La Ville de Sherbrooke fait une pause dans la distribution de subventions pour l’ajout de bornes de recharge résidentielles chez les acheteurs de véhicules électriques.

Pause de subventions pour les bornes de recharge

La Ville de Sherbrooke fait une pause dans la distribution de subventions pour l’ajout de bornes de recharge résidentielles chez les acheteurs de véhicules électriques. Ayant dépensé toute l’enveloppe réservée à cette fin, la Ville souhaite se pencher sur une nouvelle formule pour 2020. Six élus se sont opposés à la suspension temporaire du programme, jugeant cette décision incohérente dans un contexte de changements climatiques.

La Ville offre depuis 2013 une subvention allant jusqu’à 500 $ pour l’achat et l’installation d’une borne de recharge. La première année, 19 demandes avaient été reçues. Les requêtes augmentent d’année en année pour atteindre 343 en 2018, ce qui équivaut à un montant de 171 500 $. Au 30 septembre 2019, 367 subventions ont été octroyées. Un montant supplémentaire de 125 000 $ serait nécessaire pour terminer l’année.

L’enveloppe étant épuisée, toutes les demandes reçues depuis mardi seront traitées en 2020 selon les critères d’un nouveau programme qui entrerait en vigueur en 2020. Il n’est pas déterminé si l’aide sera toujours de 500 $, mais le conseiller Marc Denault a évoqué la possibilité qu’elle soit réduite à 250 $.

Aux communications de la Ville, on confirme par ailleurs qu’il n’était indiqué nulle part, dans les documents disponibles aux citoyens, que le programme pouvait être suspendu si le maximum de subventions était accordé. Le site internet de la Ville ne faisait aucune mention à cet effet avant la décision de lundi.

Les demandes acheminées en date de lundi seront néanmoins honorées.

Six élus contre

Les conseillers Pierre Avard, Pierre Tremblay, Évelyne Beaudin, Annie Godbout, Karine Godbout et Julien Lachance ont voté contre la résolution.

M. Lachance, président d’Hydro-Sherbrooke, estime que Sherbrooke doit être un leader dans le transport électrique. « Je ne suis pas à l’aise avec l’orientation d’arrêter la subvention. Ça envoie un drôle de message à la population. À Hydro-Sherbrooke, ce qu’on met en subvention, on le retrouve en profit à moyen terme, et en même temps, on aide la planète. »

Le maire Steve Lussier a indiqué qu’il souhaitait que les élus arrivent avec un nouveau projet semblable très rapidement.

Annie Godbout rapporte que ce dossier est aligné avec le pacte sur l’urgence climatique que la Ville a signé. « C’est un geste simple, peu coûteux, qui peut faire une différence. Je suis déçue par notre manque de priorisation de dossiers. Nous n’avons toujours pas de planification stratégique après deux ans. L’idée d’avoir des priorités, c’est de faire des choix éclairés. On pellette en avant vers 2020. On sait depuis longtemps qu’on arrivera à la fin de l’enveloppe alors nous aurions dû arriver dès aujourd’hui avec un plan B. »

Évelyne Beaudin a dressé un parallèle avec la subvention sur les couches lavables. « Elle avait été abolie parce qu’elle était trop populaire. J’aurais préféré qu’on donne un délai aux gens. » Elle ajoute que l’achat de véhicules électriques est subventionné par les gouvernements supérieurs et suggère que l’enveloppe municipale soit réservée pour encourager l’achat de vélos électriques.

Pierre Avard trouve que la Ville dit une chose et fait le contraire. « On ne peut pas parler des deux côtés de la bouche en disant qu’on est pour l’environnement et en coupant la subvention. »

Chantal L’Espérance estime qu’il est normal, quand une enveloppe est épuisée, d’annoncer une pause ou la fin d’une subvention. « C’est une question d’équité. Si tous les services nous demandaient 125 000 $ pour finir l’année, on se retrouverait avec d’importantes dépenses additionnelles. »

Vincent Boutin croit que de demander aux citoyens d’attendre en janvier, soit environ neuf semaines, n’est pas catastrophique.

Danielle Berthold résume que la subvention n’est pas abolie, mais seulement suspendue pour éviter des dépenses supplémentaires dans le budget 2019.

Le nombre de véhicules électriques est évalué à 2365 en Estrie. La proportion de propriétaires de véhicules électriques en Estrie est plus élevée que la moyenne québécoise, à 48 véhicules par tranche de 10 000 habitants.