’habitation, où il occupe la présidence sans toucher de prime.

Il rapporte également qu’une réflexion se tiendra en cours d’année par rapport au nombre de comités et à la rémunération qui y est associée.

Évelyne Beaudin sera aussi du comité de pilotage. Elle ne reçoit pas de prime pour sa présence à des conseils d’administration d’organismes paramunicipaux. « Je suis tout à fait à l’aise que les élus conservent le même niveau de rémunération. Quand on les nomme pour la durée du mandat, ça vient avec une rémunération et ils prennent leurs décisions financières en fonction de cette rémunération. J’ai toujours dit que j’étais à l’aise avec le niveau de rémunération actuel des conseillers municipaux. Je trouve important qu’on puisse réfléchir à la meilleure gouvernance possible sans avoir à penser au salaire qui vient avec. Il commence à être urgent qu’on arrive avec une réforme des comités. On dirait que les comités se multiplient depuis qu’on s’est fait dire qu’il y en avait trop. Mais en toute honnêteté, nous n’avons pas parlé des salaires quand nous avons formé le comité de pilotage. »

Le maire Steve Lussier confirme qu’une réforme des comités devrait être présentée en janvier, « en février au plus tard ».